Que lisent-ils ainsi à deux? Ou que ne lisent-ils pas? Les personnages peints par l’artiste Maria Bertran, native de Caracas, qui vit en Californie, ne font peut-être que regarder les images pour mieux se coller l’un contre l’un contre l’autre.
Libre à vous de prendre n’importe quel chemin, celui de la poésie ou de la prose, pour faire vivre la toile en vos mots. Pour que les personnages ne soient plus figés. Puisque tel est l’exercice que je vous propose chaque dimanche en vous donnant toute la semaine pour écrire.
En effet, les commentaires ne seront pas validés avant sept jours comme le veut l’habitude.
À vous maintenant!

12 réponses
Doucement
tendrement
leur vie s’écoule
Leur petite musique
un silence complice
Un rêve en images
vers un ailleurs
http://www.youtube.com/watch?v=rfdkZRvjsIc
Penchés sur l’aile du désir, ils voguent vers de lointains plaisirs..L’encre du temps a largué les amarres…ils rêvent à leur amour fragile..Enlacé à son cou, son coeur, doucement chavire…De leurs premiers baisers sur son voilier, ce trois mât langoureux, témoin de leurs premiers ébats, de leurs premiers émois…elle se souvient…La mer resplendissait dans son écrin d’argent…Le soleil dardait ses rayons d’opale, olympiens…Les vagues se trémoussaient, ivresse des amants! L’été de ces amours juvéniles refleurira-t-il jamais? La dernière page du livre recèle peut-être la clé…Elle continue de rêver aux baisers volés…Le soleil caressait sa peau pain brûlée…Ses seins dorés ont gardé tout le sel de l’été…Il navigue avec elle dans le tumulte ravissant de ses rêves…son regard noyé dans sa fièvre..leur main caressant la page orange…et tout le fruité de leur étreinte..se fit plainte…
Elle vient des îles, lui du Grand Nord!
Ils se sont rencontrés en Espagne lors d’un congrès, il y a deux ans. Un certain jour, leur regard se sont croisés, quelques jours plus tard, ils se sont parlés et ne se sont plus quittés, ils se sont même mariés.
Lucia est une jeune femme des îles, elle est vive, spontanée, chaleureuse, à un cœur en or et Satinka est beaucoup plus réservé mais Lucia sait qu’elle peut compter sur son mari en toute circonstance. Il est fort et jamais, il ne se dérobera. Sa femme est tout pour lui, il la chérit, la couvre d’amour et de tendresse et tous les deux sont heureux. D’autant plus heureux maintenant, puisque Lucia sera bientôt maman.
Satinka est venu au congrès en souhaitant trouver une voie pour devenir ingénieur étant donné qu’il a entrepris plusieurs années de formation et Lucia était là en tant que journaliste. Depuis deux ans, leur vie a pris une toute autre direction. Plus d’études pour lui et plus de journalisme pour elle.
Bien entendu, ils ne souhaitaient pas rester sans rien faire. Et un jour, une opportunité s’offre à eux. Dans le quotidien, Satinka découvre une petite annonce « Auberge à vendre en Toscane ».
-Qu’en penses-tu Lucia?
-Pourquoi pas mais nous devrions la visiter.
Sur place, ce fut le coup de foudre. Ils découvrent une charmante auberge sur une colline avec des oliviers. L’intérieur est aussi beau et magique que l’extérieur. Leurs cœurs ne font qu’un bon et sont d’accord d’investir pour cette auberge. Etant donné que chacun avait des économies, l’affaire fut conclue le jour même.
Satinka se réjouissait déjà d’être devant les fourneaux. Son père lui avait transmis la passion de la cuisine. Lucia était très heureuse de venir vivre en Toscane. De sa grand-mère, elle a hérité la bonne humeur, la générosité et elle sait qu’elle ne sera pas dépaysée de servir les clients. Lucia connaît bien puisqu’en sortant de l’école, elle allait aider sa grand-maman qui tenait un joli café dans les îles.
