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Le coquillage rose

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Ils étaient l’un comme l’autre pétris de blessures anciennes ou récentes. De celles qui laissent des marques et avec lesquelles il faut vivre. De celles qu’on croit cicatrisées et qui s’ouvrent à nouveau, de temps en temps. De celles que l’on garde pour soi, parce que trop intimes, trop révélatrices de nos doutes et de nos failles. De celles qu’on voudrait pouvoir taire.

Ils étaient l’un comme l’autre faits de leurs propres erreurs. De leur enthousiasme qu’on avait giflé. De leur passion pour les petits détails du quotidien qu’ils savaient enjoliver comme personne, parce qu’ils savaient le poids de ces petits bonheurs, eux à qui on les avait si souvent retirés. Sans faire exprès, peut-être. Mais le résultat était le même.

Ils étaient l’un comme l’autre dans un monde qu’ils s’étaient fabriqué de toutes pièces. Pour avoir moins mal. Pour rêver encore un peu. Et parfois, ça marchait. Et même plus, ça pouvait durer des jours ou des semaines avant que quelqu’un, innocemment ou sciemment, ils n’en étaient jamais certains, sortent une aiguille pour percer le ballon qu’ils tenaient à la main.

Ils étaient l’un comme l’autre des enfants qui marchent dans la vie sans penser à demain, des enfants à qui on n’aurait pas appris le calcul mais juste la poésie.

Leurs mains se sont frôlées en voulant ramasser le même coquillage. Quelqu’un raconte même que celui-ci serait enfoui quelque part. Qu’ils l’appellent « notre coquillage ». Mais nul ne sait où et on dit tant de choses.

On sait seulement qu’ils se sont trouvés. Qu’ils ne sont plus seuls. Qu’ils ne seront plus jamais seuls. Qu’ils sont entrés dans une toile de Josephine Ain Chuey et que tout ce qu’ils portaient, tout ce qu’ils portent encore de blessures anciennes ou récentes, font un peu moins mal, parce qu’ils sont deux à les partager. Et que même si d’autres tenteront toujours de mettre du gris là où il y a du rose, par maladresse ou en toute connaissance de cause, ils seront dans un ciel qui aura le rose d’un coquillage dissimulé dans le sable.

Ça durerait des heures ou toute la vie

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Elle serait assise pas loin. Elle viendrait de temps en temps lire par-dessus son épaule et caresser sa nuque. Et puis aussi ses épaules en se collant à son dos. Puis, elle repartirait s’asseoir là, sur le sofa, avec un livre. Et ça durerait des heures ou toute la vie. Et elle serait heureuse que ce soit ainsi. Que l’écrivain de Gordon Binder soit son paysage et qu’elle soit à jamais la première à le lire. Et qu’ils aillent ensemble dormir, serrés l’un contre l’autre dans l’amour et la complicité.

On ne peut pas tout avoir

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Et dire qu’il y a des gens qui roulent en voiture et qui ne voient rien de tout ce que je vois… Ah, ils ne se font pas piquer par les taons en approchant les fleurs de trop près? On ne peut pas tout avoir. Ils ont l’air climatisé et moi j’ai les fleurs et la piqûre.

Du rêve signé Géraldine

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Ne me dites pas que vous ne rêvez pas en regardant ces photos prises par Géraldine dans les Alpes, je ne vous croira pas. Pas une seconde… Puisque moi, ça me fait rêver!

Sage conseil, je le répète

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Je le redis, sage conseil que celui de Denise. Imaginez le pire. Je ne l’aurais pas écoutée, j’aurais raté ce merveilleux spécimen. Je m’en mordrais les doigts jusqu’à la fin de mes jours, c’est certain!

Ce que mots vous inspirent 39

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L’amour, ce n’est pas faire des choses extraordinaires, héroïques, mais de faire des choses ordinaires avec tendresse. [Jean Vanier]

La lectrice de George Morland est un peu songeuse. Elle est par hasard tombée sur cette phrase avec laquelle elle est assez d’accord, mais elle se demande si elle est la seule à l’être. C’est pourquoi elle a cogné à ma porte afin que je la dépose ici. Pour avoir vos impressions. Pour ce que mots vous inspirent.

Et la phrase restera là une semaine. Le temps que vous y songiez. Que vous puissiez écrire sans pression. Et mercredi prochain, nous saurons si celle-ci a été source de mots ou pas…

Denise suit ses propres conseils

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Il semblerait que Denise suive ses propre conseils. En effet, elle a attaché son appareil photo à son poignet pour qu’il la suive partout. Bonne idée, je trouve!

Où qu’il soit, où que je puisse être

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Il sait toujours où me trouver et je sais toujours où il est. Et où qu’il soit, il est avec moi, et où que je puisse être, il m’accompagne. Dans mes rêves, comme dans ce champ désert où la lectrice de Valentin Luydvik tourne les pages. Dans cette ville que je ne connais que par ses yeux ou dans celle où il a laissé ses pas. Dans le jour qui se lève comme dans la nuit aux mille étoiles.

« Deux étions et n’avions qu’un cœur », a écrit François Villon.

Le poème d’Alphonse Beauregard

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On lui avait parlé des trésors de la poésie québécoise. On lui avait vanté les auteurs, des plus connus aux oubliés. Mais la lectrice de Miriam Cojocaru ne pouvait imaginer dans quel univers elle allait plonger. À quel point elle serait ému. Par les vers des poètes. Par un d’Alphonse Beauregard, en particulier.

Marine

L’eau terne enserre les dragues
Dans un bassin de mercure
Où nage, sombre teinture,
La fumée aux gestes vagues.

Régulière, la fumée
Cherche à tâtons le ciel morne,
S’arrête et crée une borne.
C’est ma vue accoutumée.

Les pinces des dragues plongent,
Avec un bruit diabolique,
Dans le bassin métallique
Qu’incessamment elles rongent.

Fleuve et ciel sont uniformes.
C’est à perdre l’équilibre
Et voir dans l’espace libre
Creuser les engins énormes
.

Clin d’œil à François Truffaut

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« Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie », a-t-il fait dire à Charles Denner dans L’homme qui aimait les femmes.

« Pendant longtemps, je croyais qu’il se passait des choses extraordinaires sous les jupes des femmes », a-t-il fait dire à Gérard Depardieu dans La femme d’à côté.

François Truffaut aurait, je crois, beaucoup aimé les lectrices de Remzi.