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Si c’était le cas…

yoplait

Heureusement qu’il n’y a pas 16 yogourts à la noix de coco dans les paquets, mais quatre. Heureusement aussi que cette saveur n’est pas offerte en format de 1 litre. Parce que si c’était le cas, il est bien évident que je mangerais facilement le contenu de trois petits contenants en une seule fois plutôt que des les étirer en alternant avec les autres. Parce que si c’était le cas, je pourrais bien vider le litre en une fois… ou deux, en faisant un gros effort.

Du soleil dans la voix

melina kana

Si je devrais être une couleur, je serais rouge sous toutes ses nuances possibles.

Si je devais être un élément de la nature, alors je serais la pleine mer lointaine.

Si je devais chercher une maison, alors ce serait une roulotte dans une caravane qui changerait toujours de place.

Si jamais je devais vieillir, alors j’aimerais vivre dans une ferme à l’écart de tout, às la campagne en Grèce, me lever à l’aube et me coucher au crépuscule.

Ce sont des images qui vivent en moi, dont je rêve quant je ferme les yeux en chantant à la recherche de – rien d’autre que le bonheur.

C’est en ces mots que se raconte Melina Kana, dans le livret de Portrait.

Et cette recherche du bonheur en chantant dont elle parle, nous la trouvons à l’écouter. Petites histoires sur fond de blues qui rappelle les cafés d’une autre époque. Tout cela dans la tradition des grandes interprètes du rembetiko. Et avec beaucoup de soleil dans la voix qui donne envie de prendre le premier avion pour Athènes.

Et à titre d’exemple, Logia, Tsigara (Mots, cigarettes) :

Non seulement je perds les choses,
mais je les oublie aussi.
Les mots, les cigarettes, le briquet.
Et mon destin insoupçonné
qui me destinait à t’aimer.

Et tu te rappelles comme tu le dis
de chaque détail.
Ça te plaît de m’interroger,
tu ne laisses passer aucune de mes fautes
sans les comparer à celles d’autrefois.

Comme tu ne peux t’empêcher
de jouer le rôle du juge d’instruction,
tu te sers de ton corps comme d’une cravache,
et de tes étreintes comme d’une prison,
je reconnais ma culpabilité
.

Question quotidienne

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Quand elle s’asseoit enfin pour lire, elle se pose toujours la même question. Parce qu’il lui faut quotidiennement refaire le même geste. Replacer tous les tableaux. Un par un. Pour qu’ils soient bien parallèles avec le plafond et le sol. Et le travail fini, la question reste sans réponse. La lectrice de Charlotte Bosanquet n’a aucune idée comment les tableaux font pour se déplacer jour après jour.

La mèche

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Elle est là tous les jours. Sur le même banc. Infailliblement. Plongée dans un livre. Loin de tout. Dans un monde qui n’appartient qu’à elle. Et chaque fois, il a envie de replacer la mèche sur le front de la lectrice de Marlene A. Boonstra. Mais un tel geste la ferait basculer dans le réel brutalement. Et il préfère laisser là la mèche et la regarder.

L’écrivain en vacances

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Il avait besoin de paysages. Besoin d’être ailleurs. De marcher sur une plage sans réfléchir. Peut-être même de dessiner. Et l’écrivain de Seamus Berkeley est allé voir le sable. Il a regardé les étoiles. Il a croqué une pêche. Mais…

« Qui donc saura qu’un écrivain n’est jamais en vacances? Il enregiste, cherche, guette, se souvient, organise, dispose, reprend, s’émeut. Un bar, un visage, un lac, un fait divers, avec n’importe quoi et n’importe où, il écrit. » (Michèle Mailhot)

Je voulais lire tranquillement

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Suis-je vraiment en train de devenir une vieille grincheuse? Je voulais lire tranquillement et profiter de mon vendredi de congé. À la manière de la lectrice peinte par Karl Hofer. Dans le calme de ce jour d’avril. Mais c’était sans compter sur les bruits dans l’immeuble. À se demander si une tornade ferait moins de bruit. Entre l’aspirateur de l’un, le poseur de clous du rez-de-chaissée, la douche du bas qui semble fonctionner en continu, les conversations et les cris dans la cage de l’escalier, j’ai tout simplement la tête qui tourne.

Est-ce ainsi tous les jours de la semaine quand je ne suis pas là ou ai-je droit à un spécial vendredi parce que je suis à la maison? Ou vraiment, suis-je une vieille malcommode en devenir?

Anecdotes de libraire 5

kc

Il fut une époque où on me repérait au son. Et pas n’importe quel son. Bing-badaboum. Ou quelque chose qui ressemble à ça. Le son de livres qui s’effondrent. Tantôt d’une pile déposée en catastrophe pour servir un client. Tantôt de mes bras surchargés parce que je tente de faire une place sur une tablette. Bing-badaboum.

