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Se dire que…

Laisser le froid dehors.
Ne pas aller vérifier s’il est cinglant, si l’humidité traverse le manteau le plus chaud.
Savourer une tasse de café. Longuement. Déplier les notes accumulées depuis des jours, éparpiller les livres autour de soi. Hésiter pour la musique.

Sourire en relisant une phrase griffonnée à la hâte entre deux stations de métro.
Se dire que le printemps reviendra.

*toile de Carl Schmitz-Pleis

Ailleurs, à une autre époque

J’aurais porté de longues jupes sur des jupons de toutes les couleurs.
Chaque jour j’aurais cueilli des fleurs pour mes cheveux.
Et je serais allée pieds nus livre à la main bercer mes jours sur un rocher ou une plage, bercée par l’océan.

Ailleurs.
À une autre époque.
Celle où le baise-main était un art maîtrisé par quelques-uns.
Celle où les poètes faisaient frissonner les ingénues.

Et au poète qui aurait su faire le baise-main, j’aurais dédié mes vers.

*toile de Pierre Georges Jeanniot

Bon anniversaire à l’homme dans les nuages

À celui qui aime tant les mots et le bleu, qui vient du pays des plus grands découvreurs, j’ai nommé Armando, connu aussi sous le nom d’homme du bleu, d’homme dans les nuages et de bien d’autres pseudos, je souhaite un doux anniversaire. Que celui-ci soit le présage d’une année qui le comblera de petites attentions qui rendent la vie plus bleue.

*toile de Vladimir Kush

Je les regarde

Je les regarde tourner les pages. Épris des images. Amoureux des mots en devenir. Et c’est à elle que je pense. Ève. À qui Lali sa marraine a offert bien des livres. Sans penser qu’un jour elle aimerait tant les mots elle aussi qu’elle s’inscrirait en septembre 2009 en traduction à l’université.
Je les regarde et c’est à elle que je pense. J’aimais tant la regarder caresser les couvertures des livres avant de les feuilleter.

*toiles de Karoly (Charles) Roka

Dans un silence incertain

Se taire à l’écoute

pour qu’un poème respire
il faut le silence
silence liminaire
des lentes germinations souterraines
lorsque jaillissent les mots
dans l’éclat des enfantements

silence
quand la voix se repose
et que le texte n’en finit pas de résonner
dans nos solitudes visitées
,

a écrit Colette Nys-Mazure.
Et je reste là, avec ma poignée de mots, dans un silence incertain, incapable de les agencer.
Comme s’ils n’avaient plus sens, plus cours.
Et je me tais, tandis que je les lance sans savoir s’ils atteindront une cible dont je ne sais rien.

*toile de Mark Thompson

Francesca

Je me suis éloignée. Je suis allée là où ses mots n’auraient plus prise. Où ils ne noieraient pas la chaleur des miens dans un vinaigre dont elle seule a le secret.

Francesca-la-parfaite qui avait assassiné tant de rêves autour d’elle par des remarques acerbes au fil des mois, ce qui avait fait dire à plus d’un qu’elle était négative, va devoir trouver oreilles autres que les miennes. Le vase avait débordé depuis longtemps quand je lui ai souhaité de bonnes vacances et qu’en guise de remerciement elle s’est plainte des valises à faire.

Je me suis éloignée. Je m’éloignerai encore. Jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’un point à l’horizon alors que je m’envelopperai des mots du bonheur encore intacts.

*toile de Louise Robinson

Beaucoup de chance

Et toutes ces heures à m’imprégner d’images et de phrases, à fabriquer des histoires. Parce que je ne sais faire que ça. Ou parce que je ne peux vivre autrement. Ou encore, parce que je ne sais avancer qu’ainsi.

Et tous ces jours à rêver. Pour faire de ce lieu un endroit de beauté où prendre le large quand la réalité agresse. Où m’asseoir pour partager instants de bonheur.

Et me dire que j’ai beaucoup de chance d’avoir un lieu à moi assez grand pour vous tous.

Un lieu qui a désormais une nouvelle adresse depuis quelques heures :

https://lalitoutsimplement.com

C’est donc à Montréal, sur un nouveau serveur, que vont se poursuivre les aventures de Lali après un déménagement sans douleur qui s’est fait en moins de six heures.

Je peux donc continuer à rêver. Avec vous.
Au fait, vous avez noté la nouvelle adresse?

*toile de José Villegas Cordero

18 jours

Se réhabituer aux pas dans le corridor, aux talons qui claquent dans l’escalier. Au téléphone qui sonne sans arrêt, pas nécessairement le sien. Mais les murs sont en carton.

Penser aux livres qui attendent. Patients. Silencieux.
Et puis, ne pas trop y penser. Même si.
C’était bien, 18 jours loin du bureau.

*toile d’Isabel Sanchez Anguita

Bonne année à vous tous!

