
Il m’arrive d’hésiter, de me demander si je ne devrais pas uniquement faire état des livres que j’ai aimés, comme d’autres ont choisi de le faire. Mais je n’arrive pas à me résoudre à faire ce choix. Si j’ai pris la peine d’aller jusqu’au bout d’un livre, si j’ai espéré jusqu’à la fin qu’il finirait par me gagner ne serait-ce que par une phrase exceptionnelle ou une chute imprévue, et que rien ne s’est passé de tout ça, je n’ai pas à me taire.
Les livres étant souvent chers, le temps consacré à la lecture limité pour la plupart des gens, il me faut donner l’heure juste. La mienne. Pas celle des autres, qu’ils soient blogueurs ou journalistes, ou les deux. Pas celle des modes et des courants dits incontournables. Il en est ainsi.
Il y a longtemps que je que je dis les choses haut et fort, puisque j’ai beaucoup cultivé cet art du temps de ma vie de libraire. Je ne vois donc pas pourquoi j’emprunterais désormais les chemins du silence quand des livres sont bâclés, truffés de coquilles de toutes sortes, mal écrits ou sans intérêt.
Dire ou ne pas dire. Ce n’est plus une question pour moi.
*toile de Tara Dougans
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