Commentaires récents
Admin:
Archives:
Quelques poèmes de Rodenbach 1

C’est un recueil du poète belge Georges Rodenbach que la lectrice peinte par l’artiste lisboète Maria Inês Ribeiro da Fonseca a choisi parmi tous ceux étalés sur la table. Un recueil intitulé Le règne du silence que les éditions Le Cri ont eu la bonne idée de rééditer en 1996. Un recueil de l’auteur surtout connu pour son roman Bruges-la-morte, dont elle a tiré ces vers :

Quand le soir est tombé dans la chambre quiète
Mélancoliquement, seul le lustre émiette
Son bruit d’incontenté dans le silence clos.
Lustre toujours vibrant comme un arbre d’échos,

Lustre aux calices fins en verre de Venise
Où la douleur de la poussière s’éternise,
Mais en gémissements qu’à peine on remarqua,
Grêles comme un chagrin lointain d’harmonica.

C’est une panoplie aux cliquetis de verre
Où l’on entend le bruit blessé qui persévère;
C’est un grand reliquaire à l’aspect végétal
Où d’invisibles pleurs, captifs dans le cristal,

Roulent en sons mouillés parmi les pendeloques.
Lustre, fontaine blanche aux givres équivoques;
Lustre, jet d’eau gelé, mais où l’eau souffre encor…

Ce lustre, c’est mon cœur visible en ce décor
Qui frissonne en sourdine et sans cesse s’afflige,
Jet d’eau fleurdelisé dont la plainte se fige!

Les aventures de Monsieur Brecht

Quand l’écrivain portugais Gonçalo M. Tavares a créé le Bairro pour les besoins de Monsieur Valéry, il ne savait pas que ce lieu fictif, « un espace utopique, parallèle au monde normal, une île dans laquelle le monde mental a une présence supérieure au réel », a-t-il affirmé à Alain Nicolas dans un entretien qu’il lui a accordé en 2010, allait devenir le décor de quatre livres parus et de 37 à venir, puisque Tavares a en tête 41 écrivains à qui il compte prêter vie.

Dans Monsieur Brecht et le succès, le quatrième titre de cette série fantaisiste, qu’on dit proche de Kafka, ce que je ne contredirai pas, mais que je trouve tout aussi proche du surréalisme belge de Jacques Sternberg, sont réunies des nouvelles désopilantes, mordantes, voire cyniques, qui semblent tout droit sorties d’un humour noir qui a tout pour me plaire. Inutile dont de préciser que je risque fort de lire les aventures de tous les personnages de cette série (Valéry, Calvino et Krauss), maintenant que j’ai dévoré avec une gourmandise évidente celles de M. Brecht.

À titre d’exemple, voici une des nouvelles :

Liberté de choix

C’était une librairie qui ne vendait qu’un seul livre. On y trouvait cent mille exemplaires numérotés du même livre. Comme dans n’importe quelle autre librairie, les clients prenaient leur temps, hésitaient entre tel et tel numéro.

Tant d’histoires

Tant d’histoires à raconter et si peu de temps pour le faire. Lesquelles choisir? À quels personnages donner la voix? Auxquels demander de sa taire? Quelles scènes relater? Comment leur conserver leur couleur initiale? Comment ne pas les affadir? Comment ne pas trop en faire?

Faut-il parler de cet échange de sourires entre elle et une gamine de deux ans dans un autobus bondé comme si elles avaient été seules au monde? De celui qui a du mal à se déplier et que sa dulcinée regarde aussi amoureusement que s’il venait de faire un 8 sur la glace juste pour elle? De cet adolescent qui, en courant, est tombé empêtré dans son jean décidément porté bien bas? De cet air qui traverse votre esprit et qui ne vous quitte plus de la journée?

Tant d’histoires à raconter. Mais d’abord : à vivre.

*toile de Leonid Shilov

Quatre mains pour une barcarolle

Jos van Immerseel, fondateur de l’orchestre Anima Eterna de Bruges, et Claire Chevalier, autant clavecinistes que pianistes, ont prêté leurs doigts à quelques pièces pour piano signées Rachmaninoff. Le résultat : un album enlevant et complice, parfait pour accompagner ce samedi frisquet mais offrant à Montréal un magnifique ciel bleu.
Pour le plaisir, cette barcarolle, le premier des Six morceaux, opus 11.

Bien sûr…

Bien sûr que vous avez 24 heures devant vous avant la validation de vos textes qui donneront vie à la toile qui vous a été offerte dimanche dernier. Bien sûr. Mais les journées passant vite, si vous suiviez sans tarder l’exemple du personnage peint par Andrea Casali?

Les rêves d’Eugénie

Denise, comme vous avez pu le constater ici au fil des mois et des années, a une passion indéfectible pour les oiseaux. Pas étonnant qu’elle ait choisi de suivre leur exemple et de voler à son tour de ses propres ailes. Vous pouvez désormais la suivre chez elle, un blog photos qu’elle a nommé Les rêves d’Eugénie.