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Comment aggraver son cas

sutherland 2

Je me demande si je n’ai pas aggravé mon cas… En effet, nous avions hier un fun lunch. Une création du directeur de notre service afin que nous mangions tous ensemble une fois par mois tout en partageant une activité ludique. Nous avions donc apporté des photos de nous, question de raconter une anecdote ou deux. L’une avait des photos d’elle gymnaste, une autre de son époque Flashdance, notre directeur de ses trois mariages, etc. Je n’en ai apporté qu’une, sur laquelle je ne suis pas en train de lire, comme le fait la petite lectrice de Kim Sutherland, mais en train de poser gentiment pour un ami photographe de mes parents.

Jusque là, ça allait… La photo datait d’une époque où j’étais encore sociable, où je ne demandais pas à maman à quelle heure les invités allaient partir maintenant que j’avais eu mes cadeaux et qu’ils avaient mangé tout le gâteau (ce qui m’a valu de ne plus avoir par la suite de goûter d’anniversaire). D’une époque précédant la prématernelle. Il vous dire à propos de celle-ci que la directrice avait suggéré à maman de me garder à la maison les après-midi, que pour moi les heures du matin, c’était bien assez. C’est que j’égratignais mes compagnons de jeu l’après-midi… Quelle sauvageonne tout de même…

Oui, je crois que j’ai bel et bien aggravé mon cas.

J’ai cru voir qu’on examinait la longueur de mes ongles…

Pour la tendresse qu’elle incarne

18 aout 6

Juste comme une envie de vous offrir une fleur du mois d’août. Pour un peu de bonheur. Pour un sourire. Pour les couleurs. Pour la tendresse qu’elle incarne.

Les autres prises le même jour par Armando sont ici. Enjoy!

Le devoir à remettre

mbp

-Tu trouves ça plausible, toi, une bande de ploucs pareils?
-Mais oui. Évidemment!
-Tu trouves pas ça caricatural un peu?
-Justement. C’est ça le but. Tu ne vois pas que l’auteur a réuni dans un même livre des personnages dont on retient les tics?
-Je vois bien. Mais pourquoi?
-Pourquoi? Ça, je ne sais pas… Quoique… Peut-être veut-il nous signaler d’éviter ceux qui ne sont que des clichés?
-Mais on sait déjà tout ça, Pénélope.
-Mais eux ne le savent pas…

Et les lectrices de Maurice Brazil Prendergast continuent de deviser entre elles en utilisant le ton grave de celles qui ont un devoir à remettre et qui cherchent comment orienter leur point de vue.

Signes des premières lueurs du jour

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Le livre est resté sur la table, le journal et la tasse vide sur la chaise. Traces de la lectrice de Maureen Hyde qui aime retrouver les signes de sa vie matinale, celle des premières lueurs du jour, de ses lectures, de moments justes à elle, quand elle rentrera, alors que celles-ci se seront noyées depuis dans un ciel de plus en plus noir.

Elle disait aimer les mots

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C’était à l’époque où elle dévorait Belle du seigneur. Je me souviens de son enthousiasme. Elle disait n’avoir jamais rien lu de plus beau. Or, je ne saurai jamais ce qu’elle aura retenu ni si elle aura compris la portée d’un tel roman. Je ne saurai jamais, car elle disait que ça la laissait béate. Et pourtant, elle disait aimer les mots. Le mot amour, surtout. Qu’elle utlisait dans toutes ses conversations, dans tous ses courriels, au quotidien, au passé comme au futur.

Non, je ne saurai jamais ce que pensait la lectrice de Jamie Adams. Elle s’est éclipsée avant que je ne lui dise, peut-être, que sa lecture avait été aussi superficielle que sa propre vie.

