« Un prêt, même ancien, n’est pas un don. » (proverbe hongrois)
*toile d’Otto Wyler
« Efforcez-vous d’être toujours en bonne compagnie… même quand vous êtes seul, face à vous-même. » (proverbe hongrois)
*toile d’Ulisse Caputo
Parce que c’est la fête nationale des Hongrois dans cinq jours, les vieilles dames imaginées par l’artiste finlandaise Inge Löök ont décidé de souligner l’événement en arborant les couleurs du drapeau hongrois et ont invité quelques-uns de leurs amis à faire de même. C’est donc avec enthousiasme qu’elles voient arriver par courrier des réponses positives.
Ce sera donc un dimanche hongrois où lecteurs et lectrices porteront du rouge, du vert et du blanc, tout en nous proposant des proverbes du pays où sont nés Brassaï, Agota Kristof, Bela Bartók, Imre Kertész et de nombreux autres, en commençant par celui-ci :
« Qui reste assis sur la terre ne tombe pas. »
Approche
Celui qui glisse vers l’autre rive
se surprend à exister,
léger de corps et de bagages.
Les pierres se font sources
et plus clémente est la neige
qui tranche net avec le ciel.
Ce que l’on peut alors soupçonner
rend crédible le moindre doute.
De ce point reculé de pays,
le regard trouble la lumière.
Max Alhau, À la nuit montante
*choix de la lectrice de Gheorghe Vanatoru
J’avais dévoré Une île trop loin d’Annika Thor. La même chose est arrivée avec L’étang aux nénuphars, le deuxième tome de cette tétralogie qui relate les aventures de deux jeunes sœurs autrichiennes de confession juive qui ont été envoyées en Suède avant le début du conflit alors que le nazisme montant ne laissait rien présager de bon pour les Juifs.
Alors que dans le premier tome les deux sœurs, bien que vivant dans deux familles, n’étaient pas éloignées l’une de l’autre puisqu’elles habitaient le même village, elles se voient ici séparées, Stephanie, l’aînée étant partie en ville poursuivre ses études. C’est d’ailleurs surtout de Stephanie dont il est question dans L’étang aux nénuphars et de toutes les difficultés auxquelles elle se trouve confrontée alors qu’elle loue une chambre d’une riche famille en même temps qu’elle est sans nouvelles (ou presque) de ses parents.
Amoureuse pour la première fois, victime de mensonges, aux prises avec toutes les questions propres à l’adolescence et à celles beaucoup plus graves entourant son avenir alors que la guerre prend de l’ampleur, Stephanie demeure Autrichienne et Viennoise, même si ses souvenirs commencent à s’estomper alors que sa sœur est résolument tournée vers l’avenir et même prête à se faire Suédoise.
Annika Thor, avec ce deuxième tome, nous offre un roman enlevant dont elle prend soin d’installer le contexte en résumant en quelques lignes le premier, et nous tient en haleine jusqu’à la dernière ligne. Ce qui bien sûr incite tout lecteur à vouloir connaître la suite sans attendre.
J’ai donc dévoré L’étang aux nénuphars qui raconte la deuxième année de Stephanie et de Nelli loin des leurs et de leur pays. Me croirez-vous si je vous dis que je me propose de lire Les profondeurs de la mer sans tarder?
Je voudrais atteindre
tendresse.
Je voudrais étendre
ses tresses sur
le désert de mon
dos.
je voudrais guérir
cette tristesse
qui me nomme.
Patrice Desbiens, Bleu comme un feu
*choix de la lectrice de Rob Graafland
Je n’avais lu jusqu’ici de Jeanne Benameur que Les demeurées, un magnifique roman don la lecture m’avait tant emballée que je promettais de lire d’autres de ses livres. Puis, le temps a passé et je me suis laissée séduire par nombre de livres depuis. Tant et si bien que j’en avais presque oublié la lauréate du prix Unicef en 2001. Jusqu’à ce que je croise La boutique jaune, un des nombreux romans destinés aux jeunes qu’elle a écrits et qui m’a enthousiasmée dès le quatrième de couverture et qui n’a pas cessé de de le faire jusqu’à la dernière ligne.
La boutique jaune, c’est celle que Marion, 16 ans, qui veut devenir photographe, croise jour après jour sur sa route et aussi la porte voisine de celle d’Albert, un vieux monsieur avec qui elle se lie, lequel connaît bien cette boutique qui est fermée depuis très, très longtemps puisque son existence est liée à un pan de sa propre vie. Or, la boutique n’est plus désert(é)e. Des squatters, une femme et son fils, semblent y avoir élu domicile. D’où viennent-ils? Pourquoi ont-ils choisi ce lieu plutôt qu’un autre?
Les résultats de l’enquête menée par Marion et ses amis seront probants. Ce n’est pas le hasard, mais le passé et les gènes qui ont poussé cette femme sans racines dans ce lieu dont elle a entendu parler. Parce que là, et seulement là, elle pourra trouver des repères et une identité.
La boutique jaune porte sur la tolérance, les racines et l’identité. Avec subtilité et tendresse, Jeanne Benameur a créé des personnages attachants qu’aucun lecteur n’oubliera.
Il y a une fissure dans tout. C’est ce qui permet à la lumière d’entrer. (Leonard Cohen)
*toile de Kay Jackson
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