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Ce que mots vous inspirent 1064

À travers les livres, nous nous construisons. Il est rare que, dans nos gestes quotidiens, nous soyons sollicités de la sorte. (Louise Warren)

*illustration de Monica Pironio

La vie basse 1

Tu écris la distance
entre toi et l’amour

Les tricheries du désir
dans le temps qui s’embrouille

L’aube en suspens
Tue ce qui traîne

Les parenthèses se referment

Mathieu Croisetière, La vie basse

*choix de la lectrice d’Evgeny Bashmakov

Luc Mercure : six romans en vingt-trois ans

« La parution d’un premier roman est la seule qui soit marquante, même s’il est toujours agréable de tenir entre ses mains son tout dernier né », me disait Luc Mercure il y a quelques semaines, avant que ne paraisse La Mezquita, son sixième roman, chez Québec-Amérique.

Aujourd’hui, il pourrait presque affirmer qu’il a connu deux « premières fois » dans sa vie tant l’expérience qu’il vient de vivre est différente de celle vécue en 1990, lors de la publication à l’Hexagone de son roman Entre l’aleph et l’oméga. Partie intégrante de son mémoire de maîtrise rédigé sous la direction de Pierre Nepveu, Entre l’aleph et l’oméga n’a pas donné lieu aux habituelles angoisses des écrivains qui attendent des mois et des mois une réponse. « À peine trois semaines après avoir déposé mon manuscrit, accepté presque illico par Alain Horic, le contrat était signé et la machine en marche. J’ai à peine eu le temps d’y penser! »

C’est une toute autre aventure qu’il vient de vivre avec La Mezquita, car il a, cette fois-ci, été mis au courant de toutes les étapes, pu travailler de près avec son éditrice et même répondre aux questions d’une des deux réviseures. Il se sent impliqué pour la première fois de sa vie dans le processus de mise en marché, d’où cette perception de vivre une deuxième « première fois » qui ravit le romancier qui se rappelle avec émotion son premier roman et tout ce que celui a eu de répercussions sur sa vie.

« Je savais que je serais écrivain. Je savais aussi que je voulais être romancier. Par contre, j’ignorais que j’allais publier le roman écrit dans le cadre de mon mémoire. »

Depuis 2002, à la suite de problèmes de santé qui lui ont fait quitter l’enseignement, Luc Mercure se consacre aux voyages et à l’écriture, l’un nourrissant souvent l’autre, comme c’est le cas pour La Mezquita, qui se déroule en Espagne et qui met en scène, comme c’est presque toujours le cas dans les romans de Luc Mercure, des personnages torturés, aux prises avec des questions douloureuses, en quête d’eux-mêmes, dérangés par cette petite voix en eux qui les interpelle et les obsède.

Celui qui nous avait donné avec La faute de Roy Dupuis, son précédent roman, un livre touffu dans lequel se côtoient l’inimaginable et le plausible, n’a de cesse depuis ses débuts de se questionner sur l’existence et les gestes acceptables ou non en mettant ceux-ci entre les mains de ses personnages afin de voir comment ils vont se débrouiller. « Écrire, par mes personnages, me permet de comprendre ce que je ne comprends pas », affirme l’écrivain.

Et comme Luc Mercure n’en a pas fini de s’interroger, de chercher des réponses à ses questions, de tenter d’imaginer ce qu’il ferait s’il était dans une situation hors de son contrôle, ce n’est pas demain qu’il déposera sa plume. Lui qui n’a pas hésité à revisiter la vie de l’évangéliste Jean au seuil de la mort à l’occasion de son premier roman n’en a pas fini avec ses démons et ceux des autres.

Entre son premier roman et son sixième, vingt-trois ans se sont écoulés. Il a conservé la timidité des débuts ainsi que la gentillesse et la générosité de ceux qui apprécient d’être lu. Ce qui donne envie à tous ceux qui ont le plaisir de le rencontrer de lire ses romans.

Texte publié dans

La galerie de Michèle

Vous n’avez guère d’intérêt pour les journaux? C’est que vous n’avez pas encore eu le bonheur de faire le tour de la galerie de Michèle Van Cotthem. Elle vaut le déplacement. Je n’en dis pas plus.

Ce que mots vous inspirent 1063

Jamais je ne saurai comprendre, mais il faut quelqu’un qui comprenne. Et c’est en moi que je dois créer ce quelqu’un qui comprendra. (Clarice Lispector)

*toile d’Edith Gert

Les vers d’Aimée 2

Je sens la fêlure
au cristal de la graphie
morsure de mots
stigmatisant la mémoire

Aimée Dandois, Sang de mots

*choix de la lectrice d’Isaac Sheffield

Déjà huit ans!

Il y a huit ans, à la même heure, je me glissais dans la peau d’une blogueuse. Sans savoir où cela me mènerait. Sans penser une seconde que j’écrirais tous les jours quelques lignes ici. Pour le plaisir du partage. Par besoin de dire à haute voix ou de laisser des traces.

Il y a huit ans naissait le pays de Lali. Merci d’y passer. Tous les jours ou de temps en temps.

Il y aura toujours une place chez moi pour vous qui aimez les mots, les couleurs et les notes.

*toile de Loui Jover

Un café avec Spinoza 10

Le regret, c’est le désir ou l’appétit de la possession d’une chose, lequel est entretenu par le souvenir de cette chose et en même temps empêché par le souvenir de choses différentes qui excluent l’existence de celle-là. (Baruch Spinoza)

*illustration de Valériane Duvivier

Un café avec Spinoza 9

La peur ne peut se passer de l’espoir et l’espoir de la peur. (Baruch Spinoza)

*toile d’Alois Heinrich Priechenfried

Un café avec Spinoza 8

La paix n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice. (Baruch Spinoza)

*toile d’Alexandra Huard