Le journal étalé sur la table

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Dès que le jour pointe le nez, il étale le journal et elle se poste derrière lui. Tantôt c’est elle qui lit, tantôt lui. Une habitude si vieille qu’ils ne sauraient pas dire de quand elle date. Une habitude suivie d’une autre : celle du petit déjeuner partagé tandis qu’ils commentent ensemble l’actualité.

Et puis, probablement que les lecteurs d’Edgar Bundy se sourient.

Et sûrement aussi que certains matins, ils traînent un peu au pays de la tendresse, oubliant les articles du journal abandonné sur la table.

Une histoire qui remonte à très loin

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Il me semble n’avoir jamais beaucoup dormi.

C’est une histoire qui remonte à très loin. Je n’en ai pas le souvenir, puisque je n’avais que six mois, mais maman aime raconter cette histoire de sa fille qui se réveillait avec le soleil et qui gazouillait comme les oiseaux, plutôt que de pleurer. Si bien que quand mes parents ont quitté l’appartement aux cloisons minces pour la maison qu’ils habitent toujours, leurs voisins ont affirmé que mes babils d’enfant heureuse leur manqueraient.

C’est une histoire qui remonte à très loin. Celle d’une enfant, levée souvent plus tôt que tout le monde qui s’asseyait sur le tapis du salon pour feuilleter les encyclopédies. Celle d’une adolescente qui lisait la nuit avec une lampe de poche sous les draps, en catimini. Celle d’une jeune femme qui avait toujours l’impression de rater quelque chose si elle dormait trop et qui pour cela se mettait rarement au lit avant deux heures du matin.

C’est une histoire qui a toujours cours. Celle d’une femme, semblable au personnage peint par Cornelius Edmund Sullivan, qui tarde à se coucher parce qu’elle est à lire ou à écrire et qui se lève alors que la nuit est encore opaque pour les mêmes raisons.

Les dates marquantes

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Ça ne pouvait pas être une journée ordinaire pour qu’elle se réveille aussi tôt, même si elle a l’habitude des levers de soleil. Elle a d’abord pensé que c’était une de ces nuits en deux morceaux. Une petite heure à lire entre deux pans de sommeil. Mais celui-ci l’avait définitivement quittée. Et la lectrice du peintre salvadorien Carlos Alberto Imery a compris que c’était la date du jour qui avait troublé sa nuit. Et du coup, aussi, qu’il en serait toujours ainsi. Qu’on ne se joue pas des dates marquantes de sa vie.

Une lectrice pressée

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Elle avait si hâte de plonger dans le livre que lui a prêté une collègue que la lectrice de Barbara Burghart-Perreault en a oublié de retirer son chapeau dans son empressement à ouvrir le livre. Il faut dire que sa collègue lui a parlé avec tant d’éloge de ce livre qu’il n’est pas du tout étonnant qu’elle se soit ainsi précipitée. Une question reste tout de même dans l’air. Dans combien de temps remarquera-t-elle son oubli?

L’éternité

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Il a dit « Je suis trop vieux pour ça, pour mon cœur qui ne fait qu’un tour quand je pense à toi, pour ce sommeil perturbé par la couleur de tes yeux… Je suis trop vieux, c’est insensé, tout ça… » Et le lecteur de Lucia Lay Maxson a trouvé sur la table pour toute réponse quelques lignes tirées d’une chanson d’Alain Chamfort :

l’éternité c’est quand j’prends ta bouche
pas le nombre d’années
que purgent les condamnés

l’éternité c’est quand on se touche
pas une diabolique
notion mathématique

l’éternité c’est quand tes yeux brûlent
ça c’est mieux qu’une messe
mieux qu’une belle promesse

l’éternité c’est quand tout bascule
puisqu’à ce moment
on oublie le temps

l’éternité c’est quand tes yeux brûlent
ça c’est mieux qu’une messe
mieux qu’une belle promesse

l’éternité c’est nos instants d’extase
et non une lourde peine
dont les jours se traînent

Et il a décidé de laisser entrer l’éternité dans sa vie…