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En attendant l’heure des couleurs

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Les tubes sont posés sur la table, ce qui peut laisser supposer qu’elle les touchera plus tard. Qu’ils seront là, quand l’heure viendra. Quand l’heure ne sera plus celle des mots, mais des couleurs. Peut-être nés d’une phrase lue. Peut-être pas. On sait seulement que les tubes sont posés là et que la lectrice de Michelle Ranta tourne les pages.

Des roses pour Monique

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Et même si elle ne me lit jamais, parce qu’elle trouve qu’elle passe suffisamment de temps par jour devant un écran d’ordinateur pour son travail et que le soir venu pas question d’allumer, je sais qu’elle m’aime. Et que je l’aime. Et que nous nous aimerons toujours. Pas par obligation, mais par choix.

Et je sais aussi que je ne l’échangerais contre aucune autre, même si nous sommes totalement différentes l’une de l’autre.

Et comme elle est une rose dans mon jardin, je voudrais en ce jour lui offrir les roses de Denise. Pour souligner SON jour, celui de l’année où est soulignée l’arrivée dans ma vie de celle qui est toujours là pour moi. Ma sœur.

Quelques vers d’Eugénio 7

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La lectrice du peintre belge Pol Ledent savait. Elle savait que les mots du poète portugais Eugénio de Andrade la toucheraient, qu’ils se poseraient à même sa peau comme une caresse de la nuit, furtivement, pour ne pas réveiller l’autre qui dort contre soi, mais le toucher. Elle sacait, oui elle savait. Elle savait qu’il suffirait de quelques vers.

Comme ce regard qui prolonge la main
les choses qui font notre joie
brillent
sous un soleil au corps toujours tendre.

Ne lui reste que celle-ci

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C’est toujours à la même phrase qu’elle revient. Comme s’il n’y en avait qu’une seule. Une seule qui fasse sens, qui ait un sens pour elle. Si bien que la lectrice de Félix Vallotton n’a souvenir d’aucune autre. Ne lui reste que celle-ci. Toujours et encore. Au delà des heures et des années.

Les petites écolières

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Comme elles semblent heureuses, les petites écolières peintes par Harry John Pearson. Voilà des semaines, voire des mois, qu’elles attendaient ces jours où elles pourraient à nouveau s’installer dehors pour étudier et faire leurs devoirs.

Et moi, je regarde autour. Je vois des cours, je vois des tables. Et aucune scène de ce genre. Et soudain, ça me revient. Les enfants n’ont plus de devoir de nos jours. Ils doivent être devant la télé ou en train de combattre le monstre d’un jeu vidéo.

Le livre ou le paysage?

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Le livre ou le paysage? La lectrice de Claire B. Cotts n’est pas certaine, si bien que le livre est ouvert et son regard est sur quelques bosquets.

Le livre ou le paysage? Les deux. Bien entendu.

Exactement ce qu’il faut pour un lundi parfait

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Et si nous commencions la semaine par du rose? Si cela aidait à voir la vie en rose? Allez, osons. Denise nous a préparé exactement ce qu’il faut pour un lundi parfait.

Des mots qui ont tout du beige

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A-t-elle cru à tort que c’était du rose pour en avoir ainsi couvert son univers? A-t-elle cru à tort que c’était du rose pour que plus aucune tache de gris n’apparaisse dans ses jours? A-t-elle cru à tort que c’était du rose, la lectrice de Robert Ernest McEune, qui vient de lire des mots qui ont tout du beige?

Elle voudrait tant que oui

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Des mots d’amour seront-ils suffisants? Des mots comme « Je suis là » ou « Prends ma main »? Les seuls mots qui viennent à ses lèvres, alors que le lecteur de Pierre-Auguste Renoir, lui qui avait tant à dire, qui a tant à écrire, s’est muré dans le silence. Parce que ses mots n’ont pas touché quiconque ou si peu de gens. Alors qu’il aurait voulu un autre accueil pour ces mots qui lui avaient demandé tant d’énergie, qui l’avaient vidé de celle qui lui restait et qui avaient même grugé ses heures de sommeil. Ces mots qui l’avaient tant touchée, elle.

Des mots d’anour seront-ils suffisants? Elle voudrait tant que oui.

Quelques vers d’Eugénio 6

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Le poids de l’ombre d’Eugénio de Andrade l’attendait. Et c’est avec beaucoup de tendresse que la lectrice de Vincenzo La Bella a d’abord caressé la couverture. Comme elle aurait caressé la nuque de l’homme aimé. Et les mots sont venus à elle. Des mots qui la soulèvent. Des mots qui disent :

Jeune est la main sur le papier
ou sur la terre!
Jeune et pariente : quand elle écrit
et quand au soleil
elle se transforme en caresse.