Admin:
Archives:
juin 2026
D L M M J V S
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
En vos mots 1000

  

Quand est venu le temps de choisir un tableau pour le millième En vos mots, ça n’a pas été chose facile. Du moins, jusqu’à ce qu’il soit évident que ça prenait une machine à écrire. Parce que cette catégorie vous appartient et qu’elle vous fait écrire. Voici donc celle peinte par l’artiste Sorin Dragoi afin que vous lui donniez vie.

C’est aussi l’occasion de remercier tous les envosmotistes qui ont pris part à cette aventure au fil des ans, et plus particlièrement Armando, qui a écrit 999 textes et qui ne ratera sûrement pas le millième, ni les suivants, et Anémone, fidèle depuis un bon bout de temps. Peut-être qu’un jour d’autres se joindront à eux semaine après semaine, qui sait?

Pour le moment, la toile est vous, et aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain. Vous avez donc amplement le temps de lire les textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier, de les commenter si vous le souhaitez, et d’écrire quelques lignes. C’est avec plaisir que nous vous lirons.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine!

2 réponses

  1. Des touches et des marteaux
    Comme pour un piano.
    Deux couleurs et un rouleau
    Comme pour des décors muraux.
    Des lettres et des numéros
    Comme pour écrire sa bio
    Ou alors, même par défaut,
    Trouver les chiffres du loto.
    Un amoureux, un chariot,
    Tout comme ceux du tarot.
    Une trouvaille, et c’est nouveau,
    Pour écrire comme il faut,
    Mais si on tape sans brio,
    Ça donne un beau fiasco !

  2. Ce jour-là, à la radio, on parlait d’une manifestation à Saint-Pétersbourg. C’était un dimanche.

    J’ai pris une feuille blanche, un stylo et je me suis assis. Tout au fond. Le dos contre le mur. Protégé par la pénombre. Comme au temps craintif de l’enfance.

    « Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. » Une citation du philosophe chinois Lao-Tseu.
    Depuis ce premier pas, je les ai vus passer. Tous. Les amicaux. Les humbles. Les prétentieux. Les vaniteux. Les ricaneux et les haineux, venus injurier et laisser des blessures, disparus depuis dans les abysses de leur médiocrité. Plus personne ne se souvient d’eux. Sauf moi. Mais moi, mauvaise herbe, j’ai la blessure rancunière.

    Puis, il y en eut d’autres. Ceux qui se sont attardés un peu. Certains viennent encore. De temps à autre. Quand le cœur leur dit. Et enfin, ceux qui sont venus des années après pour ne plus partir. Assis côté lumière. Où tout semble briller davantage.

    Je lis leurs mots. En contre-jour et en silence.

    Il est vrai que mille fois j’ai pensé à m’en aller. Chaque fois que j’ai eu le sentiment d’être un fardeau. Incommode. Une sorte de Quasimodo, protégé par Esmeralda.

    Pourtant je suis resté. Partir!… Le mot est violent, la chose exige le courage de ne jamais se retourner. Pour ne pas finir comme la femme de Loth. On ne sait jamais.

    Puis, Nicolas et « tous ces mots que j’écris pour ne pas mourir du trop de temps qui passe… »
    Les mots, pour tout fil d’Ariane. Et me voilà, piètre Thésée, égaré dans le labyrinthe de mes solitudes pensives.

    « Ma pensée est couleur de lumières lointaines,
    Du fond de quelque crypte aux vagues profondes »

    Il me semble l’entendre sécher délicatement mes larmes à l’aurore naissante. Cette heure où mes tourments s’adoucissent, et le souvenir d’un poète triste, endormi quelque part entre Notre-Dame-des-Neiges et le carré Saint- Louis, apaise mon âme. Une amitié abstraite que je garde éloignée de la jalousie du monde. Pour mes nuits d’orage.

    Faut dire que pour les comme moi, nés dans le mépris de naître, l’amitié a toujours eu des allures d’une utopie d’Icare.
    J’appartiens au monde de ceux à qui on n’offre de son temps qu’en guettant le sablier dans l’espoir qu’il se presse.
    J’en ai tellement souffert. Puis, furtivement la douleur est devenue si intime que je ne souffre plus mais je brûle de ce « ‘feu qui, ardemment, nous brûle sans aucune flamme »’, selon les mots de Camões.
    Tout au fond. Mon tabouret a un peu vieilli. Me voilà encore. Dans la pénombre. Avec mes secrets, mes vrais et mes faux mensonges, et surtout avec mes mots dysorthographiques. Qu’elle corrige. Inlassablement.

    Sûrement que l’espiègle et moqueuse Manon, que je croyais éternelle, avait raison. Une sœur « ça sert à ça que ça sert ».
    Et alors, je me dis que depuis qu’elle s’était levée qu’elle attendait cet instant.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *