Parce que nous en avons tous besoin et parce qu’Armando le photographie avec amour!
C’est surtout quand les journées paraissent longues que les années passent vite. (Alfred Capus)
*toile de Fabio D’Aroma
La lectrice de l’artiste Will Barnet a ouvert le numéro de la revue Poésie de mai-juin 1987 laissé là la veille par une des lectrices du soir. Puis, elle est allée de page en page, jusqu’à ce qu’elle s’arrête ici :
Miroir sans tain du soir
La marche du temps parfois s’attarde
Dans la minute présente.
Deux grands oiseaux blancs se poursuivent dans le ciel,
Une femme aux seins nus court vers la mer
Et, dans le jardin où les vents brûlants de juillet
Avaient fané toutes les roses,
Mille boutons resurgissent et s’ouvrent
Fragiles comme les joues des filles.
Déjà le haut porche de l’été se referme.
Nous allons entrer dans la maison de l’automne.
Des fruits jeunes et dorés emplissent nos mains
Et l’étoile aveuglante éclate en plein jour
Parmi les toits où joue le soleil.
La mer au loin se colore de cuivre
Miroir sans tain du soir
Où se contemple encore et lentement s’efface
Le visage ivre de la journée.
(Marcel Béalu)
mots éparpillés
encre qui a pâli
souvenirs non taris
mots tatoués
à même ma peau
(juin 2010)
*toile de Yuri Krotov
Difficile de classer la chanteuse Natacha Atlas autrement que dans les « Musiques du monde » à cause de sa polyvalence et de ses origines. Née à Bruxelles, elle est issue d’une famille à la fois égyptienne, palestinienne et marocaine, et passe une partie de sa jeunesse en Grande-Bretagne, pays de sa mère, après le divorce de ses parents. Qu’elle chante en arabe, en français ou en anglais, Natacha Atlas reste une exploratrice qui mélange les genres et à qui tout réussit.
À titre d’exemples, deux pièces bien différentes.
Fakrenka :
You Only Live Twice :
Me voilà une fois de plus confrontée à une coquille et dans un livre de bibliothèque, ce qui va me retenir de biffer « te » au « cette » de « cette hiver-là » (Pierre Péju, La petit Chartreuse, Gallimard, p. 124), ce que j’aurais fait sans hésitation si le livre m’avait appartenu, ce qui m’a donné envie d’ouvrir cette nouvelle chronique, parce que les anecdotes sont nombreuses pour qui doit faire montre d’un œil de lynx au quotidien.
En effet, la réviseure que je suis (je sais, je sais, ailleurs qu’au Québec, on dit réviseuse, vous pourrez le vérifier ici) ne décroche jamais, si bien que presque chaque jour une coquille, une erreur grossière ou les deux s’étalent devant ses yeux.
Parfois, je ris, c’est trop gros. D’autre fois, je suis en rogne. Ça dépend de ma journée ou de la couleur du ciel, va savoir.
Ce que je sais ce soir, c’est que j’ai envie de cette chronique, que j’ai envie qu’elle soit légère et qu’elle me permettra sûrement de rire — même si parfois jaune. Surtout que je suis toujours à me demander ce que je fais de ce « te » en trop dans un livre qui ne m’appartient pas…
*toile d’August Macke
Et quel parfum! Dommage qu’on ait pas encore inventé une fonction qui permette de transmettre les odeurs…
Se pourrait-il que la lectrice peinte par Ikeda Terukata soit intéressée à découvrir des peintres vus par eux-mêmes? Si oui, elle doit absolument aller faire un tour ici!
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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