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Chanson de saison

Parce que le nouvel album de Julien Clerc et bon comme un bon album de Julien Clerc, parce qu’il a le goût des amours anciennes et de l’adolescence, parce que comme il le dit si bien, La vie est un tango, laissez-moi vous offrir en ce premier jour du printemps une chanson bien de saison, Hôtel des Caravelles.

Ce que mots vous inspirent 627

Le bonheur d’avoir ou d’obtenir n’existe pas, seul celui de donner compte. (Henry Drummond)

*toile de Wendy Presseisen

Femme fragmentée 3

ton regard
ruisseau en débâcle
ta voix
lointaine tant implorée
ton visage
confondu aux noms aimés
ta tendresse
chaude couve le désir

Célyne Fortin, Femme fragmnentée

*choix de la lectrice signée Hans Makart

La saison froide

Catherine Lafrance sait créer des atmosphères. C’est bien le moins qu’on puisse affirmer alors que, d’entrée de jeu, la journaliste nous décrit avec une telle précision la canicule suffocante qui sévit sur Montréal que l’on a aussi chaud que la narratrice. Si bien qu’il nous devient évident qu’il n’y a qu’une solution pour venir à bout de celle-ci autant que d’une relation amoureuse insatisfaisante et immuable : partir. Loin. Là où il fait froid. Là où l’on ne connaît personne.

C’est donc à Yellowknife que la narratrice, journaliste de Radio-Canada comme l’auteure, posera ses pénates. Loin de celui qu’elle a quitté et à qui elle s’adresse parfois, elle tente de se faire une vie à sa mesure, dans laquelle il lui faut d’abord se battre contre ce froid auquel elle n’est pas habituée, puis de se tailler une place dans ce climat de méfiance où tout nouvel arrivant venu du Sud n’est pas nécessairement le bienvenu.

Catherine Lafrance n’a pas choisi Yellowknife par hasard. Elle connaît le Nord, elle y a vécu et elle a animé une émission sur les enjeux de cette contrée méconnue qui fait face à davantage de préjugés que de compréhension et d’empathie.

La narratrice évolue donc dans cet endroit qui n’a rien à voir avec ce qu’elle a imaginé et avec le froid glacial, omniprésent, qui m’a fait me couvrir de plusieurs couches pour le surmonter moi aussi, notamment lorsqu’elle raconte une escapade en motoneige en pleine tempête de neige.

Puis, elle est séduite. Tant par le paysage, les aurores boréales que par certaines personnes qui ont toutes des raisons de ne pas partir ou d’avoir choisi l’exil. Ainsi, une libraire qui devient sa plus proche amie, les hommes du Nord avec lesquels elles se lieront, les collègues et tous ceux qui croiseront leur route au hasard des sorties et du quotidien.

L’écriture de Catherine Lafrance est efficace, ce qui donne envie au lecteur de ne pas poser le roman avant la fin. De plus, elle sait décrire des lieux et des émotions, sans pour cela tout dire. Tout cela est suffisant pour dire que la journaliste fait une bien belle entrée en littérature avec La saison froide, roman auquel je souhaite une belle carrière qui pourrait, à mon avis, se prolonger par un film ou une télésérie.

Texte publié dans

Titre pour le Défi Premier Roman

Eleonora

Elle s’est éteinte, mais son sourire ne s’effacera pas. Celui qu’elle avait quand un geste du bras ou un simple regard de Yuli Turovsky lui indiquait le moment de se joindre à l’orchestre ou d’en prendre la vedette. Celui qu’elle avait à l’heure des applaudissements ou quand nous la croisions en sortant de la salle Tudor.

La violoniste, pédagogue et peintre Eleonora Turovsky s’est éteinte le 2 mars dernier.

Mais certaines images ne s’effaceront jamais.
Ainsi, ce concert d’I Musici où elle interprétait en 2009 The Lark Ascending de Ralph Vaughan Williams.

Anecdotes de réviseure 21

Comme j’ai envie de mettre le français à l’honneur aujourd’hui, je vous offre ce que j’ai offert à mes collègues afin de souligner ce jour, à savoir un lien qui leur permettra d’éviter certains anglicismes et qui va épargner l’encre de mon stylo rouge…

*toile d’Olha Pryymak

Ce que mots vous inspirent 626

Le besoin de croire à quelque chose d’extraordinaire est inné dans l’homme. (Ernest Renan)

*toile de John Pettie

Le français est une chance

Et la Journée internationale de la francophonie, créée en 1998, le clame haut et fort!
À nous de faire de même!

Femme fragmentée 2

en catimini
le rêve nimbe la réalité
gruge les ténèbres
le moment impossible
fait jour

Célyne Fortin, Femme fragmentée

*choix de la lectrice d’Eric Spencer Macky

Le jour où le mort est disparu

Ce n’est probablement pas le meilleur roman de François Désalliers à qui on doit entre autres le très réussi Du steak pour les élèves, roman qui mettait en scène le monde de l’éducation. Mais il n’en reste pas moins que Le jour où le mort est disparu, le plus récent titre du romancier qui a fait ses premiers pas dans l’écriture en écrivant pour le théâtre, se laisse lire, et de plus, avec plaisir.

Et pourtant, ce n’est pas un roman gai. En effet, il y est question d’un homme mort dans son sommeil et dont le corps va être jeté par erreur dans un dépotoir, et de toute l’enquête qui suivra, ses proches croyant à une disparition, bien que personne ne soit en mesure d’expliquer celle-ci. Cette enquête entourant la supposée fugue de Jacques Laverdure laisse perplexes son épouse, ses enfants, son meilleur ami, sa mère, d’autant plus que l’écrivain/vendeur aurait pris le large sans vêtements, sans papiers, sans clé, sans ordinateur. Tout nu, quoi. Et même si on a beau avoir trouvé que l’homme était de temps en temps un peu original, il ne serait quand même pas parti sur les routes en tenue d’Adam.

Désalliers sait raconter. Il sait aussi créer des ambiances, dessiner des personnages. C’est pour cela qu’il sait si bien retenir notre attention de la première à la dernière ligne de ce faux roman policier autant que pas vraiment roman d’amour où il ose ici et là quelques clins d’œil à sa propre vie (personnage écrivain père de quatre enfants, une adolescence dans le sud-ouest de l’île de Montréal, une formation théâtrale, et autres détails que ceux qui le connaissent un peu remarqueront). Le jour où le mort est disparu est un roman qui tient la route, un roman sans prétention et agréable à lire. Ce qui est beaucoup, non?