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Ce que mots vous inspirent 12

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Il faut toujours semer derrière soi un prétexte pour revenir, quand on part.
[ Alessandro Baricco ]

Faut-il? se demande le lecteur de Vladimir Vlasov, à l’heure où il va embarquer. Faut-il? se demande-t-il sans savoir s’il reviendra, s’il veut revenir.

Et vous, que faites-vous? Vous laissez derrière vous une raison de revenir ou pas?

La phrase est là pour une semaine. Pour ce que mots vous inspirent… Ou pour ce que toile vous inspire si jamais les mots ne vous parlaient pas…

Scène de lecture sur galet

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Mon amie Géraldine n’est pas qu’une photographe dont vous admirez ici l’œil amoureux de la nature, elle est aussi une artiste qui fabrique des objets. Et en ces heures où on corps se rebelle, comme ça lui arrive hélas! épisodiquement, je lui offre cette lectrice peinte sur un galet de l’artiste hongrois Jász Suba Gábor pour lui dire que je pense à elle et que je lui souhaite de retrouver bientôt toutes ses habiletés afin qu’elle puisse à nouveau sortir faire des photos et fabriquer ces petites choses qui font plaisir.

Salle d’attente

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Quand je resgarde le lecteur de Jean Diego, visiblement dans une salle d’attente, ou à patienter pour un rendez-vous, je me demande comment font ceux qui ne lisent pas et qui se retrouvent dans une telle situation. Regardent-ils par la fenêtre… quand il y en a? Font-ils des appels téléphoniques? Tournent-ils en rond en regardant leur montre? Et je me dis que j’ai de la chance. Où que je doive attendre, peu importe la durée et qui j’attends, il y a toujours avec moi un livre qui me fait oublier que j’attends.

Sans savoir où il mène

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On prend parfois un chemin au hasard d’une route, sans savoir où il mène, sans même se demander s’il mène quelque part, juste parce qu’il était là, invitant. Ce n’est que plus loin qu’on comprend pourquoi. Parce qu’il y avait là, cette fleur givrée, presque en forme de cœur, qui attendait notre regard pour éclairer le sentier. Et ce chemin devient le plus beau de tous. Grâce à Denise qui s’y arrêtée pour nous.

L’illusion d’un baiser

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Je l’imagine lisant toute la nuit, et le sommeil qui la gagne juste avant le lever du jour, le livre à côté d’elle. Je l’imagine attendant le soleil inondant la pièce pour reprendre vie. Et même, je me plais à imaginer que quelqu’un réveillera la lectrice de Cheri Christensen par un baiser. Mais il n’y en aura peut-être pas. Il n’y aura peut-être que le soleil sur sin épaule lui donnant l’illusion d’un baiser.

Aimer la nuit

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C’est quand il fait encore nuit qu’elle a la patience de tracer sur le papier de sa calligraphie soignée quelques vers. Parce qu’elle aime que les mots soient aussi bien dessinés, avec élégance, qu’elle aime les mots eux-mêmes. Et tout lui semble plus facile, plus agréable, dans le silence de la nuit. Comme c’est aussi le cas pour moi.

Je regarde la toile de Han Wu Shen et j’aime le côté paisible qui s’en dégage, celui seul propre à la nuit, aux mots et au silence. Et je la comprends d’aimer la nuit, d’aimer écrire la nuit.

Lis ce que tu as trouvé pour moi

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Il s’est assis là, il y a un moment. Une heure? Deux? Il ne sait plus. Le lecteur de Christina Liddell sait juste qu’il s’est assis là pour voir ses fenêtres. Il sait seulement que quand il les verra s’éclairer, qu’il verra celle qu’il aime passer dans la lumière, il se lèvera. Il sait seulement qu’il sonnera, qu’elle lui ouvrira et que comme chaque matin, elle dira ; « Ça fait longtemps que tu es là? »

Il regardera le sol, ne dira rien. Elle fera du café. Et quand ils seront attablés, elle dira : « Lis. Lis ce que tu as trouvé pour moi. »

Et il ira là où il doit aller pour chercher d’autres phrases pour le réveil du lendemain.

Hier a été le jour

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On lui avait un jour parlé de cet auteur qu’il allait sûrement aimer, parce que sa sensibilité était proche de la sienne. Il avait noté le nom, s’était dit qu’un jour, sûrement, il le lirait. Mais il y avait tant à lire. Et même s’il ne pensait pas tous les jours à cet auteur qu’il devait lire, le lecteur de Yussuf Arakkal savait qu’il y viendrait.

Et hier a été le jour. Il est entré dans une librairie pour bien autre chose quand il a vu LE livre. Enfin, pas LE livre, mais des livres de cet auteur, jusqu’à ce que celui qu’il choisisse devienne LE livre. Celui qui allait lui donner le goût de tous les autres. Et il s’est dit que le premier livre qu’on lit de certains auteurs est comme le premier baiser qu’on donne à une femme. Dans un cas comme dans l’autre, on sait – on sent? – s’il en faut un deuxième, un troisième…

En route pour Montréal?

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Mais où va donc livre sous le bras et bicyclette à la main le lecteur d’A. Piancastelli? Serait-il en route pour Montréal et plus particulièrement pour la galerie de cyclistes et de vélos de du bleu dans mes nuages afin de se glisser en douce parmi les photos?

Ce drôle d’air qu’elle avait

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Elle l’a regardé d’un drôle d’air avant de partir. Comme si elle savait quelque chose qu’il ignorait. Comme si elle ne faisait que s’absenter pour revenir, alors qu’elle n’était venue que pour poser quelques heures durant.

Il a longuement regardé la lectrice qu’il a peinte. Une inconnue qui n’en était plus une, maintenant qu’il avait scruté son visage à un point tel qu’il aurait pu les yeux fermés dessiner ces petites lignes presque indélébiles qu’elle avait au coin des yeux.

Il a longuement regardé le tableau qu’il a peint. Le visage. Les mains sur le livre. Et le peintre de Stephen Celuch a pris le livre abandonné au sol. Il s’est assis sur la chaise où elle s’est assise. Et il est devenu le lecteur qui attend la lectrice. C’était ça, le drôle d’air qu’elle avait. Il n’allait pas résister à la tentation de lire le livre qu’elle lisait et d’attendre qu’elle revienne le chercher.