J’aime provoquer des rencontres improbables. C’est peut-être pourquoi j’aime tant celles qui surviennent chaque soir entre une lectrice et un recueil. Comme celle entre la lectrice peinte par l’artiste Philippe Jolyet et le recueil du poète portugais Antonio Ramos Rosa, Le livre de l’ignorance, duquel elle a tiré ces vers :
Un continent nous arrive soudain
dans une bouffée d’air qui nous ouvre l’abîme
où nous ne soupçonnions pas la présence de la substance
incorruptible
La conscience s’épaissit s’élève
s’ouvre à ce qui en elle s’obstinait à se taire
à ce que le vent lui apporte
dans une même lumière soudain intérieure extérieure
Voici les arbres et les portiques
d’une terre nouvelle immense et très claire
dont la transparence du silence
se prolonge en un grand espace vert



















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