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Elle chante

pike barney

Elle chante.

Voilà des heures que la jeune lectrice d’Alice Pike Barney tentait de retenir les paroles, après avoir mémorisé l’air assez facilement.

Elle chante. Et plus rien ne compte que cette mélodie qu’elle voulait à tout prix retenir parce que sa grand-mère la lui chantait.

La lune et les gouttes d’eau

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J’ai beau la chercher dans tous les recoins du ciel, aucune trace de la lune ce soir.

Pourtant, hier soir, derrière les gouttes d’eau de la fenêtre, elle était bien là, jouant avec les lumières des immeubles et de la rue. Un feu d’artifices aux airs de nébuleuse que je me réjouis d’avoir photographié alors qu’elle se cache ce soir. À moins qu’elle ne se soit vêtue de noir?

Les oiseaux de Géraldine

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Viendra bientôt l’heure de laisser là les livres ouverts, les toiles inspirantes, le bol de café. Mais comme je me sentirais davantage vaillante si je savais que j’allais croiser sur ma route les oiseaux que Géraldine a saisis hier, juste pour nous… Mais qui sait, peut-être y en a-t-il un qui m’attend?

Une seule rime

campos

« Je voudrais avoir les mots des poètes que tu affectionnes tant. Mais je n’ai que les miens, a-t-il écrit à la lectrice d’Edson Campos. Les miens et ceux que Cyrus Bassiak a écrits pour Jeanne Moreau :

L’amour s’exprime avec des mots comme ça
Des mots de tous les jours
Des mots tout gris des petits mots de rien
Des mots de rien du tout

On dit au saut du lit :
« Bonjour, il fait beau, as-tu bien dormi ? »
Ces mots si tendres au tendre écho
Comme un pur reflet dans l’eau

Ces mots de moins que rien
Respirés par toi tissent mille liens
Ces mots de moins que rien du tout
Echangés de nous à nous

Ces mots qui viennent et coulent au fil des jours
Ces mots qui tournent court
Tous ces mots qui ne pèsent pas bien lourd
Pour moi sont lourds d’amour

On se dit à minuit :
« T’as les plis aux yeux dans l’coin quand tu ris
– Quand j’ris, mais oui mais oui chéri
Et toi quand tu me souris »

Ces mots de moins que rien
Respirés par toi tissent mille liens
Ces mots de moins que rien du tout
Echangés de nous à nous

L’amour s’exprime avec des mots tout chauds
Des petits mots bien clos
Des mots petits petits tellement petits
Qu’ils ne riment que pour moi
Qu’ils ne riment que pour toi
Qu’ils ne riment que pour nous

Toi et moi formons une seule rime. »

aimer devrait être muet

hector_c

je me désempare
dans la noirceur factice qu’on invente
douleur du cœur à cœur
trop vaste émoi
démesure du non-sens
aimer devrait se dire
en silence
à demi-mots
dans la faible lueur
au delà du mirage
aimer devrait se faire
dans l’oubli
histoire de s’aimer corps à corps
dans la démesure de nos sens
aimer devrait surtout se faire
par amour
par désir de l’immense
aimer devrait être muet

(novembre 1985)

*toile d’Hector Charpentier

Le semeur de mots d’amour

jjm

Il sème partout des mots d’amour. Sur la table de la cuisine. Dans son sac. Dans sa poche de manteau. Dans un courriel qu’il envoie à son bureau. Dans le pot de café. Sur le givre de la fenêtre. Sur me miroir de la salle de bains. Partout. Mais ce qu’il ne sait pas est que l’écrivaine de Jean-Pierre Mancardi les note tous dans un cahier, dans l’ordre, et en précisant de quelle manière ils sont arrivés jusqu’à elle. Les conserver lui est nécessaire. Elle ne sait pas pourquoi. Mais elle sait qu’il en est ainsi. Et peut-être que quand elle commencera un nouveau cahier, elle lui donnera le premier pour qu’il sache à quel point ses phrases ont eu de l’importance. Ou peut-être ne le lui montrera-t-elle jamais. Elle ne sait pas. Pour le moment, elle a trois billets doux à recopier.

Toujours le même geste

guercino

Matin après matin, elle a toujours le même geste dès le réveil, celui d’ouvrir le livre de la veille, de reprendre les dernières pages lues, celles qui ont guidé son sommeil. Avant toute autre chose. Avant le bain. Avant le petit déjeuner. Avant même de regarder l’heure. Comme si la lectrice de Guercino retrouvait un peu d’elle en retournant aux dernières minutes avant qu’elle ne s’endorme. Et peut-être est-ce le cas.

Encore une page, juste une

richardson

Encore une page, juste une, se dit le lecteur de Jonathan Richardson. Juste une, une seule. Pas plus. Et il ira, comme dans une chanson de Montand, se coucher près d’elle :

Coucher avec elle
Pour le sommeil, côte à côte
Pour les rêves parallèles
Pour la double respiration

Coucher avec elle
Pour l’ombre unique et surprenante
Pour la même chaleur
Pour la même solitude

Coucher avec elle
Pour l’aurore partagée
Pour le minuit identique
Pour les mêmes fantômes

Lune de décembre, lune de janvier

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Lune de décembre, lune de janvier, la même, mais une autre. Parce que la lune est plus que la lune. Elle est le regard que nous posons sur elle. Elle est l’addition de rêves d’individus et d’une planète entière. Elle est à tous et à personne. Et on ne peut la retenir qu’en photos. Comme Denise l’a fait, en décembre, en janvier, toujours la même, mais chaque fois une autre.

Ce que mots vous inspirent 13

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Pour un artiste, la liberté est aussi indispensable que le talent et l’intelligence.
[Maxime Gorki]

C’est à l’artiste Édith Gorren dont vous avez pu admirer les toiles et lire les écrits ici, et aussi que je dédie la pensée de la semaine.

En espérant que la pensée de Gorki vous donne envie d’écrire. Ou de vous inspirer de la toile d’Édith Gorren. Comme ça a été le cas pour le billet de la semaine dernière.

Parce que cette page est à vous. Parce que la catégorie Ce que mots vous inspirent est la vôtre, mercredi après mercredi. Pour le plaisir d’écrire, pour ce que les mots vous révèlent, pour le souvenir qu’il rappelle, pour tout ça.

Bonne semaine à vous tous!