Commentaires récents
Admin:
Archives:
Un roman bien ficelé

remond.jpg

On pourrait reprocher au roman d’Alain Rémond Les romans n’intéressent pas les voleurs l’addition de coïncidences heureuses pour le narrateur; mais si justement ce sont grâce à elles que le roman existe, faut-il s’arrêter à celles-ci?

J’ai décidé de passer outre. Après tout, même hors de la fiction, chacun est confronté à des coïncidences — parfois même quotidiennement — et ne voient pas en quoi elles sont extraordinaires.

Deux amis de longue date, l’un journaliste et l’autre nègre dans une maison d’édition, quittent un jour Paris pour l’Aveyron afin de retrouver leur écrivain fétiche qui n’a rien publié depuis trente ans et qui aurait été vu dans la région. La piste était bonne. Les deux hommes retrouvent bel et bien Santenac, qui fut jadis écrivain et qui ne veut plus rien savoir de la littérature et surtout de la clique des lecteurs à laquelle appartiennent ces deux lurons venus le pourchasser jusque dans sa campagne où il vit comme un ermite et dans la pauvreté.

Le choc est grand. Mais le scoop est trop gros. Le journaliste qui avait promis de se taire, de ne rien dire de la vie actuelle de Santenac dont tout le monde avait perdu la trace, a publié un article sur l’écrivain sans même en parler à son ami de toujours.

Celui qui les avait unis toutes ces années est devenu celui qui les a séparés. Mais Santenac n’en est pas à un subterfuge près si bien que le narrateur fera par hasard une découverte des plus étonnantes concernant celui qui a quitté la scène. Une découverte que je ne vous dévoilerai pas, parce que tout cela est si bien tissé qu’elle vaut le détour.

Les romans n’intéressent pas les voleurs, titre qui se verra expliqué à la toute fin du livre, m’a enchantée. Littéralement. Pour bien des raisons, mais peut-être parce qu’on y trouve un vrai libraire. De ceux qu’on a envie de rencontrer.

La suggestion du 5 juillet 2010

schuddinck-luc.jpg

Qui s’intéresse à l’histoire, comme peut-être le lecteur de l’artiste Luc Schuddinck, devrait trouver dans ce blog de quoi occuper des heures de lecture!

Souvenir de Cordoue

l-2010-05-27-2-_001-cordoba.jpg

C’est à Cordoue qu’Armando a croisé cette merveille. Moi, ça me donne envie de partir illico pour l’Espagne…

Ce que mots vous inspirent 180

bol-ferdinand.jpg

Dans tous les cas, la poésie est antérieure à la prose : on dirait que l’homme chante avant de parler. [Jorge Luis Borges]

*toile de Ferdinand Bol

Un morceau de façade, rue Saint-Paul

photo-022_ruesaintpaul.jpg

Il a bien fallu que je m’arrête… Vous l’auriez fait aussi, non?

La liseuse du lundi

piotrowski-antoni.jpg

La lectrice peinte par Antoni Piotrowski a fait voir à tous la toile du 27 juin. Puis, elle a lu les deux textes inspirés par celle-ci qu’ont écrit Denise et Armando. Bien sûr qu’elle a trouvé dommage qu’il n’y ait que deux textes, mais elle sait bien qu’en période de vacances, les gens s’éloignent souvent de leur ordinateur… Puis, elle s’est empressée de leur faire voir la toile de la semaine, en espérant que celle-ci inspirera au moins trois textes…

À l’heure du jazz 11

nelson-craig-4.jpg

Robin McKelle interprétant Dream

*pour le lecteur de Craig Nelson et pour vous

Les extraits de revues 10

chiasson-denis-22.jpg

Le numéro de mai-juin 1987 de la revue Poésie attendait la lectrice de l’artiste québécois Denis Chiasson, qui n’a pas été longue à le parcourir, parce que presque tout de suite elle s’est arrêtée sur ces mots :

Un réveil

Dans un rêve je me trouvais emmuré.
Ses murs n’avaient ni consistance
ni poids : leur vide était leur poids.
Les murs étaient des heures et les heures
ennui fixe, accumulé.
Le temps de ces heures n’était pas du temps.

J’ai sauté par une brèche : il était quatre heures
en ce monde. La chambre était ma chambre,
mon fantôme habitait chaque chose.
Moi je n’étais pas là. J’ai regardé à la fenêtre :
pas une âme sous l’éclairage électrique;
neige déjà sale, maisons éteintes,
pylônes, autos endormis, le vaillant
cercle de chênes, grands squelettes.

Noire et blanche la nuit : les dessins
des constellations, illisibles;
le vent et ses couteaux. Je regardais,
sans comprendre. Je regardais, de mes yeux,
dans la rue déserte, la présence.
La présence sans corps. de mes yeux.
L’être est réticent dans son abondance.

J’ai regardé à l’intérieur : C’était ma chambre
et je n’y étais pas. Rien ne manque à l’être,
même en notre absence. Dehors,
encore indécises, des clartés :
l’aube entre des toits confus.
Déjà les constellations s’effaçaient.

(Octavio Paz)

La preuve 24

cosby-john-2.jpg

Un fait n’est rien par lui-même, il ne vaut que par l’idée qui s’y rattache ou par la preuve qu’il fournit. [Claude Bernard]

*toile de John Cosby