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Ça valait la peine

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Avec tout ce qui croise mon chemin de beauté, de couleur, de tendresse et de lumière jour après jour, je me dis que finalement, même si l’hiver a été très long (Flairjoy et Denis ne me contrediront pas), ça valait la peine… Et que j’ai bien fait de prendre quelques photos ce midi : il pleut encore…

Au bout de la rue

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Décidément, les petites marches du midi sont très profitables. Je rentre toute ravie et prête à m’attaquer à mon après-midi. Avec la hâte de rentrer pour voir s’il n’y a pas deux ou trois photos réussies lors de mon expédition… au bout de la rue!

Des fleurs qui me saluent

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Je ne fais rien de spécial, je le jure. Mais elles sont partout, tous les jours, à me saluer. Je parle des fleurs, bien entendu. Les gens, eux, continuent de me regarder bizarrement.

Pour cette lumière

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Et pour vous, quelques spécimens photographiés ces derniers jours. Juste pour le mélange du jaune et de l’orange. Et pour cette lumière que ce mélange dégage.

Fenêtres de Genève

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Denise a l’œil, je vous l’ai dit. Après les fleurs, le lac, les terrasses, elle s’est mise aux fenêtres pour être certaine de bien nous séduire. Or, je suis de plus en plus convaincue qu’elle est de mèche avec l’office du tourisme de la ville. Et de plus qu’elle est sûrement pistonnée pour savoir quoi photographier.

À moins que ce soit elle qui informe les gens de l’office de tout ce qui n’est nulle part mentionné et qui mérite le détour?

La sérénade triste de Nelligan

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La lectrice d’Anthony Christian a longuement hésité. Elle sait que je possède les Poésies complètes d’Émile Nelligan et que viendra un jour où je laisserai le recueil à la disposition des lectrices du soir. Mais elle a tant aimé Nelligan que c’est un de ses poèmes qu’elle a choisi pour nous.

Sérénade triste

Comme des larmes d’or qui de mon cœur s’égouttent,
Feuilles de mes bonheurs, vous tombez toutes, toutes.

Vous tombez au jardin de rêve où je m’en vais,
Oú je vais, les cheveux au vent des jours mauvais.

Vous tombez de l’intime arbre blanc, abattues
Ça et là, n’importe où, dans l’allée aux statues.

Couleur des jours anciens, de mes robes d’enfant,
Quand les grands vents d’automne ont sonné l’olifant.

Et vous tombez toujours, mêlant vos agonies,
Vous tombez, mariant, pâles, vos harmonies.

Vous avez chu dans l’aube au sillon des chemins;
Vous pleurez de mes yeux, vous tombez de mes mains.

Comme des larmes d’or qui de mon cœur s’égouttent,
Dans mes vingt ans déserts vous tombez toutes, toutes.

Avec gourmandise

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Ils venaient de s’aimer avec toute la tendresse et tout l’amour du monde, comme on aime quand on aime vraiment. Avec tellement de douceur. Avec tellement de désir. Avec fougue. Enivrés l’un de l’autre. Tellement emmêlés qu’ils n’avaient plus fait qu’un.

Ils avaient bu de l’eau au même verre et enfilé un morceau de vêtement tout en continuant à s’enlacer, à se caresser. Dans le bonheur de l’amour.

Puis, la lectrice de Joseph Étienne Dieubéni a ouvert le recueil de poèmes. Et entre chaque poème, il a goûté sa bouche comme il avait savouré les vers. Avec gourmandise.

Le plus longtemps possible

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Comme il m’est parfois difficile de quitter ce lieu où j’écris ne serait-ce que pour quelques heures de sommeil desquelles je sors avec de nouvelles images en tête et fourmillante d’idées. Je suis si heureuse là, dans mon fouillis, les livres ouverts, avec des bouts de phrases notés dans un carnet et que je tente de développer. Si heureuse là que je n’ai pas envie de quitter ce lieu dans lequel je me sens si bien. Loin de la foule, dans le doux halo d’une lumière tamisée. Et je fais comme l’écrivaine de Jean Puy, je reste dans ma pièce le plus longtemps possible…

Quand je m’arrête pour voir les fleurs

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Je peux descendre de l’autobus simplement parce que je viens de voir par la fenêtre quelques fleurs que je dois absolument examiner de plus près. C’est comme ça.

Je ne réussis pas toujours à capter ce qu’elles dégagent, mais sur la quantité, il en reste toujours quelques-unes dignes de se tailler une place au pays de Lali. Comme celle-ci.

Des fleurs auxquelles je n’ai pu résister

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Juste des fleurs sur ma route auxquelles je n’ai pu résister… Même si elle était dans une entrée privée et que quelqu’un me regardait étrangement tandis que je lorgnais les pétales. Non, non, je n’allais pas voler ses fleurs…

J’ai fait un grand sourire et je lui ai envoyé la main avant de m’aventurer plus loin. Ce genre de choses rend les gens bouche bée. Va savoir pourquoi.