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Nous avons des chaussures à user

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Je la regardais lire au salon le guide sur Montréal que je lui avais prêté. Il y avait chez Juliette quelque chose de la lectrice peintre par Miriam Briks. Du bonheur. La jeunesse. La soif de découvrir et d’apprendre. La curiosité et le ravissement. Un peu tout ça. Et juste à la regarder plongée dans le guide, j’ai su que la petite Champenoise envoyée par mon ami Olivier allait me plaire, que nous allions bien nous entendre.

Il y a comme ça des choses qui ne s’expliquent pas, qu’on sait d’instinct. Les heures suivantes dans Montréal allaient nous le prouver. Son sourire aussi. Nous n’avons 25 ans d’écart que sur papier. Et demain, à nous Montréal. Nous avons des chaussures à user.

Enlevez à un papillon ses ailes…

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Enlevez à un papillon ses ailes et il redeviendra chenille. C’est ce qui arrive à ceux et celles qui vivent des mésaventures avec leur blog. Je pense à deux amies qui ont vu leur « bébé » disparaître du jour au lendemain après deux années de travail. Sans aucune explication ou sinon, à tout le moins vaseuse. Je pense à cette fois où le pays de Lali a été piraté, probablement par défi ou par pari et qui, par chance, a pu retrouver ses ailes. Je pense à ces semaines, comme celle qui se termine, où les spams se multiplient plus vite que les lapins et qui pourraient faire qu’on ne puisse déceler au milieu de la masse de parasites, un joli et gentil commentaire, dans l’urgence de détruire la vermine et d’ajouter de nouveaux mots dans ceux bannis et proscrits.

Et je pense encore plus à celui qui ne peut accéder à son blog. Qui attend des heures et des heures. Sans savoir. Qui espère et puis rien. Qui désespère et qui se ronge les sangs. Il y a des attentes insupportables. Et qui minent d’une telle façon qu’on sent ses ailes fondre comme celles d’Icare. Comme si cette possibilité de pouvoir s’exprimer avait tout du voyage vers le soleil.

Je pense à celui, à ceux, en standby. Inquiets. Désoeuvrés. En manque. Qui voudraient bien un signe, une raison, un délai. Pas juste une histoire de réseaux que seuls certains initiés sont à même de comprendre.

Je pense à quelqu’un qui se reconnaîtra. Que certains connaissent. Je sais que là-bas, devant ce message qui dit que SA page ne peut être affichée, il tourne en rond comme un lion en cage. Vivement qu’on lui redonne ses ailes.

Une forme de saudade omniprésente

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Et probablement qu’il y aura toujours en elle, en moi, ce besoin de trouver refuge dans les les livres parce que quelque chose manque inéluctablement à sa vie, à la mienne. Et peut-être que certains jours les livres parviendront à combler ce manque. Peut-être aussi que d’autres, pas du tout. Et que ni pour la lectrice de Nancy Chaboun, ni pour moi, il n’y a d’explication. Il y aura toujours en nous une certaine mélancolie, parfois nostalgique, une forme de saudade parfois triste, parfois pas. Mais sûrement, omniprésente.

Presque une obsession

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Je sais, je sais, je me répète, mais l’hiver a été si long qu’il ne peut en être autrement. J’ai hâte à ces journées où je pourrai m’asseoir dehors en compagnie des fleurs, comme le fait la lectrice de Susan Knight Smith. Hâte, tellement hâte!

Oserais-je avouer que c’en est presque une obsession?

Arbres en fleurs

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Et si quelques arbres déjà en fleurs photographiés dans la campagne vaudoise par Denise donnaient un coup de pouce à ceux d’ici juste en s’étalant au pays de Lali? Je sais, je sais, j’ai beaucoup d’imagination…

Le recueil 7

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Elle a ouvert Épeler le jour pour une septième fois, un septième soir, juste avant le coup de minuit. Sans savoir. Sans même imaginer où le hasard le mènerait. La lectrice d’Abraham Leon Kroll a ouvert le livre un 25 avril. Et le poème s’appelle… 25 avril.

Aujourd’hui je t’ai donné l’œillet le plus rouge
que j’aie trouvé sans trouver ta boutonnière.
Comme si tu m’embrassais aujourd’hui,
comme si nous descendions sur la Place
par l’avenue des platanes où sifflent
les trains. Ils avaient l’habitude de siffler
dans mes jambes et sur mon épaule
niche encore un oiseau blessé. Le printemps
continue à la fenêtre. Il y a plus de poussière qu’avant,
j’ai davantage de jours à ajouter aux jours.
Je mâche la poussière de tous les œillets que tu m’as donnés,
je les veux toujours rouges au bord des lèvres.

Elle aimerait un jour vivre près de la mer

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Elle aimerait un jour vivre près de la mer. Entendre le battement régulier de l’océan toute la journée. Déjà enfant, elle avait senti cet irrésistible appel. Déjà enfant, dès les premières vagues, elle avait compris que cette musique était la plus belle, la plus douce de toutes. Même les jours de grand vent et de tempête. Parce qu’alors vient une odeur propre à ces moments.

Elle aimerait un jour vivre près de la mer. Entrer dans la toile de Paul Landry. Et qu’il y vienne avec elle.

Pour Fernanda, mais pas juste pour elle

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Une photo du coq du parc du Portugal de Montréal prise en août par Armando et une invitation à tous les curieux en ce 25 avril. Pour l’occasion et depuis quelques jours, du bleu dans mes nuages a rendu hommage et célébré à sa manière la liberté. Un magnifique travail teinté de tendresse et d’espoir.

Que feras-tu demain?

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-Que feras-tu demain?
-J’écrirai.
-Que feras-tu après-demain?
-J’écrirai.
-Que feras-tu dans une semaine?
-J’écrirai.
-Que feras-tu dans quelques mois?
-J’écrirai.
-Et dans dix ans?
-J’écrirai.
-Tu n’as pas d’autre ambition?
-Non.

Et celle qui posait des questions a laissé là l’écrivaine peinte par Gregory Manchess. Pas sûre de comprendre. Et celle qui écrit n’a même pas eu conscience de son départ.

Anecdotes de libraire 11

marsans

Je vivais dans la nouveauté, dans les nouveaux titres qui poussaient sur les « anciens » qui avaient quatre ou cinq mois d’existence. Dans un monde qui va trop vite et qui ne laisse pas le temps aux livres de vivre. C’est probablement pourquoi j’aimais tant me réfugier les jours de congé dans les librairies d’occasion.

Ce que je fais d’ailleurs, encore. Pour voir ce qui résiste au temps. Pour constater quels livres voyagent. Pour la différence, aussi. Car les librairies de livres neufs finissent par toutes se ressembler avec les mêmes piles de l’une à l’autre. Pour la personnalité de certaines librairies d’occasion où la sélection du propriétaire est manifestement liée à ses propres goûts.

Si d’aventure un jour il me venait l’envie pour mes vieux jours de retourner à ce métier qui a été le mien pendant un quart de siècle, je suis certaine d’une seule chose. Je ne vendrais pas de livres neufs. Et si c’était le cas, je pratiquerais dans un petit local avec des fauteuils et du café. Et je ne demanderais pas à quiconque ce qu’il cherche. Je laisserais les uns et les autres trouver…

*toile de Luis Marsans