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Quelques poèmes de Rodenbach 6

Songeur, dans de beaux rêves t’absorbant,
La pendule, à l’heure où seul tu médites,
T’afflige avec ses bruits froids, stalactites
Du temps qui s’égoutte et pleure en tombant.

C’est une eau qui filtre en petites chutes
Et soudain se glace aux parois du cœur;
Et cela produit toute une langueur
L’émiettement de l’heure en minutes.

Collier monotone et désenfilé
De qui chaque perle est pareille et noire,
Roulant parmi la chambre sans mémoire;
Piqûres du temps; tic-tac faufilé.

Ah ! Qu’elle s’arrête un peu, la pendule!
Toujours l’araignée invisible court
Dans le grand silence, avec un bruit sourd…
Et ce qu’elle mord, et nous inocule!

La peur que demain soit comme aujourd’hui,
Que l’heure jamais ne sonne autre chose;
Un destin réglé dans la chambre close;
Un peu plus de sable au désert d’ennui.

Georges Rodenbach, Le règne du silence

*choix de la lectrice de George Agnew Reid

La huitième gorgée

La huitième gorgée réunit des nouvelles mettant en scène des femmes qui ont toutes cette particularité d’en faire trop, de trop manger, de prendre trop de place, de trop aimer la vie. Des femmes qui, par gourmandise, prendront une huitième gorgée, alors qu’elles n’ont soif que pour sept. Cela donne lieu à des scènes dont certaines sont plus actives alors que d’autres sont plutôt d’atmosphère, où certains personnages reviennent, comme s’il s’agissait là d’un seul groupe dont on examine les membres à tour de rôle ou pour les faire interagir.

Valérie Carreau sait raconter des histoires, vous pouvez d’ailleurs en lire quelques-unes sur son blog. Cela devrait être suffisant pour vous donner le goût d’avaler La huitième gorgée, un recueil bien ficelé et sans prétention, écrit avec la finesse de celle qui sait regarder, mais qui ne cherche pas, inutilement, à vouloir tout comprendre.

Un Noël rouge

Grâce aux bons soins d’Armando à qui on doit ces photos, lequel sait bien que c’est ma couleur préférée.

Un Noël victorien

C’est chez George-Étienne Cartier que je vous emmène aujourd’hui, le temps de partager avec vous quelques photos plus ou moins réussies, mais qui donnent une idée de ce à quoi pouvait ressembler Noël chez de nobles Montréalais sous le règne de Victoria.

Ce que mots vous inspirent 563

C’est chose rare qu’un auteur cherche à se faire plus petit que son œuvre. (Antoine Blondin)

*toile de Bruno Fargueta