
Et pourtant, l’auteur a été reconnu par ses pairs et a même occupé un siège à l’Académie française. Et pourtant, je me souviens du Lion, que j’ai lu il y a trente-cinq ans, lequel m’avait ébloui. Et pourtant, c’est à Lisbonne que se déroule l’action des Amants du Tage.
Et pourtant. Il s’agit là d’un roman écrit à la va-vite, où il est fait fi du lecteur pour arriver à une scène finale que Kessel a dû se fixer comme but pour en finir avec ce livre qu’il ne devait plus avoir envie d’écrire pour le bâcler ainsi, sans donner de relief aux personnages et dont l’épaisseur psychologique est d’une minceur cadavérique.
Voilà un roman que Kessel aurait dû laisser sur ses tablettes au lieu de profiter de sa notoriété pour le donner à un éditeur qui n’a pas pris la peine de travailler avec lui et qui l’a publié tel quel. Parce qu’il y avait peut-être ici matière à roman si l’auteur s’était donné la peine de sortir des clichés – comme le flic de Scotland Yard aux trousses de l’héroïne belle comme le jour – et d’un enchaînement de dialogues vides qui ne nous apprennent rien sur les protagonistes.
Un si beau titre pour un roman qui n’en vaut la peine, quel gâchis!
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