Est-ce le hasard qui lui a fait choisir ce livre plutôt qu’un autre? Est-ce le titre? Ou bien l’intuition? La curiosité? Le poème lu pour lequel elle a eu le coup de foudre? La lectrice peinte par André Derain n’est pas en mesure de dire laquelle de ces raisons a guidé son choix, ni pourquoi elle est partie avec Épeler le jour de Rosa Alice Branco sous le bras. Elle sait seulement que pendant quelques jours, juste avant minuit, elle lira un des textes et qu’elle laissera le recueil ouvert ici. Pour que les mots touchent autre qu’elle.
Je regarde par la fenêtre et ne vois pas la mer.
Les mouettes volent ça et là et l’herbe sèche sur l’étendoir.
Le lendemain très tôt, la mer n’est pas encore arrivée. Sont arrivés le pain, le feu et le journal. La salive avec laquelle je vais te dire bonjour.
Les mots sont les premiers à venir. Ce qui en reste adoucit le papier. Du pain chaud, le sommeil d’hier et les rêves d’aujourd’hui. Le jour se préapre, les pas du va-et-vient. J’approche de plus en plus. Tu me regardes comme si tu savais ce que plus tard je dois savoir.









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