Elle était friable, à fleur de peau. Et elle ne pouvait s’expliquer tout ce remue-ménage en elle, toutes ces émotions qui se bousculaient. Cette envie de ne plus bouger, de ne plus penser, de s’abandonner. Tous ces morceaux d’elle éparpillés au fil de ses vies passées se recollaient d’un seul coup.
Elle n’avait plus à être l’une ou l’autre, elle n’avait qu’à être elle, entière. Toutes les parties assemblées. Et tandis que le processus se faisait, son cœur battait trop vite, le trop plein la faisait haleter. Mais elle ne savait toujours pas ce qui lui arrivait. La peur d’être elle ressemblait à la peur de mourir. Et elle tremblait de partout.
Elle n’avait plus de repères. Sinon que lui qui la regardait sans comprendre. Qui assistait à la métamorphose en ne voyant que l’extérieur, le trouble visible. L’impossibilité d’expliquer, puisqu’elle ne savait ce qui lui arrivait.
Ce n’est que bien plus tard que la lectrice de Derek Jones a compris. Elle aimait. De toutes les fibres de son corps, de toutes les parcelles de son cœur, de la moindre miette de son âme. Plus que dans aucun livre.

Une réponse
Aimer…c’est la plus belle chose qui puisse arriver à la lectrice. Elle vient de vivre une très forte émotion.
Merci Lali pour ce très beau billet.