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La langue de chez nous 2

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On ne peut pas marcher dans la boue sans se salir les bottes : On ne peut s’exposer à des gens malsains, à une réalité néfaste ou malsaine sans en être affecté. Équivalent français : Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs.

Pierre Desruisseaux
Dictionnaire des proverbes, dictons et adages québécois

*illustration d’Alex Dukal

La langue de chez nous 1

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En ce dimanche de janvier m’est venue l’idée de réunir quelques bibliophiles et dévoreurs de livres afin de leur offrir quelques pages d’un livre qu’ils ne connaissent peut-être, à commencer par celui de l’artiste turc Gürbüz Do?an Ek?io?lu. Un livre qui leur permettra, et vous permettra du même coup, de savourer quelques expressions bien de chez nous, puisqu’il s’agit du Dictionnaire des proverbes, dictons et adages québécois de Pierre Desruisseaux, dont vous voudrez retenir quelques expressions, j’en suis convaincue.

Il y en aura donc une nouvelle toutes les heures de ce dimanche. Puisse cette idée vous plaire!

Quelques haïkus 4

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joie d’été
la rencontre d’une herbe
et de mes lèvres

Jean Dorval, Carpe Diem. Anthologie canadienne du haïku/ Canadian Anthology of Haiku

*choix de la lectrice de Jan Toorop

Pour mélomanes amoureux des mots

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C’est grâce à Barbara que j’ai redécouvert cette formidable collection qu’est Le français retrouvé aux éditions Bélin dont les 76 titres constituent une richesse inestimable et un patrimoine pour qui aime la langue française et est curieux de connaître la source des emprunts à d’autres langues.

J’ai ainsi ouvert Les mots de la musique de Christophe Hardy, qui est une véritable bible pour qui s’intéresse à la musique, à ses termes et à leur étymologie, à son histoire, aux grands courants ainsi qu’à la danse et à la chanson.

Conçu à la manière d’un dictionnaire, donc de façon alphabétique, Les mots de la musique est un hommage à la langue et à la musique qui saura vous éclairer sur ce que sont un chitarrone, l’annotation del sagno, un flexaton, un bottleneck, une danse appelée matassins, la machiche, l’indication ossia, entre autres, tout en vous offrant ici et là quelques citations qui ajoutent un grain de sel à ce livre formidablement documenté et absolument passionnant. À offrir à tout mélomane de votre entourage amoureux des mots et tenant compte de la justesse des termes qu’il emploie.

Mafalda, la voix d’un ange

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Avec Fadas, Mafalda Arnauth, née à Lisbonne au milieu des années 1970, et dont on a dit qu’elle était « un ange déguisée en femme » signe probablement un des albums de fado les plus réussis de 2010. Un album chargé d’émotion qui bouscule le cœur et vous donne des frissons.

Fadas, qui se veut un hommage aux grandes fadistes qui ont été son inspiration — Amália Rodrigues, Hermínia Silva, Fernanda Baptista, Celeste Rodrigues et Beatriz da Conceição — et qui le sont toujours, qui s’ouvre sur Antigamente que voici, est pour tout vous dire, un album magnifique.

Quelle heure est-il à Locronan?

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Le temps d’une photo prise par Chantal l’automne dernier, l’heure s’est figée à jamais sur le cadran solaire de Locronan. Mais quelle heure, au fait?

Un de mes souhaits

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La toile de ce dimanche, signée Evelyn de Morgan, est là qui attend vos mots et vos histoires. Grâce à eux, elle pourra prendre son envol et se poser chez les lecteurs de cette rubrique, dont certains deviendront peut-être en 2011 des envosmotistes. C’est là un de mes souhaits.

La toile est donc là. Vous ne la laisserez pas muette?

*toile de Joachim Lehrer

Et parfois

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Et parfois livre qu’on étire, qu’on voudrait sans fin, qu’on traîne partout avec soi. Et parfois livre qui toute notre vie nous poursuivra de ses images que le vent révélera au moindre écart. Et parfois livre aux mots de papier plus vrais que ceux qu’on prononce jours sans lumière.

*toile de Jon Jaylo

Quelques haïkus 3

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le ciel plus bas
après le passage des oies
soir de septembre

Micheline Beaudry, Carpe Diem. Anthologie canadienne du haïku/ Canadian Anthology of Haiku

*choix de la lectrice d’Arturo Gordon Vargas

LE grand roman d’amour portugais

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« Personnages de roman, ils vivent leur vie comme des acteurs jouent une pièce, et ils brouillent à volonté les frontières entre le réel et le romanesque. Les personnages d’Amour de perdition agissent exactement comme les romantiques de 1850. On peut dire qu’ils sont de la même trempe. Simon Botelho et Thérèse d’Albuquerque appartiennent à cette génération de Portugais qui entend faire de la vie une destinée et parfaire cette destinée comme une œuvre d’art, ciselant l’adversité comme une stèle de marbre. »

Cette citation, tirée de la préface de Jacques Parsi, le traducteur, exprime à elle seule et mieux que je ne le ferais ce qu’est et ce que représente Amour de perdition, le grand roman d’amour portugais à quelques reprises adapté pour le cinéma et dont la version cinématographique de Manuel de Oliveira est, paraît-il, remarquable.

Roman écrit en prison alors que Camilo Castelo Branco et la femme mariée qu’il avait enlevée étaient incarcérés pour adultère, l’auteur a affirmé à propos de celui-ci : « J’ai écrit ce roman en quinze jours, les plus tourmentés de ma vie. » Inspiré par les amours contrariées de son propre oncle (Simon), le roman relate la passion de celui-ci pour Thérèse, sa jeune voisine, une passion partagée par celle-ci.

Mais c’est sans compter sur la haine du père de Thérèse envers le père du jeune homme. Tadeu d’Albuquerque a d’autres intentions pour sa fille que celle de la voir unie à ce vaurien, fils de son ennemi juré et promet celle-ci à Balthasar, son neveu, lequel sera tué par Simon après nombre de péripéties que je n’énumérerai pas. Un crime pour lequel il sera emprisonné tandis que la belle Thérèse sera enfermée au couvent.

Loin l’un de l’autre et s’appartenant à jamais, ils trouveront bien entendu le repos dans une mort qui les réunira puisque dans cette vie il ne leur a pas été permis de s’aimer en toute liberté.

Un roman teinté du plus pur romantisme qui propose en plus de l’histoire d’amour qui nous est contée un regard sur cette société où on se débarrasse facilement de qui nous nuit et où les saintes ne se trouvent pas dans les couvents.