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Deux jours dans mes souvenirs 39

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Combien de fois ai-je entendu Christine assieds-toi correctement! Mais rien à faire, m’asseoir « correctement » ne rimait pas avec lecture. J’ai donc développé une technique ultra rapide pour passer des jambes sur le bras du fauteuil aux pieds au sol et une oreille supersonique pour me préparer à ce déplacement! Mais chut, mes parents croient que j’ai fini par m’asseoir correctement, faut surtout pas leur dire que j’utilise encore cette technique quand je suis chez eux!

*toile de David Hettinger

Deux jours dans mes souvenirs 38

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Mon père avait un collègue pharmacien qui avait à mes yeux la plus belle de toutes les vitrines du monde et combien de fois a-t-il fait des détours pour que nous nous arrêtions devant celle-ci. Les yeux tout grands, je vérifiais que le lion en peluche que je convoitais était toujours là, parmi tous les animaux du zoo, les chiens et les chats de toutes les tailles. Je sais, je sais, ça ne fait pas très pharmaceutique comme vitrine, mais comme la pharmacie était à proximité de l’hôpital et qu’il n’y avait pas de boutique cadeaux dans le coin…

Un soir, papa m’a demandé de l’accompagner, il devait aller porter quelque chose à son confrère. Je n’allais surtout pas dire non à l’occasion d’admirer la vitrine! Je ne savais pas que ce soir de novembre je partirais de là les bras chargée du lion. Mon cadeau de Noël avec un peu d’avance. Papa ne voulait pas que quelqu’un d’autre parte avec ce spécimen unique…

Frédéric, dit Fred, ne m’a plus jamais quittée. Un jour, promis, je vous le présenterai…

*toile de Margaret Harris

Deux jours dans mes souvenirs 37

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Un jour, maman a ouvert la porte à une de ses voisines qui était bien inquiète. En effet, j’avais raconté à cette dernière que ma grand-mère faisait de la « soupe aux cochonneries » et elle se demandait bien ce qu’on pouvait servir à manger chez nous! Je les vois encore toutes les deux, en compagnie de ma grand-mère, penchées sur le chaudron dans lequel flottaient les os de la dinde… C’était donc ça… Même histoire quelques semaines plus tard. Ce coup-là, j’avais annoncé que ma grand-mère faisait de la « soupe aux mouches ». Quoi, des clous de girofle, ça ne ressemble pas à des mouches quand on a trois ans?

*toile de Vladimir Gusev

La suggestion du 22 novembre 2009

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Comme la lectrice de l’artiste de Seattle Christine Marie Larsen semble, tout comme Armando, aimer le bleu, peut-être aimeront-ils tous les deux cette photo?

Deux jours dans mes souvenirs 36

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Ma sœur était mauvaise perdante, surtout quand on jouait à la bataille. Elle trichait donc, dans le but de gagner. Et moi, je ne disais rien : elle était si heureuse quand elle gagnait. Mais ça fâchait mon grand-père. Même que ça le mettait dans une colère noire. Et il trouva la meilleure punition qui soit : ne pas jouer avec elle. Ça l’a guérie. Elle ne tricha plus parce que finalement c’était trop formidable de jouer à la bataille avec lui. Et puis, ça finissait toujours par des séances de chatouillage qu’elle demandait les bras levés, pour leur plus grand plaisir à eux deux.

*toile de Maurice (Moricz) Goth

Deux jours dans mes souvenirs 35

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Ma mère a eu l’idée de m’envoyer à l’école à quatre ans. Les classes maternelles venaient à peine d’ouvrir, c’était donc tout nouveau. Si l’idée était bonne, et elle l’était sûrement, elle n’a pas fait mon bonheur. Passer ma journée ainsi entourée à faire des activités dont je n’avais pas envie – comme monter sur des cubes et chanter en chœur – allait finir par faire sortir de ses gonds la petite sauvage qui traînait en moi. De telle sorte que je sortais mes griffes, dans le vrai sens du mot, dès qu’on s’approchait trop de moi, alors que je ne voulais rien savoir et j’égratignais l’intrus.

Je ne vous étonnerai pas si je vous dis que la maîtresse a suggéré que des demi-journées c’était amplement pour moi?

*toile de Jared Gillett

Deux jours dans mes souvenirs 34

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Pour faire plaisir à maman, papa pouvait traverser la ville et c’est ce qu’il faisait plusieurs fois chaque été. Destination : Saint-Aubin. Il ne s’agit pas d’un village des alentours de Montréal, non, non. C’était à l’époque le seul endroit où on pouvait manger un sundae hors de l’ordinaire. Imaginez deux boules de crème glacée à la vanille, avec ici et là de la guimauve fondue, du fudge chaud sur le tout, puis de la crème fouettée, des noix et une cerise… Vous auriez fait le tour de la ville vous aussi, non? Et dire que papa pensait faire plaisir seulement à maman…

*toile de Daniel Garber

Deux jours dans mes souvenirs 33

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J’adorais les tours d’auto de mes parents. De vrais tours d’auto. Pas des promenades qui durent une demi-heure, de vraies expéditions. Qui nous emmenaient à Québec, à Ottawa, dans les Cantons de l’Est, dans le Vermont, à Lake Placid et ailleurs pour la journée. Des promenades dont on revenait les yeux écarquillés par les paysages, le ventre plein, le cœur heureux. D’ailleurs, je n’ai jamais perdu depuis ce goût de faire des tours d’auto. Car au fond, n’est-ce pas partir en vacances même si ça ne dure qu’un seul jour?

*toile d’Emmanuel Garant

En vos mots 137

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Chaque dimanche, une nouvelle scène vous est proposée, le plus possible différente de toutes celles qui vous ont été offertes depuis avril 2007, alors que débutait cette aventure que je continuerai tant que vous serez là à la poursuivre avec moi.

Une nouvelle toile, donc, signée Pieter Van Der Hem. Une scène à décrire, à creuser, à laisser parler. Un scène que je vous propose sans vous donner de règles. À vous d’en faire ce que vous voulez, un poème, une nouvelle ou même une chanson!

La suite, nous la connaîtrons dimanche prochain, alors que tous les commentaires seront validés d’un seul coup.

Bon dimanche et bonne semaine à tous!

Deux jours dans mes souvenirs 32

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J’avoue, j’ai beaucoup de mal avec les tasses à mesurer. Je sais bien que pour réussir une recette, il faut les utiliser, mais il n’en reste pas moins que je me fie souvent davantage à mon instinct qu’aux mesures. Parce que ma grand-mère maternelle était comme ça. Elle ne mesurait rien et elle réussissait tout. Entre autres, la tarte aux pommes. C’est d’ailleurs elle qui m’a inculqué tous les rudiments d’une bonne pâte à tarte. Si bien qu’à dix ans, quand ma grand-mère paternelle nous avait gardées ma sœur et moi et que pour faire une surprise à mes parents j’avais décidé de faire une tarte, celle-ci m’a regardée faire découragée. Je ne mesurais rien, il y avait de la farine un peu partout. Pour elle qui mesurait tout, me voir faire a été un supplice. Elle imaginait le pire, la tarte immangeable qu’on doit jeter à la poubelle. Mais elle ne voulait pas contredire la façon de faire de mon autre grand-mère, décédée trois ans plus tôt. Et vous savez quoi? La tarte était délicieuse!

*toile de Francesco Galante