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Les mots de Barbara 1

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« Certaines chansons sont des poèmes » m’a rappelé la lectrice peinte par Fernand Toussaint après avoir choisi dans ma bibliothèque un livre auquel je tiens beaucoup, Ma plus belle histoire d’amour, qui réunit les chansons de Barbara, dont seront tirés des textes destinés aux lectrices du soir des prochains jours. En commençant par celui-ci qu’elle a choisi pour ouvrir cette série :

Au cœur de la nuit

J’ai le souvenir d’une nuit
Une nuit de mon enfance
Toute pareille à celle-ci
Une longue nuit de silence.

Moi qui ne me souviens jamais
Du passé qui m’importune
C’est drôle, j’ai gardé le secret
De cette longue nuit sans lune.

J’ai le souvenir d’une nuit
D’une nuit de mon enfance
Toute pareille à celle-ci
Une longue nuit de silence.

Soudain, je me suis réveillée.
Il y avait une présence.
Soudain, je me suis réveillée
Dans une demi-somnolence.

C’était au dehors. On parlait
A voix basse, comme un murmure
Comme un sanglot étouffé
Au dehors, j’en étais sûre.

J’ai le souvenir d’une nuit
D’une nuit de mon enfance
Toute pareille à celle-ci
Une longue nuit de silence.

J’allais, à demi éveillée
Guidée par l’étrange murmure.
J’allais, à demi éveillée
Suivant une allée obscure.

Il y eut, je me le rappelle
Surgissant de l’allée obscure
Il y eut un bruissement d’ailes
Là, tout contre ma figure.

C’était au cœur de la nuit.
C’était une forêt profonde.
C’était là, comme cette nuit
Un bruit sourd venant d’outre-tombe.

Qui es-tu pour me revenir?
Quel est donc le mal qui t’enchaîne?
Qui es-tu pour me revenir
Et veux-tu que, vers toi, je vienne?

S’il le faut, j’irai encore
Tant et tant de nuits profondes
Sans jamais revoir l’aurore
Sans jamais revoir le monde

Pour qu’enfin tu puisses dormir
Pour qu’enfin ton cœur se repose
Que tu finisses de mourir
Sous tes paupières déjà closes.

J’ai le souvenir d’une nuit
Une nuit de mon enfance
Toute pareille à celle-ci
Froide et lourde de silence

À la recherche de Dulce Veiga

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Admirateur de Clarice Lispector (il faudra un jour que je vous parle de son magnifique roman La passion selon GH), l’écrivain brésilien Caio Fernando Abreu est mort en 1996 du sida en laissant derrière lui huit recueils de nouvelles, deux romans, sept pièces de théâtre et un recueil de ses chroniques journalistiques. Même s’il a reçu de nombreux prix au Brésil, l’auteur brésilien a été hélas! peu traduit vers le français.

Qu’est devenue Dulce Viega?, roman paru en 1996, est donc un des rares titres qu’on puisse lire dans la langue de Molière. Lorsque le roman débute, le narrateur vient d’être embauché par un journal de troisième ordre de São Paulo et sa première mission est d’écrire un papier sur une jeune chanteuse montante, la voix des Vagins Dentés, Marcia F., qui se révélera très vite être la fille de Dulce Vega, une chanteuse disparue depuis de la scène depuis 20 ans et que le narrateur avait eu l’occasion de rencontrer à deux reprises alors qu’il était jeune journaliste.

Du coup, suite à un billet qui rend hommage à l’artiste qui a fui, on confie au narrateur la mission de retrouver celle que ses admirateurs n’ont pas oubliée et qui ont inondé de lettres la rédaction du journal. Tous veulent savoir la vérité.

Mais dans cet univers glauque où drogues dures, pouvoir, argent, superstitions, prostitution et mensonges sont partout, il sera bien difficile de dénouer tous les fils alors que chacun des intervenants (la fille de Dulce Vega, l’ex-mari, le pianiste, la meilleure amie et autres personnages) s’efforcera de brouiller les pistes.

Dulce Vega, c’est un peu toutes les chanteuses brésiliennes de l’époque réunies dans une seule. C’est Nara Leão, mais ce n’est pas elle. Cest Maria Bethânia, mais ce n’est pas elle. C’est Rita Lee, c’est Gal Costa, c’est Nana Caymmi, c’est Carmen Miranda. Mais ce n’est aucune d’elles.

Dulce Vega est cette figure mythique qui réunit toutes les voix féminines du Brésil, tous leurs espoirs et leurs rêves, dans le climat instable des années 60 au Brésil.

