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Des livres dans toutes les pièces

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Il y a des livres dans toutes les pièces, des livres qu’elle ne lit que dans ce fauteuil-là, des livres qu’elle lit en buvant du thé, des livres qui lui demandent d’être dans la bibliothèque parce qu’il lui faudra chercher dans des dictionnaires et des encyclopédies.

Il y a des livres dans toutes les pièces. Des livres qui attendent la lectrice de Stephanie Noble, assise à la fenêtre, avec l’un de ceux qu’on ne peut lire que près de la fenêtre.

Bancs invitants

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Ils donnent envie de prendre le premier avion et de partir pour Genève tant ils sont invitants. Surtout que Denise, qui les a si joliment photographiés, nous attend sûrement sur l’un deux.

Aucun mot ne viendra

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Depuis des mois, elle se nourrit de sa présence, des histoires qu’il lui raconte, de son sourire et de ses éclats de rire. Depuis des mois, elle partage son émerveillement devant les petites choses de la vie et ses coups de cœur comme ses coups de gueule. Depuis des mois, il se nourrit lui aussi de ses mots à elle, il s’abreuve à son sourire. ¸

Il leur arrive de n’avoir pas les mots, de se heurter malgré eux. Et chaque fois, il annonce qu’elle serait mieux sans lui. Mais il n’est pas elle. Et elle sait que sans lui, elle ne sera pas bien, que ses mots n’auront plus de saveur, que même elle n’aura plus envie de mots.

Depuis des mois, celle qui n’était pas ou alors en devenir improbable, itinérante dans une vie en zigzags, s’est épanouie parce qu’il a su voir en elle ce que personne n’avait vu avant. Et le jour où il la laissera errer à nouveau, sans lui, même si elle ne peut, ne veut imaginer ce jour, l’écrivaine de Michael Ajerman ouvrira son carnet et plus aucun mot ne viendra.

Perdue

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Les premières lueurs du jour entrent dans la pièce. Et elle les regarde, songeuse.

Un nouveau jour efface-t-il les erreurs de la veille? Ses débordements? Ses peurs? Un nouveau jour annonce-t-il des bras qui s’ouvrent ou le vide et le manque sont-ils ceux avec qui elle devra vivre désormais?

Elle regarde les premières lueurs du jour. La lectrice d’Elena Arcangeli se sent perdue.

À l’heure où…

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Le néant n’est point si terrible que cet état désolant de vivre sans ce qu’on aime.
[Nicolas de Malebranche]

À l’heure où j’aurai l’âge de la lectrice d’Evgeny et Lydia Baranov, à l’heure où j’ouvrirai ce livre que j’ouvre ce soir, où peut-être il ne me restera que ces pages dans lesquelles je plonge, cette phrase qui me vient ce soir jaillira-t-elle à nouveau ou se sera-t-elle effacée de ma mémoire?