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Les choses n’ont pas de signification

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Les choses n’ont pas de signification : elles ont une existence.[ Fernando Pessoa ]

Et là, dans le parc, dans le matin qui se déploie, la lectrice de Georgina Allen médite la phrase de Pessoa. Incertaine d’en saisir totue la portée, elle qui a toujours voulu trouver un sens à toute chose. Elle qui s’attache à des signes qui n’en sont peut-être pas. Elle qui cherche des explications où il n’y en a pas toujours.

Et la phrase reste là. Accrochée à un nuage. La phrase devient une chose. Elle a une existence.

Vivement que je devienne cette lectrice!

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C’est à Armando qu’on doit ce doublé : lectrice et fleurs dans la même photo. Vivement que je devienne cette lectrice! Oui, vivement!

Le recueil 6

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Elle ne sait pas pourquoi, mais elle a toujours aimé lire de la poésie allongée. Et particulièrement le recueil de Rosa Alice Branco qui l’emmène ailleurs et en même temps près d’elle-même, de ses propres mots, de ses propres rêves. La lectrice de Joyce Kamikura ignorait à quel point les mots allaient faire leur chemin au delà des mots.

Ton cœur
dort avec moi. Il borde mes nuits
et les matins sont froids quand je me lève.
Et je demande toujours où tu es et pourquoi
les rues ont cessé d’être des fleuves. Parfois
une goutte d’eau tombe par terre
comme si c’était une larme. Parfois
il n’y a pas assez de terre pour la sécher.

Ces mots qui ouvrent au monde des sens

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Il l’emporte partout avec lui depuis quelques jours. L’ouvre comme au hasard, laisse les mots aller jusqu’à lui sans savoir ce qu’ils lui apprendront, sans avoir la moindre idée des réflexions qu’ils feront germer, sans savoir rien de tout cela. Pour le bonheur des mots et des images. Pour ces Versants du regard que le poète Eugénio de Andrade suggèrent. Et qui ouvrent le lecteur peint par Honoré Daumier au monde des sens.

Avec le matin

On vient du côté du fleuve, les mains plus que fraîches, quelques gouttes d’eau encore prises aux cheveux. Avec le matin surgit l’anonyme respiration du monde. Une odeur de pain frais envahit la cour entière. On vient du côté du fleuve : pour être porté à la bouche, ou au poème.

Pour inspirer la nature à bouger

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C’est avec des photos de Denise que je vais tenter aujourd’hui d’inspirer la nature à bouger un peu… Peut-être écoutera-t-elle mon appel et verrai-je dans peu un crocus ou deux poindre le nez sur mon chemin?

Prendre sa place

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Pourquoi chaque fois qu’il est impossible de traîner un peu en peignoir et de prendre mon temps est-ce un jour où j’en ai envie? Pourquoi chaque fois qu’un tableau me fait envie ne puis-je tout simplement pas entrer dedans?

Si nous avions la possibilité de faire un tel échange, la lectrice de Nora Heysen me laisserait-elle prendre sa place tandis qu’elle prendrait la mienne quelques heures?

La chemise

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Elle lisait. Quelques sonnets. Des sonnets d’une pureté incomparable. D’une pureté qu’on ne trouve que rarement. Et parfois, et encore plus rarement, dans l’amour.

Elle lisait, avec pour tout vêtement cette ample chemise qui n’est pas la sienne et qui porte l’odeur de celui qu’elle aime. Et quelques mots sont arrivés. Des mots aussi purs que ceux qu’elle lisait.

Et la lectrice de Claire Mesnil s’est enroulée dans les mots comme elle s’était enveloppée du vêtement. Il n’y a pas d’amour plus pur que le leur.

Le recueil 5

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Le livre attendait l’heure. Elle attendait le livre. Comme autant de morceaux d’une vie. Parce qu’il faut un jour ou l’autre Épeler le jour, comme on égrène un chapelet pour se souvenir des grains de sable de l’enfance. Et la lectrice peinte par Kalman a repris le recueil de Rosa Alice Branco, celui qui parle de la mère et de la mer. Et des mouettes dont les syllabes se perdent dans le vent et l’a laissé ouvert pour nous.

J’ai de la colère dans mes cheveux. Hors de moi.
Je ne voulais pas épeler ainsi la nuit.
Je demande la douceur d’autres jours. Ta main
calmant mes tempêtes.
Dormir sur ton oreiller. Ta peau
murmurant tout bas une histoire
d’amour. Je demande une goutte de force
pour le chemin. Ouvrir les poches
aux possibles. Je prie que tu ne m’entendes pas,
qur tu ne voies pas mes ténèbres. Je commencerai
tout doucement l’alphabet dans les cheveux.
Ma pluie traverse la rue.
Elle efface la trace du premier vers.

Une aventure d’abord catalane

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C’est aujourd’hui la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, et presque partout où cette journée est soulignée, une rose est offerte à l’achat d’un livre.

En Suisse, la journée est placée sous le thème Lire c’est voyager; au Québec, sous La diffusion, les voies de l’imaginaire. Et Amsterdam devient à partir d’aujourd’hui et pour un an la Capitale mondiale du livre 2008 après, entre autres, Madrid, Anvers, Montréal et Turin.

S’il est une journée pour acheter un livre cette semaine, c’est bien aujourd’hui, je crois…

Ce que mots vous inspirent 26

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Quelqu’un qui ne laisse pas la réalité déranger ses rêves est un sage.
[ Christiane Singer ]

Allongée pour l’éternité, la lectrice de Marja Van Riel Beelden rêve. À quoi? À qui? Peut-être le savez-vous? Ou peut-être pense-t-elle à cette phrase de Christiane Singer qu’elle m’a soufflée à l’oreille pour Ce que mots vous inspirent?

Comme chaque mercredi, une phrase est déposée ici. Pour ce que mots vous inspirent. Pour qu’à partir de celle-ci vous puissiez aller dans la direction qui vous sied. Sans règles.

Mercredi prochain et pas avant, nous saurons si la sculpture ou la citation vous auront inspiré quelques mots. Ou un rêve…