Roman impudique où tous les personnages sont « dérangés », il a été transposé au cinéma en 2007 par le réalisateur Guilherme de Almeida Prado.

Des hémérocalles sur ma route

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Et en telle quantité qu’il a bien fallu que je les examine de près!

La suggestion du 15 juillet 2010

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Un petit tour ici devrait sûrement vous plaire ainsi qu’à la lectrice de Georges Lepape!

Le coquelicot du jour 1

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Armando, connaissant ma passion pour les coquelicots, m’a offert huit photos où ceux-ci sont mis en valeur. Et pour faire durer le plaisir, je les déposerai au pays de Lali un à la fois, en commençant par celui-ci, mis judicieusement en scène par du bleu dans les nuages qui lui sert de toile de fond.

Ce que mots vous inspirent 188

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Le langage de l’amour est un langage secret et son expression la plus haute est une étreinte silencieuse. (Robert Musil)

*toile de David Francis Millet

À la Maison Trestler 2

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D’abord appelé lac de Médicis par Champlain, le lac des Deux Montagnes qui couvre une superficie de 150 km² et sur lequel j’ai fait de la voile il y a bien longtemps, sert de paysage à la Maison Trestler, laquelle servait à la fois d’habitation et de commerce. Une maison toute jeune, elle a à peine 200 ans, mais pour les Québécois dont l’histoire est jeune, une maison historique et ancienne où il fait bon s’arrêter.

Les vers de Marie-Célie 5

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C’est ce soir que nous fermerons Et puis parfois quelquefois…, le recueil de Marie-Célie Agnant qui affirme dans la préface que la poésie a fait d’elle « une photographe de l’exitence ». Un recueil dont la lectrice peinte par Nikolai Solomin a tiré ce poème :

Poème à la pluie

le vent a défait la chevelure des nuages
la terre s’ouvre ardente
elle ne connaît ni haine ni mensonges
la marée monte fulgurante
crête sauvage
la pluie chante ses prières
rend la terre à la vie
paumes grandes ouvertes
le vent multiplie la chair de la terre
la marée monte fulgurante
ô, miracle renouvelé

Le maître de piano

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Le maître de piano se déroule à Vienne en 1938 en pleine montée du nazisme et raconte l’amitié entre un professeur de piano et une jeune pianiste dont le frère, qui était promis à une belle carrière de musicien si elle n’avait pas d’abord souffert de problèmes reliées à sa maladie (l’hémophilie) puis été interrompue par son décès.

Et parce que son frère était un enfant malade, Nina a toujours vécu dans l’ombre de celui-ci, tout en souhaitant un jour, non pas prendre sa place, mais devenir pianiste, inspirée par l’enseignement et la passion qu’il lui a transmis. Tant et si bien que la musique est la seule chose qui l’intéresse, ce qui l’isole des autres.

C’est donc auprès de la meilleure amie de sa mère, une exquise vieille dame qui fait des gâteaux fabuleux et auprès de ce professeur à la retraite qui a fui Munich et dont elle est la seule élève qu’elle apprendra à s’affirmer et à prendre sa place.

Une belle histoire qui met en relief les éléments de l’Histoire, l’héroïsme de certains individus, le secret de d’autres et le climat de terreur qui s’est installé graduellement en Autriche.

Un roman destiné aux adolescents, mais qui saura vous charmer à cause de ses personnages et malgré petites failles grammaticales (de mauvaises concordances de temps pour la plupart, ce que je juge impardonnable dans un livre destiné à la jeunesse).

Perplexe

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Perplexe ai-je été face à de nombreuses scènes, aux enchaînements, au déroulement, aux réactions des personnages. Perplexe suis-je restée alors que le mot FIN est apparu au générique du plus récent film d’Alain Resnais, Les herbes folles. Et pourtant, j’aime le cinéma de Resnais. L’inoubliable Hiroshima mon amour, le complexe Mon oncle d’Amérique, le troublant La vie est un roman, l’amusant On connaît la chanson, pour ne nommer que quelques-uns de ses films.

Mais ce coup-ci, je suis restée un peu à l’écart de ce qu’a tenté de raconter Resnais, malgré une Sabine Azéma qui sait chaque fois me faire sourire et un André Dussolier égal à lui-même, c’est-à-dire jouant juste.

Je suis restée à la surface de cette improbable rencontre, incapable de m’y attacher. Une rencontre qui m’a décidément laissée perplexe.