Et si je proposais au lecteur peint par Edmund Blair Leighton de mettre son livre de côté afin d’aller jeter un œil sur une magnifique photo?
Et si je proposais au lecteur peint par Edmund Blair Leighton de mettre son livre de côté afin d’aller jeter un œil sur une magnifique photo?
Décidément, Armando a l’œil pour les lectrices… Ce n’est pas votre avis?
La toile accrochée dimanche a tellement plu à la lectrice d’un peintre de l’École américaine datant de 1930 environ qu’elle n’a pas voulu la laisser muette. Si bien qu’elle m’a prié de vous rappeler que vous avez encore 48 heures devant vous avant la publication des commentaires. Suivrez-vous son exemple?
La lectrice peinte par Maximo Caballero n’a pas été longue à trouver dans le numéro 6 de la revue Vagabondages un texte qu’elle a eu envie de partager avec vous. Un long texte qui l’a profondément touchée, m’a-t-elle dit.
Je n’ai jamais méconnu mon visage de sable
Les yeux des femmes
et tous leurs miroirs
marins et floraux
m’ont toujours renvoyé une image
sensible infiniment
Je n’ai jamais méconnu mon masque de faune
Maintes forêts tropicales
dans leurs verdoyantes assonances
m’en ont toujours affublé
entre les rires grimaçants des tigres
et les flûtes émouvantes des métisses
jouant entre les arbres métalliques des villes
comme les mantes
du frottement de leurs ailes
Sous aucun climat
ma parure d’écailles n’a pâli
et mes os n’ont jamais brûlé
d’un autre feu que celui
qu’attisait l’impatience d’être homme
Debout au pied de chacun de mes rêves
j’ai toujours balbutié les cendres de mes mots
laissant ma bouche bruire
le secret filigrane
qu’aucun faussaire ne peut traduire
Sous aucun ciel
je n’ai vendu mon œil pour une papaye
mon regard pour le vide
mon geste pour un autre
Poisson ou bélier
mes chemins m’ont conduit vers les rives
sonores ou muettes
vers des repaires d’oubli
où je redessinais chaque fois mon envol
scrutant l’horizon migrateur
comme un fil incertain
où poser ma voilure
où m’étendre
sans faire du lendemain
un linge qui s’assèche
et givre
dans le froid boréal des matinée d’hiver
Sous aucun prétexte
je n’écoutais aux portes qui s’ouvraient
ou se fermaient
au gré des vents que les courlis nouaient
sous leurs ailes apeurées
sauf si
un battement de cil acclimatait mon râle
et découpait mes lèvres
sur le couchant meurtri
ensanglanté de ses nuées
Je n’ai jamais méconnu les orages
ni les outrances infligées au cœur
par le blizzard léger que soulèvent nos pas
Je n’ai jamais renié le vide
ni l’herbe
ni les glaciers limpides
que nos larmes fécondent
J’ai marché sur des plages
affrontant l’horizon
comme le fil d’un rasoir
guérissant mes blessures
et recueillant la mer
comme une cicatrice étendue à mes pieds.
(René Hervieu)
C’est à partir d’une légende portugaise que lui a raconté l’auteur et illustrateur Stéphane Poulin que François Gravel, auteur pour les grands comme pour les tout jeunes et les adolescents, a écrit Madame Misère, un album qu’a illustré Patrick Bernatchez.
Madame Misère portait bien son nom. Rien ne lui réussissait et elle n’avait rien à elle jusqu’à ce qu’un arbre étrange se mette à pousser près de son humble cabane. Et pas un arbre ordinaire : un jujubier. Cet arbre pouvait enfin la nourrir. Mais c’était sans compter sur les voleurs des environs qui lui volaient les meilleurs pour ne lui laisser que les noirs.
Avec l’aide de monsieur Malheur, elle pourra enfin se débarrasser des voleurs, mais comme un malheur ne vient jamais seul, madame Mort est aussi venue visiter madame Misère. Mais madame Misère avait plus d’un tour dans son sac et grâce à un astucieux stratagème ne mourra jamais.
Un bien joli texte, des illustrations réussies, voilà ce qu’est Madame Misère, un conte plein d’imagination et de rebondissements qui donne envie de découvrir d’autres légendes portugaises. Au fait, connaissez-vous celle-ci?
J’ai découvert Michael Hoppé par hasard, je vous en ai d’ailleurs parlé ici avec enthousiasme. C’est donc avec bonheur que j’ai écouté, réécouté et continué d’écouter son Requiem pour lequel il a réuni la soprano Heidi Fielding, le ténor Dwain Briggs, le violoncelle Martin Tillmann, les violonistes Alyssa Park et Lilly Hayden, hautboïste Chris Beth et la clarinettiste Bernadette Allbaugh. Un album apaise le plus lourd des cœurs, qui inspire poèmes et grands sentiments. Un grand album. Dont j’ai extrait pour Lux Aeterna.
Mais que peut bien contenir la lettre qu’a reçue la lectrice du peintre russe Nikolai Petrovich Bogdanov-Belsky? Serait-ce une invitation à découvrir Paris à travers les yeux d’un artiste?
Si ce n’est pas le paradis, ça ressemble à l’idée qu’on s’en fait, ai-je envie de dire devant ces photos prises en Algarve par Armando.
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