
Y a-t-il un jour où sait qu’on possède trop de livres, des livres qu’on ne touchera plus même pas du regard? Ponctuellement, je me fais cette réflexion. Régulièrement, je retire des livres que je mets dans une pièce. Parce que je n’ai plus de place, parce qu’il y en a trop. Parce que les livres doivent circuler et faire le bonheur des autres, maintenant qu’ils ont vécu un peu avec moi.
De temps en temps, j’en vends. J’en donne. Et surtout, j’en achète, j’en emprunte. Perpétuel mouvement que celui des livres qui vont et viennent.
Ai-je vraiment besoin de quatorze biographies de Colette? Je n’écrirai jamais la pièce que je voulais écrire autour du personnage. Est-ce nécessaire de conserver tous ces essais sur le théâtre alors qu’ils feraient probablement la joie d’étudiants du Conservatoire ou de l’École nationale de théâtre? Vaut-il la peine de conserver des tablettes entières de romans policiers que je ne relirai jamais?
Les livres s’empilent, ils sont partout. Pas envahissants, mais grugeant de l’espace qui pourraient servir à d’autres. Et cette idée qui revient souvent de ne vivre qu’avec l’essentiel. Quelques livres, des musiques emmagasinées sur un disque dur ou deux, de quoi écrire, mon ordinateur. Si peu, en fait.
Pour vivre un jour dans plus petit. Pour ne pas porter continuellement sur mes épaules ce qui me retient d’aller étudier ailleurs un temps ou de demander une bourse d’écriture à l’étranger. Pour ne pas engloutir la moitié de mon salaire dans un appartement trop grand encombré de livres que je ne lirai pas. Car j’ai parfois l’impression de vivre dans une toile de Jean-Charles Cazin.
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