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Le recueil 9

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La lectrice de Sylvia Levine n’a pas été en mesure de détacher ses yeux de l’extrait d’Épeler le jour. La question était là au cœur du poème comme la plus vibrante de toutes les questions. Et elle la lisait et la relisait à haute voix. Si bien que ce soir, je n’ai pu lui retirer le livre des mains. Mais j’ai entendu sa voix qui disait :

Peut-être que l’amour n’est-il que cette infime différence
entre des fuseaux horaires ou bien l’accord
orthographique
qui n’existe qu’au fond de la peau. Mais là où je ne
suis pas,
ce qui me fonde, c’est la certitude que tu existes.

Seul celui qui la regarde le sait

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Se souviendra-t-il de celle qui écrivait ou lisait dans des pièces remplies de livres et de tableaux à l’heure où ses souvenirs s’effilocheront? Ou la lectrice peinte par Honoria Cadogan sera-t-elle à cette heure du grand âge devenue un tableau délavé par le temps qu’il n’est plus sûr d’avoir vu?

Seul celui qui la regarde en ce moment le sait. Seul celui qui la regarde sait s’il la laissera à ses livres et ses écrits. Seul celui qui la regarde sait s’il la suivra de pièce en pièce toute sa vie durant pour que jamais elle ne devienne un souvenir.

Plus que dans aucun livre

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Elle était friable, à fleur de peau. Et elle ne pouvait s’expliquer tout ce remue-ménage en elle, toutes ces émotions qui se bousculaient. Cette envie de ne plus bouger, de ne plus penser, de s’abandonner. Tous ces morceaux d’elle éparpillés au fil de ses vies passées se recollaient d’un seul coup.

Elle n’avait plus à être l’une ou l’autre, elle n’avait qu’à être elle, entière. Toutes les parties assemblées. Et tandis que le processus se faisait, son cœur battait trop vite, le trop plein la faisait haleter. Mais elle ne savait toujours pas ce qui lui arrivait. La peur d’être elle ressemblait à la peur de mourir. Et elle tremblait de partout.

Elle n’avait plus de repères. Sinon que lui qui la regardait sans comprendre. Qui assistait à la métamorphose en ne voyant que l’extérieur, le trouble visible. L’impossibilité d’expliquer, puisqu’elle ne savait ce qui lui arrivait.

Ce n’est que bien plus tard que la lectrice de Derek Jones a compris. Elle aimait. De toutes les fibres de son corps, de toutes les parcelles de son cœur, de la moindre miette de son âme. Plus que dans aucun livre.

J’ai vu le printemps

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J’ai vu l’amitié sur les murs. J’ai vu des tulipes et des jonquilles. J’ai vu du bleu encore plus bleu que le ciel. J’ai vu une grande-mère attendrissante en compagnie de ses petites-filles. J’ai vu un couple échanger un baiser de cinéma sous la tour de l’Horloge. J’ai vu des bicyclettes dans les rues, sur les trottoirs et les balcons. J’ai vu des filles étaler leurs fringues sur un coin de rue en guise de vente de garage improvisée. J’ai vu le printemps dans les jupes fleuries, dans les casquettes et dans les sandales. Et même une fille pieds nus sur un coin de rue.

J’ai vu des gens heureux et des sourires. Et il y aura des natas pour dessert.

Montréal revit. Et je revis avec elle.

Ces petites histoires

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Quand nous lisons ces petites histoires à propos de rien, nous sentons notre horizon s’élargir, notre âme atteindre une étonnante impression de liberté. (Virginia Woolf)

Je laisserai là le lecteur peint par Vanessa Bell, la propre sœur de Virginia Woolf, question d’aller au devant de ces petites histoires qui se trament ici et là. Ces petites histoires étonnantes qui se déroulent dans nos têtes tandis que nous regardons vivre les uns et les autres au hasard de promenades. Je vous raconterai…

La première rose du printemps

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Reine l’a appelée « la première rose du printemps ». Elle est dédiée à Denis, mais nous profiterons tous de sa beauté, puisque la voici au pays de Lali pour enjoliver ce dimanche. Mille mercis, Reine, pour cette délicate attention.

En vos mots 55

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Avec qui la lectrice de Jane Peterson a-t-elle rendez-vous? Une amie? Un amant? À vous de nous raconter en vos mots ce que la lectrice évoque. À vous de la faire vivre. D’animer son regard et ses espoirs. À vous de l’emmener vers l’insoupçonnable et les secrets de son cœur.

La toile est à vous pour une semaine. Je ne validerai pas les commentaires avant, ce que je fais dimanche après dimanche depuis plus d’un an. Pour le plaisir de les lire tous ensemble.

Alors, dites-moi, avec qui la lectrice a-t-elle rendez-vous? J’aimerais tant le savoir!

Tenues du dimanche

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Elles ont revêtu leur tenue dominicale pour notre plus grand plaisir. Toutes fières, elles ont posé pour Géraldine. Ne restait plus qu’à ces ravissantes fleurs de trouver où étaler leur beauté. Le pays de Lali les a accueillies avec bonheur. Grand bonheur!

Le recueil 8

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La lectrice peinte par Gladys Lee Wiles ne savait pas il y a une semaine en se promenant au hasard des rayons ce qu’elle cherchait et encore moins si elle cherchait quelque chose, si son regard allait être capté par des mots. Non, elle ne savait rien de tout cela. Rien de mots de Rosa Blanche Branco et de son recueil si tendre Épeler le jour sur lequel elle s’est arrêtée une fois de plus en le laissant ouvert pour nous.

Maintenant qu’il n’y a plus ni près ni loin,
ni rien qui fasse mal, que tout se touche
au cœur de l’avenir, je laisse un nénuphar à la porte
pour qui viendra avec la nuit sur les épaules. Et la
lumière advient,
avec les pétales ouverts de ton nom.

Over and over

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Je sais qu’on ne devrait pas choisir un CD juste parce que la tête de la chanteuse est sympa. Pas plus qu’on ne choisit un livre pour sa couverture. Mais Erin Bode a vraiment une tête qui me revient. Et son album Over and Over dont vous pouvez écouter le titre éponyme

est une merveille. Vous pouvez me croire si vous voulez. Je ne vous force pas la main, ce n’est pas du tout mon genre. Mais moi, je suis ravie. Et même rrrrrrravie. Avec plein de rrrr qui me font ronronner. Et je crois que je vais écouter ce CD over and over.