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Soupirs et vérités

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Je tremble toujours de n’avoir écrit qu’un soupir, quand je crois avoir noté une vérité. (Stendhal)

Et probablement que Stendhal n’est pas le seul à avoir eu ce sentiment. Peut-être, même, est-il celui de quiconque ose écrire, aligner des mots dans le but de dire quelque chose qui n’ait jamais été dit, d’exprimer ce qui l’anime. Du moins est-il le mien quand je me bute à mes balbutiements.

Mais avouons-le, nous écrivons davantage de soupirs que nous ne notons de vérités. Tout simplement parce qu’il faut de nombreux soupirs pour atteindre la moindre parcelle de vérité.

Boileau n’a-t-il pas écrit pour sa part « Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage »?

*toile de Mario Sergio Montacuto

4 ans, 11 000 billets

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Le 24 novembre 2005 naissait le pays de Lali.
Nous voici, quatre ans plus tard, au 11 000e billet.
Est-ce trop?
Probablement, diront nombre de blogueurs.
Mais c’est ainsi. Je n’ai jamais été celle des demi-mesures.

Il y aura donc encore des billets, des toiles, des photos.
Et puis vos traces.
D’ailleurs, le livre d’or est tout prêt si vous voulez en laisser de nouvelles tout de suite ou tout à l’heure.

Moi?
Je vais de ce pas préparer le 11 001e billet, le 11 002e, le 11 003e, le 11 004e…
Je n’ai jamais été celle des demi-mesures.

*toile de Lisa Barmby

Deux jours dans mes souvenirs 1

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Elle est arrivée avec une enveloppe cachetée à mon intention. Et la jeune demoiselle peinte par l’artiste Charles Trevor Garland est restée là, debout, à me surveiller tandis que je lisais la missive qu’elle avait apportée.

Elle n’attendait qu’un oui pour partir et aller annoncer la nouvelle aux autres. Or, la requête contenue dans la lettre n’était pas banale. On me demandait de raconter pendant deux jours des morceaux de mon enfance, des histoires de filles était-ce écrit, à des demoiselles qui viendraient les écouter…

Pourquoi pas? me suis-je dit. Oui, pourquoi pas? Et je lui ai dit oui, tout en me demandant si j’avais assez d’histoires dans mon coffre pour tenir deux jours…

Place donc à mes histoires, sans ordre, comme elles viendront. Juste pour le plaisir de les raconter, de les partager. Avec elles. Avec vous.

En pensant à elles

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Je pense parfois à elles, qui avaient 15 et 16 ans au début des années 90 et qui s’étaient inscrites à l’atelier d’orthographe que j’ai animé pendant deux années scolaires. Elles qui croquaient les mots comme elles croquaient la vie, avec un appétit incommensurable. Elles pour qui j’ai souvent été une confidente, parce que je n’étais pas vraiment une prof. Elles à qui j’ai fait découvrir Boris Vian et Marie Uguay, et que j’ai initiées au cadavre exquis. Elles qui ont voulu me mettre à la page en tentant de me convaincre qu’on pouvait écouter pendant des heures Metallica et Guns N’ Roses. J’ai essayé. Impossible. Mais j’écoute encore chaque onzième mois de l’année November rain, écrite par Axl Rose, en pensant à elles.

*toile de Mark Laguë

Là où même le silence s’est tu

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Il y aura toujours quelqu’un pour vous accuser de tout, pour vous faire des reproches, pour vous pointer du doigt, pour poser sur vous un regard qui vous heurte, pour s’en prendre à vous. Où que vous alliez, peu importe ce que vous ferez – ou ne ferez pas. On vous attaquera, on vous blessera, on vous brisera. Et une fois de plus, vous aurez envie de partir loin, vous le ferez peut-être, afin d’aller là où même le silence s’est tu.

*toile d’Ada Thilén

Le questionnaire de Dominique

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*toile de Katie Herzog

À quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture?
Si j’écarte Léo et Léa, les personnages avec lesquels j’ai appris à lire, Les mémoires d’un âne de la comtesse de Ségur.

Quel est le chef-d’œuvre « officiel » qui te gonfle?
Eugénie Grandet de Balzac.

