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À la mémoire de Françoise

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Françoise aimait la vie, la nature, photographier celle-ci, partager ses clichés.

Je vous ai invités à aller chez elle, où j’ai parfois laissé des traces, tandis qu’elle laissait les siennes chez moi.

Un jour de septembre, le verdict est tombé. Un peu moins de quatre semaines plus tard, tout était déjà fini. Mais il restera toujours d’elle ce lieu qu’elle entretenait avec passion et que son mari maintiendra. Un lieu de vie, un lieu où il faisait bon s’arrêter pour ce regard émerveillé qu’elle possédait.

Françoise n’est plus. Mais ce qu’elle a créé avec son cœur, son blog, perpétuera à jamais sa mémoire.

Ces phrases, regards et gestes qui ne sont pas les nôtres

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La remarque mal tournée reflétait-elle vraiment ce que celle qui l’avait faite voulait exprimer? Le regard qui se posait, scrutateur, l’était-il vraiment ou n’était-ce là que l’impression de celle qui en avait été l’objet? Le geste qu’il avait eu avait-il une signification cachée?

Nous sommes tous là, avec des phrases, des regards, des gestes, qui ne sont pas les nôtres, mais dont on voudrait parfois saisir ce qu’ils sous-tendent. Qu’on voudrait creuser pour comprendre. Mais vaut-il la peine de se blesser soi-même en cherchant ce qui n’est peut-être pas là?

Laissons là phrases, regards, gestes qui n’ont de portée que si on veut bien leur en donner. Ils n’existent déjà plus, fondus dans le magma des tous les autres en devenir. Qui nous heurteront seulement et seulement si on les laisse agir sur nous.

*toile d’Ekaterina Arkhipova (dont le site ne semble plus exister)

Toujours je rêverai

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Toujours je rêverai de ruisseaux, de fleuves, de rivières, d’océans ou de lacs. Toujours je rêverai qu’ils soient là, l’un ou l’autre, tout près. Toujours je rêverai de vivre au bord de l’eau. Toujours je rêverai de tous les jours pouvoir lire en écoutant son clapotis ou ses vagues. Toujours j’espérerai que mon rêve prenne forme.

*sur une toile de Mary K. McDermot

Il y avait eu cet automne

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Le vent m’a raconté l’histoire d’un autre automne. Les couleurs des feuilles celles d’un autre octobre. Et le ciel a tout englouti de son manteau noir avant que je ne plonge à pieds joints dans ces jours d’avant. Est restée suspendue dans l’air une odeur. Probablement la sienne. Ou celle de la saison. Les deux sont désormais indivisibles.

Puis, je suis rentrée portant sur mes épaules les traces de mes souvenirs, non pas lourds, mais aussi légers que les ailes d’un papillon. Il y avait eu cet automne. Je pouvais lire tous les livres, aucun ne l’effacerait.

*sur une toile de James C. Christensen

Je sais juste que…

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Garderons-nous vraiment contact ou était-ce une de ces promesses qu’on fait au moment des adieux quand on sait que la vie appelle ailleurs l’une d’entre nous? Resterons-nous liées alors qu’un océan nous séparera et qu’elle aura tant à apprivoiser de sa nouvelle vie en même temps que celle de maman qui vient de s’ouvrir à elle? Me racontera-t-elle encore ses lectures et moi les miennes?

Nul ne sait ce qui arrivera de ce qui s’est tissé durant ces 18 mois où nous nous sommes côtoyées. Nul ne peut dire ce qui adviendra de cette amitié qui n’en était encore qu’à ses balbutiements. Je sais juste qu’il y aura dans mon cœur à jamais une place pour Virginie.

*toile d’un peintre inconnu, début du 20e siècle

Tout pouvait attendre

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Tout pouvait attendre, les livres posés là, les lettres à décacheter, les messages à lire. Oui, tout pouvait attendre. Il fallait d’abord que j’ouvre grand la fenêtre, que je laisse monter jusqu’à moi les cris et les rires des enfants, que je me délecte de leurs remarques. Plaisir d’un automne débutant qui a encore des airs du mois d’août.

Puis, cette remarque : « On est dans la merde… » Une fois, deux fois, trois fois. Je suis allée jeter un œil. C’était vrai. Le ballon n’était plus au sol, mais perché sur la plus haute branche d’un sapin.

Le jeu s’est arrêté. Les enfants sont rentrés, il commençait à faire noir.

J’ai examiné courrier et messages. Et tandis que le café doucement coulait, j’ai examiné ma pile de livres. Ça pouvait attendre. J’écoutais le silence.

*toile de Kellam Brown

Amis du soir

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Doux moment où je retrouve ceux restés là depuis le matin, ceux choisis hier au hasard des rayons de la bibliothèque ou parce que j’avais noté leur titre en me promenant ici et là. Heureuses minutes où je vais de l’un à l’autre, ne sachant lequel j’ouvrirai le premier. Bonheur de les savoir là, amis du soir dans le noir de l’automne débutant.

*toile de Deborah DeWit Marchant

La langue de chez nous

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La fenêtre est ouverte, comme elle le sera tant que septembre et octobre auront encore des airs d’été, tant que les enfants joueront dehors et que leurs voix monteront jusqu’à moi. Voix, et surtout accents, que j’écoute comme d’autres s’imprègnent de musique. Pour le mélange. Pour la partition qu’ils construisent en français dans un Montréal cosmopolite et éclectique. Pour cette langue qui est devenue la leur et qui la réunit. Pour cette langue qui est la mienne. À nulle autre pareille. La langue de chez nous.

*toile de Marlene Wiedenbaum

Un jour, un lieu

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Un jour, un lieu. Qui nous ressemble. Et la vie n’est plus pareille.

Un jour, un lieu, ici. Où personnages deviennent vivants. Où je deviens vivante, aussi.

Un jour, un lieu. Pour les livres, la peinture, les photos, la musique, la poésie. Un peu de moi, un peu de vous.

Et jour après jour le faire vivre pour continuer à vivre.

*sur une toile de Leslie Baker

Bon vent Chantal!

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Plus que 24 heures et tu seras aussi en route. Pour la Bretagne. Puisses-tu là-bas trouver des librairies à ton goût, je sais à quel point tu affectionnes ces lieux!

Puisses-tu aussi te reposer et nous revenir en pleine forme!

*toile de Karin Jurick