Il s’est assis dans le fauteuil bien avant l’heure. Ce petit rituel de lecture qui s’est installé depuis qu’elle a commencé il y a quatre jours semble lui plaire autant que sa nuque. Si bien que la lectrice de Josip Crnobori a repris le numéro d’Estuaire, impatiente de lui livrer un autre texte qu’elle aime.
Juillet 2001
Les rues ne me quittaient pas, cinq jours et cinq nuits d’une attente errante et crue. Puis ton sourire est réapparu à la terrasse du Verschueren. Soudainement aujourd’hui est là depuis toujours.
Toi, chez toi, debout à la fenêtre, la beauté du vertige est un léger froissement. Je t’ai soulevée, ton corps plus léger que ta robe.
Un corps ne vit que s’il glisse entre les doigts, plus il nous appartient, plus il doit s’apprivoiser. Et les doigts reviennent, ils exorcisent les cavernes du cœur.
Sables et neiges sont ton nom. Entre deux vagues, je te retrouve entière. Et déjà ailleurs. La sueur est une couleur de la terre.
Tant de cris blottis dans les replis, ils boivent aux moindres fossés. Mes mains naissent et tes seins les apaisent. Serait-ce un corps d’oiseau?
Nous ratissons les herbes hautes, entre pierres et coquillages, fourrures et écailles, nous trouvons l’âge des premiers jeux.
Une odeur éclipse tous les chemins. Elle avale les distances, cette vitesse du souffle réduit la lumière en poussières. Bleues. Nos icônes suintent de bonheur.
L’immobilité est sans lendemain. Des déserts remuent sur la peau, j’entends tous les petits pas du sommeil. Nos corps se plaisent loin de nos mots.
L’aube nous abrite mais de quoi? Le ciel a une saveur au-dessus des toits de Bruxelles. Notre nudité ne tient qu’à un fil. Nous recommencerons.







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