Quel classique absolu n’as-tu jamais lu?
Le tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne

Quel est le livre que tu as le sentiment d’être la seule à aimer?
Histoires à dormir sans vous de Jacques Sternberg

Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier?
Le petit prince (le journal Voir m’a posé la même question au début des années 90, du temps de ma vie de librairie, réponse inchangée depuis)
et aussi L’écume des jours de Boris Vian

Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer?
Métaphysique des tubes d’Amélie Nothomb

Quel livre pourrais-tu lire et relire?
Paroles de Jacques Prévert

Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité?
Les quatre filles du Dr March de Louis May Alcott (pour le personnage de Jo)

Quel livre t’a fait verser tes plus grosses larmes?
Le journal d’Anne Frank

Quel livre t’a procuré ta plus forte émotion érotique?
J’ai beau chercher, je ne trouve pas. Par contre, une scène cinématographique a eu cet effet, à savoir celle où la jupe de Fanny Ardant s’envole dans Benvenuta d’André Delvaux.

Quel livre emporterais-tu sur une île déserte?
Le Grand Robert (en 9 volumes)

Quel est selon toi le film adapté d’un livre le plus réussi?
Diva de Jean-Jacques Beineix, un grand film à partir d’un roman très moyen de Delacorta (pseudonyme de Daniel Odier)

C’est chez à sauts et à gambades que j’ai emprunté ce questionnaire. Si l’envie vous prend d’y répondre vous aussi, vous pouvez le faire chez Dominique, chez Armando, ici ou même aux trois endroits!

Bon anniversaire au bleu d’Armando!

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Du bleu dans mes nuages a deux ans. Deux ans pendant lesquels Armando – alias l’homme du bleu – a rempli une grande assiette (portugaise, il va sans dire) de toutes sortes de mets. D’histoires et d’Histoire, de musiques, de poèmes, de photos, de mots qu’on lui a offerts. Deux ans de partage et d’émotion. Deux ans où chaque jour j’ai été au rendez-vous alors que l’idée germait et que nous étions deux ou trois à croire à ce bleu qui allait un jour avoir une place dans le ciel de la blogosphère.

Puissent ces deux ans, ces nouvelles amitiés, ces rendez-vous que nous attendons se poursuivre encore… au moins deux ans!

Tous ces murs

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Je suis née trois nuits après l’érection du mur. Je ne fais donc pas partie de ceux qui se sont réveillés un matin d’août le fait accompli.

Mais je me souviens du 9 novembre 1989. Des reportages à la télé, des témoins qui racontent.

Et je me rappelle ce jour de juillet 1994, à Paris, où Monique, qui était sur place le jour où le mur est tombé, m’a parlé de ce moment historique. De la foule en liesse. De cette émotion tangible. De ceux qui brisaient le mur et en distribuaient des morceaux.

Un des morceaux a traversé l’Atlantique.

Il m’arrive de le toucher du bout des doigts en pensant à ceux qui s’y sont cassé les ongles et arraché la peau. En pensant à tous ces murs qui existent encore, peut-être pas fait de pierres et de fil barbelé, mais si souvent hélas infranchissables.

Il pleut sur Montréal

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Il pleut. Il pleut comme il pleuvait sur Liège un jour de juin 2005. Comme il pleuvait sur San Francisco en juin 1979. Comme il pleuvait sur Amsterdam en mars 1985. Comme il pleuvait sur New York en mai 1982. Comme il pleuvait sur Londres en juillet 1988. Comme il pleuvait sur Paris en juillet 1997. Il pleut. Il pleut sur Montréal. Mais il y a du café. Mais il y a les livres. Mais il y a ce pays à tapisser d’images et de mots. Mais il y a ce bonheur de vous savoir tout près.

*sur une toile de Jason Bombaci

Il me semble entendre son rire

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Je pense parfois à elle et il me semble entendre son rire pétillant, comme avant. Avant qu’une autre vie l’éloigne. Une vie dont je ne sais rien. Une vie dont j’ai pourtant envie d’imaginer les lignes. Une vie comme elle n’en a jamais eue. Une vie comme elle n’en attendait plus une, elle qui avait été si peu gâtée.

Je pense parfois à elle et j’ai envie de croire qu’il n’y a pas d’âge pour aimer, et que quelqu’un quelque part l’entend désormais rire tous les jours. Et qu’il prendra bien soin du trésor qu’elle est.

*sur une toile de Francesco Dona Vitturi