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Anecdotes de libraire 10

helen frank

J’avais 19 ans. Je faisais mes premiers pas dans le monde du livre. La librairie était minuscule, un vrai mouchoir de poche. Il y avait des livres jusqu’au plafond, parfois dans tous les sens tellement l’espace était restreint. Et de plus, le mari de la propriétaire était éditeur et bien entendu, nous avions sur les rayons tous ses livres et plusieurs exemplaires de chacun d’entre eux. Pas qu’ils se vendaient comme des pains chauds, loin de là, mais une librairie avec beaucoup de livres, c’est tout de même plus invitant que des rayons dégarnis.

C’était aussi ma première année à l’université. Je connaissais les grands auteurs, déjà. Plus de nombreux autres, il va sans dire. Et je connaissais de la poésie québécoise les grandes lignes, les mouvements littéraires, les auteurs majeurs. Assez pour me débrouiller sans avoir l’air tout à fait inculte.

Ce n’est pas sur les bancs des salles de cours et des auditoriums que j’ai développé mon goût pour celle-ci. Elle ne s’enseignait pas, tout simplement. C’est dans cette petite librairie excentrée, dans une banlieue-dortoir, qu’elle est venue à moi.

Je ne remercierai jamais assez celui qui m’a guidée. Celui qui, chaque jeudi, venait voir les nouveaux titres parus chez les éditeurs de poésie et qui achetait tout. Non sans me parler de chacun de ceux qui publiaient régulièrement et que je ne connaissais pas encore. Non sans me parler des voix nouvelles. Et avant qu’il n’arrive, à la même heure chaque semaine, je me précipitais sur les titres, les examinais, tournais les pages, lisais quelques vers.

Le professeur de français à la retraite qu’il était avait trouvé en moi une nouvelle élève. Passionnée et avide. Et dès le lundi, j’attendais impatiemment le jeudi. J’allais connaître l’émerveillement propre aux enfants dans un magasin de bonbons.

*dessin d’Helen Frank

En rêvant à l’Auvergne

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Y a-t-il meilleure façon de commencer la journée autrement qu’en rêvant? Et en rêvant plus particulièrement à l’Auvergne, à Champeix, aux ruines de son château féodal et à sa chapelle Saint-Jean? Je crois que Géraldine mérite de grosses bises pour nous faire rêver autant avec ses photos, non?

Le recueil 2

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Elle a ouvert Épeler le jour de Rosa Alice Branco, à la même heure que la veille, comme elle se le promettait. Pour terminer la journée avec des vers où elle se retrouve, où d’autres sûrement se reconnaîtront. Et la lectrice de Funsonghi a laissé le livre en évidence. Pour nous. Pour vous.

Comment dire le temps? Le montrer en suspens dans le geste de tes mains, le timbre de ta voix,
versant le mystère dans nos vies, sur les marches
qui font déferler la douleur dans tes genoux
et d’autres plaies que le temps lécha
quand nous nous asseyions sur les ultimes marches :
le paradis à portée du paradis.

L’ailleurs de Marcel

gutorov

Mon ami Marcel, qui avait de commun avec l’écrivain esquissé par Ivan Gutorov la moustache et l’écriture, ne sera jamais vieux. Il aura toujours quarante-deux ans, l’âge qu’il avait en février 1993 quand le sida l’a emporté.

Il reste de lui quelques livres, puisque c’est à moi qu’on a remis tous les exemplaires restants de tous ses recueils, vestiges d’une époque où on tapait à la machine ses textes, qu’on les photocopiait et qu’on les brochait en guise d’auto-édition. Quelques livres et des souvenirs. Et sa voix lors de soirées de poésie où il s’amusait avec les mots, activité qu’il aimait entre toutes plus particulièrement. Voire passionnément.

Quelque part

Je voulus aller ailleurs
et je m’y suis rendu

Et cet ailleurs est devenu ici

Je n’avais pourtant
ni mon chemin perdu
ni commis nulle erreur

Et l’ici d’où je suis parti
est maintenant ailleurs,
là où je voulais aller
en partant
justement

Justement,
en partant
j’ai perdu mon ailleurs ici,
ici que je croyais ailleurs d’ailleurs,
ailleurs que je croyais ici
mais qui était ailleurs

J’aurais dû rester
puisque j’y étais ailleurs
ailleurs qu’ici
lorsqu’ici était ailleurs
et qu’ailleurs était là-bas
dans l’ici d’où je suis issu

Alors, dois-je pourrir ici
puisqu’ailleurs est une utopie

Par ailleurs,
puisqu’ailleurs n’est pas plus ici
qu’ici n’est ailleurs,
je chercherai là-bas,
qui est ailleurs
et qui deviendra ici
lorsque j’y serai
et qu’ici sera là-bas
justement où je voudrais aller.

(Marcel Rivard, Ainsi que…, Les éditions En chacun, 1984)

J’ai allumé la lampe

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La lumière doucement s’éteint. Elle sera bientôt imperceptible. Et tant qu’il y aura encore ne serait-ce qu’un filet de lueur, la lectrice de Neal Hughes restera là, pieds nus, livre ouvert, presque sans bouger. On entendra peut-être le froissement des pages, le vol d’un oiseau au loin.

Puis quelques pas feutrés. « Viens lire dans mes bras, j’ai allumé la lampe. »

Se faire une raison

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Elle s’est assise dans son décor et a ouvert un livre. Mais elle ne lit pas. Elle tente de se faire une raison. Et se faire une raison quand on cherche les raisons lui semble une tâche bien compliquée. D’ailleurs, elle a toujours trouvé curieux cette idée de se faire une raison là où aucune raison ne lui semble valable. Parce que personne n’a raison dans toute cette histoire. Alors, pourquoi s’en faire une? Et la lectrice peinte par André Deymonaz reste là, songeuse. « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. » (Blaise Pascal)

Les tulipes de Denise

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Denise aurait-elle senti que mon ciel bleu était en train de dipsraître sous du blanc pour me combler ainsi avec des tulipes éclatantes? Peut-être. Mais probablement encore davantage avait-elle envie de faire plaisir à tous…

Les dimanches sont café et pains au chocolat

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Les dimanches sont bonheur, les dimanches sont gourmandise, les dimanches sont café et pains et chocolat. Du moins, ce dimanche!

Y a-t-il des livres pour le printemps?

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Y a-t-il des livres spécialement faits pour le printemps et sa la lumière changeante du jour? Y a-t-il des livres qui sentent le printemps quand on les ouvre, de telle sorte qu’on ne peut les quitter qu’avec le sourire? Y a-t-il des livres qui s’ouvrent comme des pétales alors que la saison toute neuve s’empresse de nous pousser dehors pour lire? Peut-être pour cela, faudrait-il demander à la lectrice peinte par Maryon

En vos mots 54

pal fried

La lectrice de Pal Fried ne peut que nous inspirer. Nous avons tous un jour acheté un livre sur les quais. Ou alors nous avons rêvé des bouquinistes.

C’est donc avec plaisir que je vous l’offre. Pour qu’en vos mots vous nous parliez d’elle. Ou de vous. Ou de votre rencontre avec elle. Imaginaire ou réelle. Pour qu’en vos mots vous nous parliez d’un livre un jour acheté sur les quais.

Pour le plaisir du partage. Pour l’aventure qui se poursuit de dimanche en dimanche, alors que nous entreprenons la deuxième année de ce voyage au pays de votre imagination.

À dimanche prochain!