Juste ce son à intervalles réguliers faisait qu’on ne perdait pas ma trace. S’il y avait un bing-badaboum, je ne devais pas être loin de l’endroit où il avait été entendu. Parfois assise en indien en train de scruter une tablette du bas, tentant l’impossible : glisser quelque part tous ces nouveaux livres que j’avais transportés de peine et de misère. Parfois à genoux, la tête ne dépassant pas, bien évidemment, aux prises avec le même défi. Où allais-je bien ranger tout ça sans que ça ne fasse désordre ou fouillis?

Bing-badaboubouboum. Petite variante pour faire changement dans l’uniformité de la partition des livres qui s’écrasent. Je viens de rater la marche de la section jeunesse et de m’allonger avec la pile. Non, non, ne vous précipitez pas, ça va. Mais personne ne se précipite. On a encore cru que quelques livres étaient tombés. Pareil quand j’ai déboulé l’escalier de haut en bas les bras pleins.

Curieusement, je n’échappe plus rien, même si je m’étale toujours régulièrement. Petites traces d’une vie d’avant. Sans piles autres que celles que je promène de la chambre au bureau, du bureau au salon et du salon à la chambre. Des piles qui ont des airs de celles de Kritsana Chaikitwattana.

Un vert doux et tendre

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Comme il est doux et tendre ce vert qu’a trouvé Géraldine pour nous. On resterait là sans bouger pour ne pas le déranger tandis qu’il s’étale et envahit petit à petit l’espace. Non?

Aux confins de soi-même

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« Un amour est un voyage aux confins de soi-même » a écrit Hélène Ouvrard. A-t-elle répété cette phrase ce jour de mai 1983 alors que nous prenions le thé sous les combles dans l’appartement qu’elle occupait rue du Faubourg Saint-Denis? Il me semble, mais je n’en suis pas certaine.

Nous avons parlé de tant de choses. De ce sur quoi elle travaillait, de la pièce que j’étais en train d’écrire, de l’amie commune qui nous avait réunies le temps de petits fours et d’une tasse de thé, de l’amour (parce que comment ne pas en parler alors que c’est le thème chéri de tous les écrivains), de peinture, de Paris où elle vivait temporairement.

Souvenirs fugaces de celle qui n’est plus et qui m’a accueillie chez elle en toute simplicité. Elle, si passionnée, qui aimait tant la peinture qu’elle aurait – je crois – apprécié que je pose sa citation sur cette toile d’Eva Reichl. Une citation magnifique. Et qui, pour le peu que je sache d’elle, par ses romans, par ses poèmes, par cette unique rencontre, vivait cette phrase et en avait fait son leitmotiv.

Quand un livre lance une invitation

livre musée

Comment un livre qui n’a pas pas bougé d’une tablette depuis au moins huit ans a-t-il fait pour tomber et se déposer sur le plancher juste à côté de ma chaise de travail? D’accord, il n’était pas seul. Trois sont tombés alors que je n’étais pas là. La biographie de Camille Claudel écrite par Anne Delbée. Un très joli livre qui s’appelle Cahier de Bretagne, dont j’avais oublié l’existence et que je mets de côté pour en parler ces prochains jours. Et le Guide du musée de la musique.

Je n’irai pas dire que je vois dans cette chute un signe. Mais une invitation, peut-être. Une invitation pour Parisiens et Franciliens à aller s’égarer là-bas, aux confins de Paris, dans ce lieu fabuleux qu’est la Cité de la Musique. Et que trop peu connaissent. Parce que le lieu n’est pas en plein centre de Paris.

Et pourtant, la Cité de la musique est un lieu exceptionnel. Pas du genre qu’on visite à toute vitesse entre deux rendez-vous. On y consacre facilement une journée et ce ne sera probablement pas suffisant.

cite de la musique

Je me souviens d’un magnifique piano carré signé Pleyel. Je me rappelle des harpes travaillées comme des bijoux. Des clavicordes, des clavecins et des mandolines. Des instruments de musique hors du commun, de toutes les époques et de partout. Inusités ou connus. Rares ou courants. À perte de vue. Chacun d’eux expliqué savamment mais sans élitisme.

Et je pense à la médiathèque qu’on y trouve, aux concerts qu’on y donne, aux conférences auxquelles on peut assister. Et je me dis que le livre qui a failli me tomber sur la tête, mais qui a eu la gentillesse de s’échouer sur le sol en mon absence, était véritablement une invitation. À parler de cet endroit. Et à y retourner… je crois.