Pour toute chose, il y a deux temps — le temps qui convient et le temps qu’on a laissé passer. (Sten Nadolny)
*toile de Fernando Botero
Pour toute chose, il y a deux temps — le temps qui convient et le temps qu’on a laissé passer. (Sten Nadolny)
*toile de Fernando Botero
Elle a d’abord caressé la couverture de Ma plus belle histoire d’amour. Elle savait que ce livre m’est cher pour de nombreuses raisons. Puis, la lectrice peinte par Karl Schmidt-Rottluff s’est arrêtée sur ces mots de Barbara :
Le sommeil
Du sommeil à mon sommeil,
Je rêve tout un long jour
A la nuit qui me ramène enfin.
Enfin, le sommeil,
Le rêve et ses merveilles
Où de grands oiseaux blancs
Tournoient lentement.
Oh, regardez : il neige
De grands oiseaux de neige
Et de fatigue en fatigue,
Emportée, je navigue.
Oh, ne m’éveillez pas.
Des milliers d’oiseaux de lune
Se posent sur la dune.
Ne les effrayez pas.
Oh, laissez, laissez-moi dormir,
Mes oiseaux pour escorte.
Je vais, la fatigue me porte
Plus loin, plus loin
Vers le silence, silence, silence
De fleurs géantes,
Du sable d’ambre.
Il neige des plumes
D’oiseaux de lune.
Un désert blanc,
Un continent,
Et puis plus loin,
Si loin, la mer.
Du sommeil à mon sommeil.
Je guette tout un long jour
Le rêve.
Je rêve,
Je rêve…
Sylvia a dix-sept ans, deux petites sœurs de cinq ans et des parents qui ont choisi la garde partagée au moment de leur séparation. Une situation dont elle ne veut plus et dont elle a parlé avec sa mère qui n’a rien contre le retour à temps plein de son aînée chez elle. Une situation dont elle a touché à son père dans un message et avec lequel elle a une courte conversation avec lui à ce sujet, jusqu’à ce que celle-ci se trouve interrompue par un bang fatal.
Ne plus vivre avec son père, ça ne voulait pas dire ne plus avoir de père. C’est pourtant ce à quoi Sylvia, qui a toujours douté de l’amour de son père, se verra confrontée. C’est aussi pour elle la découverte d’un père qu’elle ne connaissait pas et dont le décès va changer la vie et jusqu’à un certain point lui donner un sens, puisque c’est elle qui prendra en charge toute la cérémonie des funérailles, selon un livre sur le culte des morts et des ancêtres au Vietnam qu’elle a trouvé sur la table de chevet de son père.
C’est un magnifique livre, plein de tendresse et de rage, de douleur et d’amour, que nous offre Eva Kavian dans ce livre destiné aux adolescents mais que je conseille à tous. Parce que l’auteure a cette écriture pleine d’images qui me touche à tous les coups, cette manière à elle de dédramatiser, ce regard sur la beauté du monde et la fragilité de la vie qui n’appartiennent qu’à elle.
C’est par ce billet que j’ai découvert Antonio Zambujo, ce qui m’a donné envie de vous offrir un extrait récemment. Et c’est par cet autre billet que j’ai appris que l’artiste, originaire de l’Alentejo, venait de lancer un nouvel album. Celui-ci, ayant pour titre Guia, est une merveille. Rien de moins. Si bien que je l’écoute en boucle au bureau, même si cet album — très, très sensuel — s’écouterait mieux à deux…
Pour vous tenter, une de mes préférées, Quase um fado :
La lectrice de Suzanne Eisendieck serait-elle, comme nombre nous, une lectrice de l’ami Armando? Si oui, peut-être sera-t-elle intéressée à entrer dans ce lieu où la musique en portugais est à l’honneur?
Voilà une série dont je ne me lasse pas, mais dont voici l’avant-dernière photo. Et si on remerciait tout de suite Armando?
Savoir séparer l’essentiel de l’accessoire est la véritable sagesse de la vie. (Alexandra Marinina)
*illustration d’Africa Fanlo
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
Commentaires récents