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Les vers d’Isabelle 1

C’est le recueil Ton silence de la poète québécoise Isabelle Courteau que la lectrice peinte par Frank Dicksee a décidé de parcourir, faisant une pause au détour d’une phrase, jusqu’à ce qu’elle s’arrête sur ces mots :

Comme si je faisais encore
que commencer.
Comme si le caché de l’existence
devenait sa pleine dimension.

Un court roman pour enterrer le passé

Curieux roman que ce premier roman signé Elena Andreas à propos de laquelle on ne semble rien trouver sinon que son année de naissance, 1961, et les traces de deux autres livres, à savoir un roman et un essai sur le cinéma. Curieux roman en effet que Le passé, mettant en scène une femme au début de la trentaine qui, au terme d’une journée où elle est allée au cimetière sur la tombe de sa grand-mère un an jour pour jour après le décès de celle-ci, fait le tour de sa vie avant de s’allonger pour dormir et rêver de l’océan. Et ainsi enterrer le passé.

Très court roman (il compte 75 pages très aérées), Le passé est finement écrit, proche de la prose poétique par son rythme et par les images suscitées par des phrases courtes, mais lourdes de sens. Il s’agit en effet d’un dur constat sur une existence sans illusion, sur une vie dont elle s’est quasi retirée après avoir évacué chacun de ceux qui auraient pu se greffer plus longtemps que le temps d’une amitié, d’une conversation, d’une nuit. D’un constat sur son impossibilité de vivre autrement que seule, elle qui a été élevée par une grand-mère qui ne parlait pas et qui n’a pas su la préparer à une vie autre que celle dans laquelle elle évolue sans tristesse, sans espoir.

Un roman retenu au hasard d’une visite à la bibliothèque pour cet extrait : « Suis-je moins que vivante ou plus que vivante parce que moins qu’une vivante? »
Question à laquelle le livre fermé je ne peux répondre. Et à laquelle je n’ai pas envie de répondre, au fond, préférant conserver de ce premier roman son climat. Et cette phrase : « J’attendais uniquement que les lendemains se succèdent, je n’étais pas pressée de rire d’en avoir espéré quelque chose. »

Titre pour le Défi Premier Roman

Ils veillent

Ils veillent. Patients. En piles bien ordonnées. Mais pas toujours. Attendant leur heure ou la mienne. Recelant de personnages et d’histoires.

Ils veillent.

Mais parfois, c’est moi qui me raconte des histoires.

*toile d’Édouard Vuillard

La fille de Bruxelles

On ne sait rien d’elle. Du moins, je ne sais rien d’elle. Juste que son visage de pierre a croisé le regard d’Armando. Qu’il a été ému. Qu’il lui a peut-être glissé quelque secret à l’oreille. Du bout des lèvres. Qu’un sourire presque imperceptible s’est alors posé sur ses lèvres.

Je ne sais rien d’elle. Je sais juste qu’elle est de Bruxelles. Et qu’elle a séduit Armando.

Ce que mots vous inspirent 614

On peut diviser les gens entre ceux qui, par peur de se tromper, n’agissent pas, et ceux qui agissent même s’ils se trompent. (Rosa Montero)

*toile de Leon Zernitksy

Quelques soirs au Cabaret 5

Une page blanche, une plume qui court,
des souvenirs en avalanche
et c’est déjà dans mon cœur
le désordre d’une joie.

Guy Mauffette, Comme au Cabaret du soir qui penche

*choix de la lectrice d’Ilya Schor

Ravissement

Catherine Aygalinc est sûrement amoureuse de Paris. Il ne peut en être autrement quand on consacre un livre aussi riche, aussi beau, tant par son contenu littéraire que pictural, à Paris. C’est donc face au ravissement de l’auteure que nous nous trouvons au hasard de ces pages consacrées à la capitale de la France, un ravissement qui devient le nôtre à mesure que défilent sous nos yeux des photos prises par d’autres amoureux de Paris et les mots écrits par ceux qui ont tant aimé cette ville à nulle autre comparable.

Baudelaire, Verlaine, Apollinaire, Prévert, Eluard, Nerval, Aragon, Breton et nombre d’autres réunis dans Paris Poète répondent aux photos de Nadar, Brassaï, Wols, Doisneau, Cartier-Bresson et quelques autres, à moins que ce ne soit ceux-ci qui répondent en clichés aux premiers.

Mais peu importe. Ce qui nous intéresse est le résultat. Cette promenade dans les multiples Paris des uns et des autres, le Paris des cafés, celui des quais, des toits, celui où se croisent les noctambules, le Paris à l’avant-garde de la mode, le Paris des métiers, le Paris des artistes, tous ces Paris qui n’en forment qu’un et dans lequel nous allons en chantant au fil des pages une des nombreuses chansons qui lui son dédiées et que certains textes et photos nous suggèrent. À vous de choisir la vôtre.

Quant à moi, je feuilletterai encore Paris Poète. Pour le plaisir. Pour la beauté des mots. Pour la lumière des photos. Pour la nostalgie qui fait vivre.

Fais-moi une fleur

Pour accompagner les fleurs de ce matin, laissez-vous bercer par Maurane et la chanson titre de son tout nouvel opus, qui est comme chacun de ses albums pur enchantement, Fais-moi une fleur.

Sous le ciel bleu de Bretagne

Alors qu’il neige depuis hier soir sur Montréal, ces photos prises par Chantal à Bénodet sont, en ce qui me concerne, plus que bienvenues!

Ce que mots vous inspirent 613

Entre « livre » et « vivre », il n’y a que la chiquenaude d’une consonne perdue. (Raphaël Sorin)

*toile de Joanna Zjawinska