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Dernières heures

Dernières heures du dernier jour d’une année qui tire sa révérence. Qu’en retenir sinon un bouquet de souvenirs épars? Une plage du Massachusetts, un parc montréalais dont on ne se lassera jamais, des doigts qui caressent un clavier, des mots qui bouleversent, des repas qui s’étirent, des rencontres qui font le sel de la vie…

Dernières heures avant 2012. Penchée sur un livre. Le bol de café pas loin.
Rituel d’une vie qui donne aux souvenirs une place de choix.

*toile de Kay Ritter

Joyeux Noël!

À vous tous, une belle journée de Noël!
Et en espérant qu’il y avait des livres pour vous dans la hotte du père Noël!

*illustration d’Edward Penfield

Midnight Blues

Minuit pile, presque partout en Europe. Notamment à Bruxelles où le père Noël a enfilé un costume bleu pour faire plaisir à Armando, qui s’est empressé de le prendre en photo.
Joyeux Noël à tous ceux pour qui il est minuit!

En mémoire de Vaclav Havel

C’est quand les écrivains nous quittent qu’on se dit qu’on s’était promis de les lire. Un jour. C’est quand ils ne sont plus là qu’on retrouve dans un cahier des mots qu’on avait notés un jour. Pour ne pas les oublier. Puisse-t-on ne jamais oublier celui qui a écrit ces mots :

« La sauvegarde de notre monde humain n’est nulle part ailleurs que dans le cœur humain, la pensée humaine, la responsabilité humaine. » (Vaclav Havel)

Tant d’histoires

Tant d’histoires à raconter et si peu de temps pour le faire. Lesquelles choisir? À quels personnages donner la voix? Auxquels demander de sa taire? Quelles scènes relater? Comment leur conserver leur couleur initiale? Comment ne pas les affadir? Comment ne pas trop en faire?

Faut-il parler de cet échange de sourires entre elle et une gamine de deux ans dans un autobus bondé comme si elles avaient été seules au monde? De celui qui a du mal à se déplier et que sa dulcinée regarde aussi amoureusement que s’il venait de faire un 8 sur la glace juste pour elle? De cet adolescent qui, en courant, est tombé empêtré dans son jean décidément porté bien bas? De cet air qui traverse votre esprit et qui ne vous quitte plus de la journée?

Tant d’histoires à raconter. Mais d’abord : à vivre.

*toile de Leonid Shilov

Je pense parfois à eux

Je pense parfois à eux qui ont l’âge de leurs rêves, un âge qui n’est plus le mien, celui où on se promet des villes et des livres, des baisers à n’en plus finir et encore des livres.

Je pense parfois à eux qui ont la folie ou la sagesse de croire encore en ces promesses. J’aimerais de temps en temps ne pas avoir perdu la foi qui les anime.

*sur une toile d’Eva Navarro

C’est tout?

Que feras-tu de tes vacances? m’a-t-on demandé.

Je plongerai jour après jour entre les pages d’un livre.

C’est tout?

C’est tout ce dont j’ai besoin.
Et c’est à peu près la seule chose dont je suis certaine en ce qui concerne celles qui débutent dans sept jours et quelques heures.

*toile de Marina Owens

Quand on écrit un billet

Quand on écrit un billet, on le fait d’abord pour soi. Pour le plaisir de le faire, le plaisir des mots, pour combler cette envie de dire qui nous tenaille. Dans un deuxième temps, c’est, en ce qui me concerne, pour partager.

Or, on ne sait jamais tout à fait qui nous lit. On ne connait que rarement les réactions que nous suscitons chez les uns et les autres, qu’ils soient concernés directement ou pas. Mais cela ne nous empêche pas d’écrire, de laisser entendre notre voix.

Certains commentaires déposés ici font souvent ma journée. Parce que quelqu’un a été touché par un poème, une musique, mes mots. Par contre, nombreuses sont les réactions se font hors de ces pages. Et ce n’est pas plus mal.

Un écrivain dont on a lu les deux premiers livres et dont le troisième nous attend à qui on fait un brin de jasette au Salon du livre de Montréal était ravi de faire la connaissance de cette Lali qui a signé deux billets qu’il a appréciés. Un vieil ami du temps de l’université, aujourd’hui écrivain, que le hasard de la toile a permis de croiser à nouveau, a souvent lu avec joie les pages de Lali sans savoir qui se cachait derrière ces pages.

Et parce que Lali existe ailleurs, qu’elle fait notamment partie de la rédaction de La Recrue du mois et de la communauté en ligne de Babelio, là aussi lui arrivent des petits mots. Entre autres un qui m’a beaucoup touchée il y a deux jours, sur Babelio, de la part de Cat, qui a découvert grâce à moi le poète Lionel Ray et qui s’est empressée de commander deux de ses recueils chez son libraire. Et un autre des éditions Prise de parole qui veulent utiliser des extraits de mon billet sur le très beau recueil de récits de Maurice Henrie .

Quand on écrit un billet, on l’écrit d’abord pour soi. Sans savoir ce qu’il deviendra. Qui le lira. Qui nous en parlera. Tout de suite ou plus tard. Et c’est parce que je ne pense pas à ce que celui-ci pourra provoquer qu’il m’est possible d’écrire en toute liberté. Jour après jour. Parce que, tout simplement, le plaisir est toujours là.

*toile de José Gonzalez Collado

Le coupable

Le ciel est pourtant clair, le soleil au rendez-vous. Mais le corps est engourdi, le sofa confortable et le café juste assez chaud. À moins que ça ne soit la faute du roman du moment. Il faut bien un coupable pour expliquer cette envie de paresse délicieuse qui n’arrive que le samedi.

*toile de Gay Henderson

Non…

Les entreprises se passent le mot. Il faut absolument cultiver nos liens. C’est le nouveau leitmotiv. Là où je travaille et ailleurs. Et de toutes les façons. Réunions d’équipe, colloques, 5 à 7 autour d’une bière, cadeaux collectifs à la moindre occasion, etc.

Et bien moi, plus on me demande de cultiver des liens, moins j’ai envie de le faire. Dès qu’une chose devient une forme d’obligation, dès qu’on s’en sert pour convaincre ou culpabiliser, je me retire du jeu.

Non, je ne serai pas un lutin de Noël. Je ne vais pas gâter quelqu’un pendant deux semaines sous le couvert de l’anonymat et me dévoiler à la fin, ni être la petite protégée d’un autre lutin, sous prétexte que presque tout le monde participe à cette initiative de culture de liens. Il y a longtemps que j’ai quitté l’école élémentaire où ça ne m’amusait déjà pas.

Un jour, je vais entrer dans un livre et ne plus en sortir.

*toile de Carol Aust