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J’aime te regarder dormir

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Les lecteurs d’Arne Westerman ne vivent ensemble que quelques semaines par année. Retenus par leurs obligations ailleurs. Elle complètement à l’est du pays, lui à l’extrême ouest. Et chaque fois qu’ils se retrouvent, il y a cette journée de flottement, où ils sont à tour de rôle plongés dans cette espèce de décalage des fuseaux horaires et du bonheur retrouvé. Si bien que la première journée, qu’ils soient dans l’est ou dans l’ouest, il y en a un des deux qui regarde l’autre dormir. Une heure ou deux.

Courte sieste de laquelle ils émergeront chacun leur tour pour entendre ces mots : J’aime te regarder dormir.

Roses roses

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Et comme si coqueliquer n’était pas assez, voilà maintenant que ça rose au pays de Lali grâce à Denise. Vous sentez vous aussi cette odeur ou c’est encore mon imagination?

Rouge coqueliquant

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Ça coquelique toujours autant au pays de Lali, comme vous pouvez le constater. Ce rouge éclatant est signé Géraldine.

Ce que mots vous inspirent 36

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Écrire, c’est traduire en mots des pensées, des faits, des sentiments, des sensations, le corps, la chair, le silence. La vie est la langue étrangère de l’écrivain. (Camille Laurens)

Peut-être est-ce cette phrase que médite la lectrice de Nathaniel Dance-Holland? Peut-être. Ou alors imaginons-le.

Et imaginons de plus que cette phrase soit vôtre. Pendant une semaine. Pour l’examiner, la lire et la relire, et écrire ce que mots vous inspirent à partir de celle-ci. Puisque cette catégorie est la vôtre. Pour vos mots inspirés par d’autres mots ou par la toile du jour. Pour le partage d’impressions.

Sans chercher les coquilles

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Comme je m’installerais ce matin dans la toile de Lena Reznik plutôt que de partir travailler. Surtout que je sais qu’aujourd’hui il va falloir mon regard de lynx à toute épreuve pour ne laisser passer aucune coquille, aucune tournure malhabile, aucune césure inappropriée, aucun anglicisme de mauvais aloi. Alors que j’ai juste envie de continuer ma lecture en cours. Sans chercher les coquilles…

Les vers de Sophia 23

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Et dans les mots de Sophia de Mello Breyner, la lectrice de Janos Vaszary s’est perdue. S’est trouvée. S’est reconnue.

ATTENTE

Je me couche tard
J’attends une forme de silence
Qui n’arrive jamais tôt
J’attends l’intensité la concentration de l’heure tardive
Ardente et nue
C’est alors que les miroirs resplendissent de leur deuxième éclat
C’est alors qu’on voit le dessin du vide
C’est alors qu’on voit soudain
Notre propre main posée sur la table

C’est alors qu’on voit le passage du silence

Navigation très ancienne et solennelle

Elle peut rester là longtemps

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Elle peut rester longtemps sans bouger, sans même prononcer un mot. Mais il sait qu’elle est là. Tout près. À respirer le même air que lui. À attendre qu’il lui fasse lire quelques lignes ou quelques pages, qu’il lui demande son avis. Et il peut rester là longtemps à gratter le papier, à ouvrir un dictionnaire, à chercher cette phrase qui n’arrive pas à se former.

Ce n’est que quand elle quitte la pièce que l’écrivain de Robert Heriot Westwater qu’il est perdu.

Morceau de paradis

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Nous sommes arrivés les premiers. J’ai donc pu photographier à mon aise la terrasse du Pèlerin-Magellan que j’aime tant. Les images parlent d’elles-mêmes, non? Mais si vous ajoutez au décor une assiette avec une bavette bordelaise, des frites (des bonnes, le patron est belge) et une salade, vous toucherez presque au paradis. Et si de plus, vous vous laissez tenter par la crème brûlée au bleuet, vous êtes encore plus près. Et si vous aimez les voyages et que vous découvrez avec ravissement que tout le décor est axé autour du monde des découvreurs et que vous trouverez là instruments anciens de navigation comme cartes géographiques d’une autre époque, là c’est certain, vous êtes au paradis. Plus aucun doute. Au fait, le paradis est au 330, rue Ontario est, Montréal.

Une immobilité rassurante

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Il est si absorbé qu’il n’entend rien, qu’il ne voit rien, que les heures passent sans qu’il ne s’en aperçoive. Et c’est comme ça jour après jour. Tous ceux qui passent là connaissent le lecteur d’Atanur Dogan, mais ils n’ont jamais vu son visage. Ils ne savent de lui que sa pose, que sa tête, que l’endroit où il lit. Et pourtant, ils ont cette impression qu’il fait partie de leur vie. Parce qu’il est là. Parce qu’il ne semble pas bouger. Parce que cette immobilité a quelque chose de rassurant.

Au pays de Lali le premier samedi de chaque mois

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Le lecteur de Charles Drew Cahoon m’a convaincue. Le premier samedi de chaque mois sera consacré aux bonnes nouvelles inventées que vous pourrez continuer à loisir, commenter, déformer. Comme il vous plaira. Les lecteurs de journaux viendront donc tour à tour vous faire part des nouvelles qu’ils trouveront dans leur feuille de chou préférée. À vous de jouer, pour le reste! Je vous fais confiance!