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La lectrice aux poissons rouges

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Si comme la lectrice de Lovis Corinth, vous avez un faible pour les poissons rouges et tout ce qu’ils peuvent inspirer, je vous invite à aller faire un tour chez Caroline de Fenêtres sur la cour. Par contre, ne laissez pas approcher votre chat de l’écran, on ne sait jamais!

Ça fait rêver, non?

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Pour aider un peu la nature à bouger, même si deux de mes collègues m’ont assuré avoir vu des bourgeons sur notre chemin alors que nous sommes sorties nous chercher un café de l’autre côté de la rue hier après-midi, je vais déposer tous les jours quelques photos où la nature est plus éveillée qu’ici grâce aux bons soins de mes complices. C’est à Géraldine que nous devons les fleurs de cognassier du jour. Ça fait rêver, non?

La millième nouvelle lecture

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Les mots sont-ils plus doux quand on les lit au jardin, ou plutôt quand on les lit et relit jusqu’à s’en imprégner? Les mots sont-ils plus doux quand on ne tente pas de les retenir mais qu’on les laisse nous étonner comme si on les lisait chaque fois pour la première fois? Je crois que la lectrice de Richard Creifelds sait la réponse, mais je préfère la laisser à la douceur de sa millième nouvelle lecture.

Le recueil 4

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La dernière phrase lue, la lectrice peinte par Isaac Israëls s’est endormie. Paisible. J’ai fait de mon mieux pour ne pas la réveiller. Il me fallait moi aussi lire l’extrait d’Épeler le jour.

Nous avons épelé l’amour en toutes petites lettres d’une langue inventée. Les mouettes le savent. La mer le sait.
Il était une fois. Ainsi la nuit te bordait
et m’enroulait dans tes yeux pour trouver
la lumière. Je marche sans mémoire.

Petite invitation

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Ça commence aujourd’hui, mais vous pourrez rencontrer l’artiste Viviane Douek en fin de semaine. Petite invitation pour ceux qui sont dans le coin et qui aiment les artistes!

J’avais envie de jaune

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Du jaune! J’avais envie de jaune. Comme ça. Pour rien. Ou alors pour la lumière qui se dégage de cette couleur. Et comme Denise me gâte régulièrement en m’envoyant quelques photos, voici un peu de jaune de sa part pour égayer notre journée!

Trop de livres

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Y a-t-il un jour où sait qu’on possède trop de livres, des livres qu’on ne touchera plus même pas du regard? Ponctuellement, je me fais cette réflexion. Régulièrement, je retire des livres que je mets dans une pièce. Parce que je n’ai plus de place, parce qu’il y en a trop. Parce que les livres doivent circuler et faire le bonheur des autres, maintenant qu’ils ont vécu un peu avec moi.

De temps en temps, j’en vends. J’en donne. Et surtout, j’en achète, j’en emprunte. Perpétuel mouvement que celui des livres qui vont et viennent.

Ai-je vraiment besoin de quatorze biographies de Colette? Je n’écrirai jamais la pièce que je voulais écrire autour du personnage. Est-ce nécessaire de conserver tous ces essais sur le théâtre alors qu’ils feraient probablement la joie d’étudiants du Conservatoire ou de l’École nationale de théâtre? Vaut-il la peine de conserver des tablettes entières de romans policiers que je ne relirai jamais?

Les livres s’empilent, ils sont partout. Pas envahissants, mais grugeant de l’espace qui pourraient servir à d’autres. Et cette idée qui revient souvent de ne vivre qu’avec l’essentiel. Quelques livres, des musiques emmagasinées sur un disque dur ou deux, de quoi écrire, mon ordinateur. Si peu, en fait.

Pour vivre un jour dans plus petit. Pour ne pas porter continuellement sur mes épaules ce qui me retient d’aller étudier ailleurs un temps ou de demander une bourse d’écriture à l’étranger. Pour ne pas engloutir la moitié de mon salaire dans un appartement trop grand encombré de livres que je ne lirai pas. Car j’ai parfois l’impression de vivre dans une toile de Jean-Charles Cazin.

Le recueil 3

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Comme lui a semblé longue la soirée. Elle avait si hâte d’aller à nouveau au hasard des pages du recueil de Rosa Alice Branco, Épeler le jour. Comme on va parfois à soi en ne sachant pas ce qu’on va trouver. Sinon des mots. Des mots qui ont touché la lectrice de Frank Townsend Hutchens. Des mots qu’elle a déposés ici.

Nous nous couchons dans le lit défait.
Une pile de vêtements s’effondre. L’été par terre.
Amour le soir dans la vie en désordre,
les choses à moitié faites. Même le silence est
en désordre. J’aime cette scène.
Il y a en elle une vérité qui m’échappe.

Jusqu’à ce que le passage arrive à nos yeux

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Dans un parc qui n’attendait qu’elle, la lectrice de Patricia Espir a ouvert un de ces livres oubliés qu’on tire des rayons par hasard. Parce qu’on sait qu’ils ont quelque chose à nous dire. Sans savoir quoi. Jusqu’à ce que le passage arrive à nos yeux.

… Tout à coup, la voix d’un huard. Ils s’immobilisent au milieu du lac.
C’est une plainte, c’est une modulation elfique, c’est un cri animal d’une terrassante beauté. Il sont là, au milieu de tout ça, le feu qui danse sur la grève la lune le lac engourdi par la nuit, le chant du huard, leurs doigts qui se cherchent et s’étreignent, ils ont envie de pleurer tellement cet amour est un état de grâce qui ne peut pas ne pas durer toujours.

(extrait de Léa et Paul, par exemple, de Monique Proulx, in Aimer, recueil de nouvelles)

Qu’il me tarde…

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Qu’il me tarde de voir des lectrices assises par terre parce que le temps le permet. Qu’il me tarde de croiser une lectrice comme celle qu’a photographiée Armando il y a quelque temps et qui attendait le printemps pour venir s’asseoir au pays de Lali.