Comme je l’ai fait l’an dernier, je viens à nouveau souhaiter à chacun de ceux qui ont laissé une trace de leur passage au cours de l’année 2011 le meilleur de ce que la vie a à offrir à l’occasion de cette année qui débute.

Puisse la vie apporter ses sourires, ses moments de tendresse, ses élans et ses éclats dans les yeux à Adrienne, Alain L., Anissina, Anne, Ansel, Archibalt, Argali, Armando, Armèle Labelle, Arragon-Guery, Arthenice, Barbara, Béatrix, BelleSahi, Ben, Béné, Benoît Grelier, Bergasse, Bivan, Black Paw Down, Bolivar, Bouffadou, Brigitte, Brigitte Bardote, Brouillons de Culture, Carl Aldana, Carmen Lourdes, Caro_carito, Carole Bonaventre, Cat, Chantal, Chantal Couliou, Chesta, Chris, Chris comme Christopher, Christiane, Christophe, Christopher Gérard, Claire Dé, Claire Fo, Clairedelune, Claude Salvaille, Clément, Colo, Conscience de Pépé, Constance, Cookloubalette, Delphinium, Denise, Denise Benoit, DF, Dianne Harrison, Dick Tature, Dominique, Dulac, Édith, Élisa, Élisabeth Baysset, Elisanne, Ella Debellefleur, Ellaz, Elle de l’Ile, Elle Samuse, Emorinemarie, Ersa, Ersatz, Eugene Magowan, Eugénie, Euterpe, deux Fabien, Fernando P., Fifi, Flairjoy, Funambule, George, Gilles D., Gondolfo, Graphène, Herbert, Isa Hope, Isabelle, Jackie, Jane Roberts, JC, Jean Conclus, Jean Quête, Jean-François Sterell, Jean-Louis, Jean-Marc, Jeanne Gagnon, Jocelyne, Joëlle Tiano-Moussafir, Joseph, Joye, Jules, Julie, Julien Dugué, K., Kenza, L’enfoiré, L’or des chambres, La notice, La Trace, Lacoche, Ladyce West, Lakevio, Laluna, Lanourse, Laura, Laurence, Lautreje, Le Cram, Les Bondons, Les Héphémères/LH, Lilas, Linda McCoy, Lise, Lordius, Lou, Luce, Lucie, Lucie Fraenkel, Luke Hudson, Lune, Lune belge, Maba, Macile, Madame Zaza, Maite Petrini, Maïté/Aliénor, Mango, Marcantonio, Marco, Margalide, Margotte, Maruerite Lorange, Maria, Maricler, Marie, Marie Planchard, Marie-Hélène, Mario, Martin, Masyl, Mathilde, Mazel, Mel13, Mémé, Mémé Bolognese, Mémé machin, Mémé pantoufles, Mémé Rebelle, Mémé Rit, Mémébelle, Mémère, Mémière, Mémouche, Michèle, Michèle Lefebvre, Michelle, Milie, Mimi, Mireille, Monique Fargier, Monsieur Moi, Moustafette, Nadejda, Naline, Nath, Nicolas Monnin, Nicolek, Olivier SC, Opaline, Oth67, Pastelle, Pâte de fruit, Pavel Gutu, Pépé, Pépé au bord de la mer, Pépé Bleu, Pépé chausson, Pépé Cohen, Pépé Curieux, Pépé d’été, Pépé de Cordoba, Pépé de la plage, Pépé de Séville, Pépé Haipaku, Pépé Jardinier, Pépé la mouche, Pépé le taquin, Pépé Malin, Pépé Voyageur, Pépé Zinzin, Pierre, et aussi Pierre et Pierre R. Chantelois, Polluxe, Princesse camcam, Puff comme Puff l’éditeur, Quelqu’un de passage, Reka, Ricardo, Richard B., Rick Beerhorst, Roberte Colonel, Saravati, SklabeZ, Sophie et Sophie et aussi Sophie Jurado, Steph, Ster, Suzanne, Sylvain Dhuême, Sylvie et Sylvie, Tania, Theoma, Thérèse, Thivent, Un autre endroit…, Une Bretonne, Une grand-maman, Veronica et Viv; et à tous ceux qui sont passés silencieux.

Que 2012 soit beauté…


(Photos d’Armando)

Des traces indélébiles

Les choses vivent en moi et non dans le temps. Et, en moi, tout est présent, a écrit Agota Kristof.

Puisse-t-elle rester présente malgré sa disparition en 2011.
Tout comme Claude Léveillée, Hubert Nyssen, George Whitman, Jorge Semprun, Lucian Freud, Václav Havel, Cesária Évora, Roland Dubillard, Louky Bersianik, Hella Haasse, Pierre Rolland, Paul-Marie Lapointe, Marie-France Pisier, Dominique Desanti, George Tooker, Andrée Chedid, Édouard Glissant, parmi tant d’autres qui ont tiré leur révérence au cours des douze derniers mois, en laissant des traces que j’ose croire indélébiles.