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L’aveu 1

Nombreux étaient les recueils à tenter la lectrice de Coles Phillips. Mais c’est finalement sur le premier livre qu’elle avait choisi qu’elle a décidé de s’arrêter. Un recueil du poète Michel Pleau intitulé L’aveu tout simple d’un visage, qui l’avait séduite par son titre, puis par ses mots.
Notamment ceux-ci :

Je confonds les neiges mortes
et les saisons de rouille

l’absence prend forme

l’âme tremble en ses propres eaux

la terre renonce aux murmures
quand elle soutient la nuit

La rose blanche

C’est avec pudeur qu’Inge Scholl nous livre dans La rose blonde blanche, nom d’un groupe de résistants allemands, l’aventure qui a mené à l’échafaud cinq jeunes et un professeur d’université, parmi lesquels son frère Hans et sa sœur Sophie, laquelle a inspiré de nombreuses publications et trois films.

Et pourtant. Inge Scholl aurait pu être moins détachée de cette histoire qui est aussi la sienne puisque celle des siens. Mais peut-être que la raconter autrement que de manière factuelle aurait été trop dur. Du moins peut-on l’imaginer quand on lit ce récit publié une première fois en 1953 et réédité à plusieurs reprises depuis, alors que rien ne nous est cachée de l’issue. Du moins nous est-il permis de le penser près de 70 ans après les événements alors qu’ils ont tant et si bien laissé leurs marques que nul ne peut avancer aujourd’hui la passivité totale de la population allemande.

Mais six, cela ne constitue qu’un grain de sable. Pas de quoi enrayer le mécanisme de la machine bien huilée et hautement disciplinée des nazis. Ce qui nous donne à poser une question à laquelle le livre ne répond pas. Combien de mouvements du même acabit et combien de résistants allemands y a-t-il eu? Juste six? J’ose espérer que non et aussi que d’autres livres éclaireront ce pan de l’histoire trop peu dévoilé.

Écoute ça!

À un vieil ami qui me demandait récemment si j’aimais le rock des années 70, question qui m’a semblé si vaste que je n’ai pas été en mesure de répondre à sa question sans balbutier tant ma connaissance du rock et des années 70 est floue, j’ai envie de dire : Écoute ça! Ou plutôt, écoute Solas, un groupe que je vous ai présenté dans ce billet il y a près de deux ans et que je vous invite à entendre à nouveau dans A Waltz for Mairead.

Ce que mots vous inspirent 617

Il vaut mieux porter le poids de son propre chagrin que le fardeau des obligations contractées envers autrui. (Mocharrafoddin Saadi)

*illustration de Phil Wrigglesworth

Les vers d’Isabelle 5

Lorsque je ferme les yeux,
la dernière impression ne me laisse
qu’une rue, un lampadaire
projetant sa lumière
sur les branches d’un érable dénudé,
à peine vibrant
avant le noir
pour retrouver la lune
tracée en soi.
Alors, dépouillé de ses origines,
mon regard se porte vers le ciel.

Isabelle Courteau, Ton silence

*choix de la lectrice de Belinda Del Pesco

Novecento

Il est des livres dont on a tellement parlé, qui ont fait l’objet de tant de critiques qu’on reporte sans cesse la lecture de ceux-ci. Par peur de la déception. Peut-être. Et puis, on finit presque par oublier leur existence. Jusqu’à ce que, au hasard d’une visite en librairie, ils surgissent d’un rayon et nous fassent un clin d’œil. C’est ainsi que j’ai enfin lu Novecento : pianiste d’Alessandro Baricco, un de ces livres inclassables parce que certains en font un court roman, d’autres un poème en prose et la plupart un monologue. Or, ce titre est tout ça. Sûrement. Et même plus. C’est un long cri dans la nuit, quelques notes entre deux points d’orgue, le temps suspendu à une vague avant qu’elle ne s’effondre, un soleil qui n’en finit pas de se fondre dans la ligne d’horizon.

Et c’est aussi l’histoire d’un enfant naissant abandonné sur un transatlantique, de sa vie sur ce bateau qu’il n’arrivera jamais à quitter, de sa carrière de pianiste. Et l’histoire de chacun d’entre nous qui nous demandons parfois après quoi nous ne cessons de courir alors que la réponse se trouve au fond de soi. Ou pas très loin.

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détails ici

Le 1430, rue Saint-Denis

C’est au 1430 de la rue Saint-Denis que loge aujourd’hui le pavillon Athanase-David de l’UQAM, lequel a abrité en ses murs l’École polytechnique de l’Université de Montréal, puis l’Institut des arts appliqués de Montréal, pour ne nommer que ceux-là. Pour la petite histoire, c’est ici.

Ce que mots vous inspirent 616

Chaque homme est sa propre île déserte. (Brigitte Aubert)

*toile de Jan Worst

Les vers d’Isabelle 4

À ce silence, tu auras ton donné ton silence qui,
dans ton absence, est encore ce que tu m’as laissé :
une approche d’une abrupte douceur,
quelque chose qui dit oui.

Isabelle Courteau, Ton silence

*choix de la lectrice de Joseph-François Ducq

Comment (bien) rater ses vacances

Il y a des livres qui laissent sur le visage un grand sourire même si ça fait des jours qu’on en a terminé la lecture. Juste à l’idée d’en parler, de le faire connaître à d’autres. Tel est le cas de Comment (bien) rater ses vacances d’Anne Percin, roman faisant partie de la sélection Une basket du prix Farniente 2012.

Maxime a 17 ans, cet âge charnière qui constitue souvent celui où on passe sans le vouloir nécessairement à l’âge adulte. Et pour la première fois, lui et sa sœur de dix ans vont passer leurs vacances sans leurs parents, partis s’éclater dans les sentiers périlleux de la Corse, leur plus jeune étant en colonie de vacances en compagnie de sa meilleure amie (chose à laquelle elle tenait tellement que ses géniteurs ont fini par accepter de partir sans elle) et leur aîné chez sa grand-mère adorée dans la banlieue parisienne.

Maxime est des plus heureux. Sa grand-mère et lui s’entendent comme larrons en foire. De plus, elle n’est pas toujours sur son dos et sait préparer les crêpes comme personne. Mais le bonheur cet été-là est de courte durée.
La fiesta ne sera pas celle escomptée. Mamie a eu une crise cardiaque et Maxime se verra confronté à lui-même, autant pour voir au moindre détail d’une maison, lui qui est habitué à se laisser vivre, que pour veiller à ce que tout se passe bien malgré les circonstances pour sa grand-mère et cela sans alerter ses parents qui, de toute manière, semblent introuvables.

Comment (bien) rater ses vacances est un roman à la fois grave à cause de la situation dans laquelle se trouve Maxime et ludique, parce que celui-ci sait rire de celle-ci et dédramatiser ce qui pourrait être trop pesant. C’est aussi un roman intelligent qui fait appel à la sensibilité des lecteurs et à leur curiosité, Anne Percin n’ayant pas peur de mentionner Godard, Corneille, et Shakespeare (pour ne nommer que ceux-là), notamment dans des notes en bas de page écrites par le narrateur (Maxime) qui font plus office de clins d’œil qu’autre chose. Pour notre plus grand plaisir. Avouons-le.

Voilà. Vous aurez sans doute deviné, sinon compris, que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman d’apprentissage qui attendrira plus d’un adolescent, et que je le recommande sans aucune hésitation.