Le vent du printemps aura toujours quelque chose de spécial qui se dégagera de lui. Demandez à la lectrice de Nina Ryzhilova, elle qui l’attend depuis des semaines. Elle qui a plongé ses orteils dans l’herbe et qui se laisse bercer.
Le vent du printemps aura toujours quelque chose de spécial qui se dégagera de lui. Demandez à la lectrice de Nina Ryzhilova, elle qui l’attend depuis des semaines. Elle qui a plongé ses orteils dans l’herbe et qui se laisse bercer.
Lui aussi avait hâte. Pas juste elles. De s’installer en pleine lumière. De capter celle-ci sur la toile tandis qu’elles liraient. De les peindre dans leurs jolies robes au milieu des fleurs. Oui, le peintre Robert Sarsony avait sûrement aussi hâte que les lectrices de voir enfin le beau temps arriver.
Oui, bien sûr, la lumière lui manquait. Oui, bien sûr, rester dehors lui manquait. Mais ce qui manquait le plus à la lectrice d’Ina Schilling, ce sont les odeurs. Ces odeurs uniques du printemps. Ces odeurs dont elle se gave. Ces odeurs du retour à la vie.
Elle n’entend plus rien. Sinon que le chant de quelques oiseaux qui ont, comme elle, attendu le printemps. Elle ne voit plus rien, sinon que les pages de son livre et la luxuriante nature qui s’offre enfin à elle. La lectrice d’Arthur Watson Sparks est heureuse.
Elle choisit un angle et puis en change à mesure que la journée progresse, que le soleil se déplace. La lectrice de George Van Hook ne veut rien rater. Pas un seul rayon. Pas un seul moment de bonheur.
Est-ce quand on sort les parasols, comme dans la toile de Frederick Carl Frieseke qu’on sait que c’est vraiment vrai? Que le printemps ne va pas rebrousser chemin? Qu’on va pouvoir lire dehors des heures et des heures?
La lectrice de Jacqueline Gougis a tellement attendu ces jours de beau temps, avec une telle impatience, que si les nuits n’étaient pas si fraîches elle serait restée là, dehors, pour profiter de chaque rayon de soleil, de toutes ces odeurs qui sortent enfin de la terre. Et j’aurais presque cette envie moi aussi.
Pour bien marquer le retour du printemps, même s’il est encore frais et pluvieux, je ferai de ce dimanche un jour de fête. Un jour de lectrices et de lecteurs lisant dehors. Assis dans l’herbe, comme la lectrice de Miska. Ou au jardin. Ou dans un parc. Ou sur une plage. Là où la nature s’éveille.
J’ai tellement attendu les beaux jours que je dois signaler leur arrivée. À ma manière. Et je ne vois pas de meilleure façon que d’inviter les lecteurs et lectrices du beau temps chez moi…
Elle les connaît par cœur. Ces mots, tous ces mots de L’outre-vie de Marie Uguay. Et pourtant, pour la lectrice de Pierre Bonnard, ils sont chaque fois neufs. Ils offrent des angles et des perspectives. des paysages et des souvenirs. Des rêves et des secrets. Des mots qu’elle laisse là pour qui s’attardera.
Subitement avril aux forêts d’attente
des galeries dans leur pignon d’accueil
les paupières plissées
les heures se détendent
et toutes les briques ont des ruisseaux dans leurs failles
Je ne cesse jamais de suivre le chemin de tes lèvres. (Rosa Alice Branco)
Elle est venue tous les jours lire les pages du recueil de Rosa Alice Branco. Si bien qu’elle a eu envie du livre. Une folle envie de se plonger dans les mots de la poète portugaise. Et c’est ce qu’a fait la lectrice de Greg Carter depuis que les lectrices ont abandonné le livre pour en ouvrir un autre. Comme si elles l’avaient laissé là pour qu’elle trouve cette phrase qui, sûrement, a été écrite pour elle.
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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