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Sans doute 5

tu es
tous les poèmes d’amour
de la terre
par le seul glissement
de ton doigt
sur la vitre

ta tête penchée
dans ce sourire
suffit

Michel Boutet, Sans doute tu es l’aube

*choix de la lectrice d’Ammi Phillips

Petit bonheur

J’avoue que j’ai été gagnée sans même avoir lu une ligne ni vu aucune illustration en dehors de celle de la couverture. Comment ça? me direz-vous, en me regardant bizarrement, comme si je n’avais pas toute ma tête. Et pourtant, je l’ai toujours. Je suis juste émue. Carl Norac, en exergue, fait un clin d’œil à Félix Leclerc et la Québécoise belgophile que je suis a eu le cœur chaviré.

Puis, j’ai tourné la page, lu la première phrase et adhéré aux mots de Carl Norac : « Le bonheur, c’est simple comme ouvrir un petit parapluie. »

Je suis sous le charme de cet album qui raconte le bonheur enfui, comment on peut essayer de vivre sans lui, comment on ne cesse de le chercher. Séduite par les illustrations d’Éric Battut qui, sans coller au texte, forment une espèce de métaphore qui accompagne les mots.

Encore un autre livre que je vais conseiller au père Noël. Pour sûr.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Morceau d’Algarve

Rien de tel pour faire un pied de nez à l’hiver. Armando le savait sûrement en m’offrant cette photo.

Louky n’écrira plus

J’avais 19 ans. J’avais encore tant à lire, tant à découvrir. Tout, presque tout, quand les mots de Louky Bersianik ont croisé mes jours. C’est son éditeur de l’époque qui me l’a fait lire alors que j’apprenais ce métier de libraire qui allait être le mien pendant un environ un quart de siècle.

Quelques années plus tard, une amie me l’a présentée. Louky avait écrit une chanson pour elle. Une magnifique chanson. Qui traîne sûrement au fond d’un tiroir. Judith ne chante plus.

Louky n’écrira plus. Elle s’est éteinte le 3 décembre dernier à l’âge de 81 ans. Mais je n’oublierai jamais son regard, sa simplicité, sa générosité.

Et pour lui rendre hommage, j’ai ouvert Axes et eau d’où j’ai tiré ces vers :

il ne reste rien d’elle ici
qu’une mémoire très vive
un corps d’embrun absolu
barrage à l’agression
elle n’est plus ici
des cernes uniques traces
jusqu’aux joues si aiguës
ailleurs sont les larmes
rosée peinte
au paysage ancien
le feuillage très épais
ou buée pour la présence
amoureuse des regards complices
accordés sans peine

*toile de Wayne Thiebaud

Ce que mots vous inspirent 555

Dans le domaine des sentiments, le temps n’existe pas. (Arnaldur Indridason)

*toile d’Aleksander Gerasimov