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Deux jours dans mes souvenirs 15

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Quand mes parents ont quitté leur minuscule appartement pour la maison qu’ils habitent toujours et dans laquelle j’ai grandi, en avril 1962, je n’avais pas tout à fait huit mois. Mais j’étais, semble-t-il, déjà, une lève-tôt, car leurs voisins ont dit que je leur manquerais. Les murs étaient si minces que c’est mon gazouillis de petite fille heureuse qui les éveillait le matin. Est-ce que je rêvais déjà d’être un oiseau?

*toile de Pierre-Auguste Renoir

Deux jours dans mes souvenirs 14

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Les chenilles deviennent des papillons. Tous les livres le disent. Donc, si je voulais des papillons, il me fallait des chenilles. Et des chenilles, il y en avait sur le mur de l’entrée, très sociables, dont on pouvait flatter le duvet. Mais quand allaient-elles devenir des papillons?

Il me fallait trouver une façon de surveiller la métamorphose de près. Un pot de verre, avec un couvercle qui a des trous d’aération. Des feuilles de salade. Deux ou trois spécimens. Qui semblent se prélasser. Qui n’ont visiblement aucune envie de se cacher dans un cocon pour que poussent leurs ailes.

Trois ou quatre jours après leur capture, elles sont toujours là. Identiques. Avec les mêmes poils sur le dos. Et rien ne se passe. Si bien qu’il ne reste plus qu’à les libérer. On a besoin du pot pour étudier les coccinelles.

*toile de Cleir Fabre (vers laquelle tout lien semble désormais effacé)

Deux jours dans mes souvenirs 13

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Si un jour vous examinez le piano chez mes parents, vous remarquerez qu’il manque un morceau à une des touches dans les aigus. Bien évidemment que deux petites sœurs y sont pour quelque chose. Mais aucune des deux n’a jamais vendu l’autre. Et je ne sais même plus aujourd’hui qui des deux a frappé la touche avec sa flûte parce que celle au piano n’était pas en mesure. Monique? Moi? Peu importe. D’un commun accord, on a dit que ça devait être le chat le coupable.

*toile de Carlos Maria Herrera

La suggestion du 21 novembre 2009

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Les lectrices de l’artiste de Nouvelle-Écosse Shirray Langley s’intéresseraient-elles à la peinture? Et plus particulièrement aux femmes qui peignent des femmes? Voilà pour elles (et pour vous) un endroit où vous risquez de passer quelques heures si vous cliquez sur tous les liens!

Deux jours dans mes souvenirs 12

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Il y avait dans le haut de l’armoire à côté de notre chambre, outre les serviettes, les draps, les shampooings, les savons et tout ce qu’on met en général dans ce genre d’armoire, deux boîtes haut perchées que nous aimions entre toutes et qui pouvaient nous occuper des heures durant. Les deux boîtes de boutons de grand-mère. Dans l’une, il y avait les blancs, dans l’autre les plus beaux, ceux de toutes les couleurs, des gros, des petits, avec des formes particulières. Et on pouvait passer des heures à les trier. À inventer des histoires. Celui-là serait joli pour un manteau. Cet autre pour une autre. Ou bien on les étalait et on créait des motifs. Heures de plaisir, heures de bonheur. Jeu que seul un repas pouvait nous faire quitter surtout s’il y avait du dessert.

*toile de Jon Houglum

Deux jours dans mes souvenirs 11

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C’était l’époque où avec 25 cents, on était millionnaire… On partait en bande à bicyclette et on allait Chez Nadon, la boutique de bonbons, à une dizaine de rues de la maison. On rentrait avec des sacs de papier brun qui contenait des trésors : des jujubes aux fraises (5 pour 1 cent), un collier de bonbons, des cigarettes Popeye, de la gomme Bazooka et un gros bloc suret qui s’appelait Sweetheart (ou quelque chose qui ressemblait à ça)…

*toile de Brian Jekel

Deux jours dans mes souvenirs 10

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Il y a eu deux arbres importants dans ma vie. Le premier est toujours là, solide, immense, devant la maison de mes parents. C’est une épinette bleue que mon grand-père a choisie à la pépinière avec moi. Elle avait exactement ma taille.

Le second est un saule pleureur. Un saule qui me donnait de l’ombre les jours de grand soleil et qui coupait le vent les premiers jours d’automne. C’était mon « toit » pour mes moments de lecture, que je sois allongée sur une serviette en robe d’été ou emmitouflée dans une chaude couverture par-dessus mon manteau sur une chaise longue en octobre.

Le jour où on a dû le couper parce que ses racines se propageaient partout et s’apprêtaient à soulever la maison ou à en briser les fondations restera un des jours les plus tristes de ma vie.

*toile de Diane Leonard

Deux jours dans mes souvenirs 9

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J’ai connu cette époque extraordinaire des camionnettes qui sillonnaient les quartiers. Celle de Monsieur Quesnel, qui vendait des fruits et légumes qu’il était aller chercher le matin même à la campagne. Celui du laitier et de ses bouteilles de verre. Celle de l’aiguiseur de couteaux qui annonçait son arrivée avec un haut-parleur. Et surtout celle de Monsieur Cornet qui arrivait juste à l’heure de la sieste, au désespoir de maman, qui savait bien que nous n’allions pas dormir si nous n’avions pas eu notre cornet de crème glacée à la vanille trempée dans des pépites de toutes les couleurs, celui qu’on appelait les yeux brillants le cornet arc-en-ciel…

*toile d’August Macke

Deux jours dans mes souvenirs 8

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J’adorais découper. Plier une feuille en 16 morceaux et découper ce qui allait devenir un sous-plat aux allures de flocon de neige géant. Qui ne l’a pas fait?

Mais ce que j’aimais encore plus, c’était ces cahiers où on pouvait détacher une poupée de carton et qui comportaient des pages et des pages de vêtements à découper… Pas pour les habiller après, car cette partie ne m’intéressait pas vraiment. Si bien qu’il y avait chez nous deux sœurs qui formaient un fameux tandem, une découpeuse de vêtements de papier et une habilleuse de poupées de carton…

*toile de Fabiola Mengoni

Deux jours dans mes souvenirs 7

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C’est parce que la cousine de mon père (qui avait quelques années de plus que moi) ne savait pas trop comment occuper une gamine de sept ans que j’ai découvert la comtesse de Ségur. Ma sœur était endormie sur le sofa et Suzanne avait passé l’âge des poupées. Mais elle avait des livres et ce soir-là, je me suis installée avec Les mémoires d’un âne. Et je suis repartie avec. Quelques mois plus tard, j’avais lu tous les livres de la collection que tous, maman, sa tante et mon oncle m’avaient offerts à la moindre occasion. Mon préféré : François le bossu. Parce qu’il y avait une Christine…

*toile de Berthe Morisot