Je laisse le livre sur la table. Je laisse la porte ouverte. Elles n’ont plus qu’à entrer et à lire, comme l’a fait la lectrice peinte par Jeri Moore, qui s’est promenée de page en page avant de laisser le recueil d’Antonio Ramos Rosa, Le livre de l’ignorance, ouvert sur ces lignes :
Telle une ondulation sous les arcades d’ombre
la nuit efface la route unanime et ardente
Et le lointain étend jusqu’à nous sa longue intimité
qui fait scintiller en nous ses cristaux éloignés
Car il n’est ni adieu ni solitude ni oubli
ce bleu de ténèbres qui est un tissu autour
du cœur silencieux où s’enflamme le oui
Être ainsi c’est fleurir la substance
des amants et accepter l’empreinte soyeuse
du crépuscule Là où nous sommes se tiennent la certitude
liquide et le diamant Dans la parfaite densité
du couchant qui éternise son empire































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