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J’parl’ pour parler disait Jean Narrache

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La lectrice de Bela Czobel ne pouvait pas savoir. Il aurait fallu pour ça que je lui dise qu’Émile Coderre dit Jean Narrache fait partie de ma culture familiale, que mon grand-père l’a bien connu, qu’ils partageaient la même profession et que son recueil n’était jamais bien loin. Non, elle ne pouvait pas savoir. Mais je suis heureuse qu’elle ait choisi ces quelques lignes.

J’parl’ pour parler

J’parl’ pour parler…, ça, je l’sais bien.
Mêm’ si j’vous cassais les oreilles,
La vie rest’ra toujours pareille
Pour tous ceux que c’est un’ vie d’chien.

J’parl’ pour parler pas rien qu’pour moi,
Mais pour tous les gars d’la misère;
C’est la majorité su’ terre.
J’prends pour eux autr’s, c’est ben mon droit.

J’parl’ pour parler…, j’parl’ comm’ les gueux,
Dans l’espoir que l’bruit d’mes paroles
Nous engourdisse et nous r’console…
Quand on souffre, on s’soign’ comme on peut.

J’parl’ pour parler…, ça chang’ra rien!
Vu qu’on est pauvre, on est des crasses
Aux saints yeux des Champions d’la Race :
Faut d’l’argent pour être « homm’ de bien ».

J’parl’ pour parler…, j’parl’ franc et cru,
Parc’ que moi, j’parl’ pas pour rien dire
Comm’ ceux qui parl’nt pour s’faire élire…
S’ils parlaient franc, ils s’raient battus!

J’parl’ pour parler… Si j’me permets
De dir’ tout haut c’que ben d’autr’s pensent,
C’est ma manièr’ d’prendr’ leur défense :
J’parl’ pour tous ceux qui parl’nt jamais!

J’parl’ pour parler… Si, à la fin,
On m’fourre en prison pour libelle,
Ça mes vieux, ça s’ra un’ nouvelle!
L’pays f’rait vivre un écrivain!

Les mots libres

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Il invente pour elle des images. Il lui dessine des paysages. Et il laisse les mots aller jusqu’à elle, comme un oiseau. Et tous ces vers, nés de la plume du poème volent, virevoltent et suivent le vent. Pour se poser sur l’épaule de la lectrice de Mary Brewster Hazelton. Qui les éparpillent dans la pièce. Des mots libres ne se rangent pas dans une boîte.

Et à nul autre

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Aucun mot d’aucun livre, aucune virgule, aucun accent aigu, aucune majuscule, aucun É ne sera plus doux à la lectrice de P. B. Freyder que ceux qu’il écrit. Et elle aura beau ouvrir tous les livres, elle aura beau chercher ailleurs, ce seront toujours à ses mots à lui qu’elle reviendra. Et à nul autre.

Ces bouts de phrases

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Certains soirs, je suis la copie conforme de la lectrice de Charles Dana Gibson. Bon, d’accord, je vous le concède, je n’ai ni sa jeunesse, ni sa grâce, ni sa minceur. Mais pour le reste, je suis absolument capable de sortir vingt livres, d’aller de l’un à l’autre et de les laisser par terre jusqu’à ce que je trouve cette phrase dont je n’ai que des parcelles sur le bout de la langue. Ces bouts de phrases qui ne me laisseront pas tranquille tant que je n’aurai pas retrouvé d’où ils viennent et surtout tant que je n’aurai pas recollé tous les morceaux afin de rendre la phrase entière.

Ce n’est qu’après que je contemple la scène, les livres éparpillés. Mais comme il est gai de les ranger quand on a trouvé ce qu’on cherchait!

Trop de fleurs?

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Trop de fleurs au pays de Lali? Quelqu’un aurait dit ça? Sûrement pas quelqu’un qui les attendues depuis aussi longtemps que moi…

Démasquée!

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Quelqu’un qui m’a encore vue mitrailler les quelques fleurs des alentours du bureau m’a annoncé, comme s’il s’agissait là d’une évidence : « Tu serais heureuse dans un pays où il y a des fleurs à l’année longue, toi! » Je suis démasquée…

Pause fleurie

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Moi qui ne prends pas très souvent, pour tout dire à peu près jamais, mes pauses, en tous les cas en hiver, je me précipite dehors à chacune d’elles depuis quelques jours. On ne sait jamais ce qui peut pousser entre 8 h 45 et 10 h 30…

Je ne le regrette jamais!

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C’est toujours la même route, à peu de détours près, à moins que je n’aperçoive de loin quelque chose qui attire mon œil et ne me fasse m’engager dans un bout de rue. Quitte à ce que mes incursions en diagonale ne prennent un peu plus de temps. Je ne le regrette jamais!

Pour bien commencer ce jeudi

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Rien de mieux qu’une fleur photographiée par Denise pour bien commencer la journée…