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La vita è bella quand il y a du fromage

boursault

Je suis, je serai une éternelle gourmande. Et une des choses les plus délectables que je connaisse est un morceau de pain sur lequel s’étale du Boursault à la température ambiante… Moi, la dingue des fromages, toujours prête à me laisser par un nouveau, je retourne toujours à mon Boursault. Je crois qu’il m’attend. Ainsi qu’un CD. Si, si, la vita è bella.

Après-midi culturel

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Les photos ne sont de moi, je l’avoue. Pour de raisons fort simples. La première a été prise en altitude et de soir. La seconde de l’intérieur, alors qu’on ne peut plus prendre aucune photo à l’intérieur de la Grande Bibliothèque, où j’ai passé une partie de l’après-midi. Et comme il en y aurait eu, des photos à prendre! Il y avait en ce dimanche des lecteurs et des lectrices de tous les âges éparpillés sur tous les étages… Plus de monde que dans certains centres commerciaux dans le temps des Fêtes! Cette affluence fait plaisir à voir. Les lieux du savoir se fréquentent encore en famille.

Je retiens quelques scènes que je n’ai pu photographier… Un gamin avec son bâton de hockey en train de choisir une bédé; des amoureux de 80 ans se chuchotant des mots doux en faisant une trouvaille dans le rayon des CD leur rappelant sûrement un moment d’il y a longtemps; cette jeune femme attablée en train de traduire avec des dictionnaires espagnols autour d’elle; ceux-là lisant près des nombreuses fenêtres…

Quel magnifique après-midi dans cette caverne de la culture. J’ai glané ici et là, me suis laissée tenter par trois albums, quelques livres… Comme si je n’avais rien à lire et rien à écouter… J’assume et revendique par gourmandise pour les bonnes choses… Et pour l’anecdote, et pour qui sait ma belgophilie, les nombreuses vitres ont été conçues et fabriquées en Belgique. Au moment de la construction, certaines sont tombées : il paraîtrait que c’est une blague des Belges. Va savoir. Elles ne tombent plus!

En vos mots 39

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Est-ce parce que je suis en train de lire Train de nuit pour Lisbonne, dont je vous parlerai ultérieurement que j’ai été séduite par une lectrice dans un train, d’autant plus que Maria Reis, qui signe la toile est portugaise? Peut-être. Il y a dans l’inconscient une part de conscient et dans le conscient une part d’inconscient.

Pour le premier En vos mots de l’année, voici donc une lectrice dans un train. Où va-t-elle ainsi? À vous de le raconter. La toile sera là toute la semaine. Pour votre inspiration. Comme ça a été le cas de celle de Konstatin Korovin qui a donné quelques jolies histoires que je viens de valider comme je le fais tous les dimanches.

Et puis, un petit clin d’œil/invitation à ceux qui hésitent à se laisser emporter par la toile du dimanche.

On prend toujours un train pour quelque part,
Un grand train bleu, un grand train blanc
un grand train noir.
On prend toujours un train pour quelque part.
Au bout du quai flottent des mains
et des mouchoirs…

chantait Bécaud.

Pourquoi pas celui d’En vos mots?

Bon voyage et bonne semaine!

Morceau de ciel

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Vous prendrez bien un morceau de ciel bleu signé Lilas pour commencer la journée? Moi, oui!

Quand la nuit n’est pas encore opaque

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Et parfois, d’Agnes Noyes Goodsir a cette irrépressible envie de sortir, de prendre l’air, de respirer, même à des heures qui peuvent paraître indues pour d’autres mais qui sont les siennes. Ces heures de fin de soirée quand la nuit n’est pas encore opaque, quand le silence n’est pas encore dense. La plupart du temps, elle ne va pas loin. Probablement que ce soir aussi. Le temps de trouver un lampadaire qui éclairera les mots de la lettre qu’elle tient à la main d’une lumière qui semble lui faire défaut entre ses murs.

Je ne sais rien d’elle ou si peu

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Mon arrière-grand-mère portait-elle de telles robes? Attendait-elle patiemment, en lisant, comme les lectrices de John White Alexander, son fiancé de notaire pour qu’il l’emmène danser? Je ne sais rien d’elle ou si peu. L’exil, ou cette forme d’exil propre aux défricheurs quittant tout pour fonder des villes. A-t-elle un jour regretté qu’il l’ait emmenée loin de tout, loin des siens? On a toujours laissé entendre qu’elle tirait beaucoup de fierté de son rôle d’épouse du maire. Je ne sais rien d’elle ou si peu. Des grossesses, beaucoup, 22, m’a-t-on dit. Des enfants, trois qu’on perd en une seule nuit. Le veuvage. Je ne sais rien d’elle ou si peu. Pas même si elle aimait les livres. Je sais seulement qu’elle a peint des oiseaux. Je me demande si ce n’était pas un signe.

L’aventure des saveurs

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Il suffit d’un détail, aussi minime soit-il, pour que ce samedi qui ressemble à tous les samedis, dans la douceur et dans le calme, prenne une autre couleur. Ou plutôt une autre saveur. Il goûte fort, il réveille les papilles, il a un goût de soleil, de plages et de musiques rythmées. Ce samedi, je déguste un café cubain, rapporté par ma sœur. Et ce petit bonheur tout simple a l’heur d’illuminer ma journée.

La lectrice de Ned Bettinger est-elle fidèle à sa marque de thé ou s’il lui arrive elle aussi de partir à l’aventure des saveurs?

Exceptionnel moment de tendresse

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Il a suffi des compositions du pianiste Ira Stein et du hautboïste Russell Walder sur l’album Transit pour que le calme et la douceur reviennent.

Le mariage des deux instruments est une réussite exemplaire, particulièrement dans des pièces comme Marseille et Lost Time, où les deux compositeurs/interprètes s’en donnent à cœur joie. Sur d’autres pièces, on retrouvera notamment le bassiste Michael Manring et le percussionniste/claviériste Mark Isham.

Le tout est un exceptionnel moment de tendresse. Un album qu’il fait bon écouter la nuit. À deux, probablement encore plus. Faudra que j’essaie.

Je sais seulement que je ne pourrai pas dormir

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Je n’avais pourtant rien lu avant de me coucher de ces livres qui troublent l’âme et l’esprit, comme ça semble être le cas de la lectrice de David Salle, aux prises avec un maëlstrom de personnages inquiétants. Non, rien de cela. Et pourtant, je me suis retrouvée dans les dédales d’une succession de cauchemars tous plus terribles les uns que les autres.

Je ne chercherai pas à les expliquer, juste à les oublier, à les écarter de mon esprit. Surtout que je n’en avais pas faits depuis des mois.

Je sais seulement que je ne pourrai guère dormir. Que la crainte est venue parce que comme dans tous les cauchemars, je criais mais aucun son ne sortait de ma bouche.

Et qu’il me reste à chercher quelque musique calme et douce.

besoin vital

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besoin vital
que les mots qui se cherchent
et se déchirent
passion douloureuse
enfantement précaire
puis puis puis
jouissance des mots
de l’alignement sans faille
qu’écrire
désir intemporel
suscite crée
enfin

(mars 1982)

*toile de Marcio Melo