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À vos claviers et stylos!

La semaine a vraiment passé très vite, m’a confié la jeune femme peinte par Gustav Adolph Spangenberg, avant de reprendre son texte commencé au début de la semaine. Or, pas question de laisser muette la toile de dimanche dernier!

Vous êtes aussi de cet avis? À vos claviers et stylos! Parution des textes dans 24 heures.

Le rêveur 3

La corrosion se déplie sur ta bouche.
Le verbe qui contourne la contiguïté de l’évidence
étal sur tes amas de lèvres le sulfure hérissé.

Le mot est alors renversé.

Il y a nuit
lorsque tes paupières se referment
sur le silence.

Le jour
se décompose sur tes bras.
Tu t’évides de tout remuement.

Alain Cuerrier, Le rêveur d’ombres

*choix de la lectrice de Juliette Aristides

Si j’étais un livre

J’ai eu un véritable coup de cœur pour l’album Si j’étais un livre des Portugais José Jorge Letria (pour le texte) et André Letria (pour les illustrations). Un tel coup de cœur que je l’ai lu à un ami au téléphone pour qu’il partage avec moi le bonheur de chacune des phrases qui commencent toutes par « Si j’étais un livre…  »

Comme celles-ci :

Si j’étais un livre, j’aimerais être une fenêtre ouverte sur l’immensité de la mer.

Si j’étais un livre, je voudrais pouvoir grandir sans limites jusqu’à devenir une bibliothèque.

Or, si j’ai apprécié celles-ci ainsi que chacune des illustrations qui les accompagnent, je n’en demeure pas moins perplexe quand il s’agit de définir le public cible d’un tel livre pourtant considéré par les éditions Joie de lire comme un album jeunesse.

Je pense que c’est là le problème de cet album. Malgré des pensées sur le livre qui font sourire et des illustrations qui accompagnent de façon ludique chacune d’elles, je ne crois pas qu’il puisse intéresser de jeunes lecteurs. Je verrais davantage ce livre sur la table à café de nombre d’adultes que je connais afin qu’il puisse être examiné par qui les visite plutôt qu’au milieu des livres de leurs enfants.

Je souhaiterais même que l’éditeur fasse des affiches et des cartes postales de certaines. Je gâterais quelques personnes de mon entourage.

Lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres – Saison 2

Du fil et de l’imagination

Du fil, beaucoup de fil galvanisé. De l’imagination, bien entendu. Et du temps, de la patience, de la minutie. Tout cela a été nécessaire au sculpteur britannique Derek Kinzett pour donner naissance à sa lectrice.

D’autres sculptures ici.

Ce que mots vous inspirent 1062

Ce qui est maintenant prouvé ne fut jadis qu’imaginé. (William Blake)

*toile de Stanley Spencer

Le rêveur 2

Te soutient
l’ombre repue de tes reflets.

Nommée
dans le frottis argenté du repos.
Ainsi nommée et reconnue
à la limite des choses

qui ne se disent plus.

Alain Cuerrier, Le rêveur d’ombres

*choix de la lectrice de John Mason

J’attends Mamy

Comme il est bon de trouver sur sa route de beaux albums pour parler de sujets difficiles. C’est le cas de J’attends Mamy, écrit par Séverine Vidal et illustré par Cécile Vangout, qui met en scène une petite fille qui apprivoise peu à peu la mort à l’heure où il lui faut faire le deuil de sa grand-mère quand elle comprend que celle-ci ne reviendra plus. Même si elle l’attend. Même si elle croit du fond du cœur que cette absence est temporaire. Même si on lui a dit qu’elle ne reverra plus sa grand-mère.

Quel enfant, en effet, peut croire ça? Quel enfant est en mesure d’accepter que sa grand-mère qu’elle aime et qui l’aime puisse l’abandonner? Pas la petite fille de l’histoire (et bien d’autres). C’est pour ça qu’elle attend. Longtemps. Très longtemps. Avec l’espoir pour tout compagnon.

Mais Mamy ne reviendra pas. Et quand elle le comprend, elle se sert de cette absence qui s’éternise pour lui donner « un visage » par des mots créant des images fortes. Poétiques. Vibrantes. Empreintes de tendresse. Qu’on lit et relit.

L’absence, on la voit mieux : elle brille, dit-elle quand peu à peu tout devient clair dans son esprit. Une réflexion qui, presque à elle seule, exprime toute la sagesse de ce petit livre tout simple aux illustrations épurées.

Un petit bijou.

Les couleurs de Bruxelles

Des couleurs que nous offre généreusement Armando. Un bien joli cadeau, n’est-ce pas?

Ce que mots vous inspirent 1061

Il y a des silences qui en disent long comme il y a des paroles qui ne signifient rien. (Édith Piaf)

*toile de Daniel Von der Ahe

Le rêveur 1

L’heure visible te gagne
et te recouvre.

Dans le sable du miroir
tu te tournes.
Te voir ne suffit plus.

Car au-delà de la brutalité du vent
l’œil inquiet accumule
la souffrance de l’eau.

L’ombre touche toujours à la cage de nos yeux

Alain Cuerrier, Le rêveur d’ombres

*choix de la lectrice de Félix Vallotton