Maintenant, l’auberge est encore plus jolie qu’avant. C’est un bijou et un havre de paix. Lucia et Satinka y ont mis tout leur cœur pour la décoration et l’auberge ne désemplit pas. Ils n’ont pas eu besoin de faire de la publicité. Les bonnes nouvelles vont très vite dans la région.
L’auberge attire beaucoup de clients et parmi ces clients, ils ont fait la connaissance de trois peintres. Trois peintres qui se connaissent et qui ont décidé de venir au moins une fois par semaine pour manger et ensuite installer leur chevalet pour peindre ce lieu magnifique.
Il est de coutume que Lucia leur apporte le café dans le pré très heureuse de pouvoir regarder les magnifiques toiles qui se transforment d’heure en heure. Il faut dire que l’endroit est idyllique et la luminosité idéale pour peindre.
Depuis la fenêtre de la cuisine, Satinka regarde sa femme assise près des peintres dans la douce lumière d’une fin d’été.
Il a envie de la rejoindre et prend avec lui son album de photos. Il s’assied à ses côtés tout en l’embrassant et lui dit :
-Ma chérie, j’aimerais te montrer ma famille. Ce sont mes parents dans le Grand Nord et là, c’est mon père à la pêche. Il fait très froid. Tu sais, c’est un métier très dangereux et ma mère était soulagée de le voir rentrer le soir.
Mon père a travaillé très dur pour m’offrir des études. Je ne le remercierais jamais assez.
Tout à l’heure, en te regardant par la fenêtre, il m’est venu une idée. En fait, c’est un souhait.
Puisque depuis notre mariage tout s’est précipité, nous n’avons pas eu le temps de visiter mes parents, serais-tu d’accord ma Lucia de faire leur connaissance?
-Oh quel bonheur…bien sûr que oui et maintenant qu’ils sont devenus grands-parents, ce sera une grande joie pour eux de faire ma connaissance et celle de notre enfant. Un bonheur partagé.
Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, un des trois peintres leur offrit sa dernière toile qui représente l’auberge sur la colline et au dos de la toile, il avait écrit:
A deux amoureux de la nature, restez toujours ainsi…vous êtes mon rayon de soleil!
Avec toute mon amitié,
François, celui qui aime bien le café dans le pré.
Me perdre dans l’écume de l’oubli
Pour échouer sur tes seins
Comme un naufragé de la vie
Qui s’accroche à deux mains
Baisers et caresses nouvelles
À l’aube rose de chaque jour
Danser comme les hirondelles
Dans les ciels bleus de l’amour
Je t’offrirais l’eau du Tage
Pour voir ta peau frémir
Sur ton corps le long voyage
Comme un commencement d’avenir
Et ma bouche sur la tienne
Dans un long baiser langoureux
Comme un esclave devant sa reine
À la conquête de tes yeux
Et puis raconter à ton corps
À l’encre douce de ma tendresse
Que je me voyais presque mort
Comme un vieux avant sa jeunesse
Marylou, foncièrement
Love me, please, Marylou
La fraîcheur de ton corps lové s‘appuie sur son toit
Sur moi
Mon porte-vues joli tuile notre amour, tu
Les vois, mes redevances
Au travers, plastiques, élastiques
Dansant vainement en mille diamants
Sur les pages, en avance
Mes dégrèvement suivent le cours du fleuve
Les prélèvements qui plafonnent comme le cri
Vénéneux, sur-taxé, intoxiqué de l’araignée
D’un soir, revenue
Tu vas poser des limites sur mes tableaux paysages
Sur les frontières de mes mites peu fières
Des limites, pas en reste, reparties au Bal des Lazes
Peut-être s’effaceront-elles ?
Et tu pourras te frotter à l’ISF, à ton SDF
En pattes d’EF, around Tazieff ou Polnareff
Comme une poupée dans la Rue, qui contribue
Et ta voix s’essouffle : qui dit oui, qui dit non…
Holidays, oh holidays !
Et moi Johnny, je paie de ma peau
Locale tes opérations, tes cotisations
En fractions brutes de fonderies
D’ors et d’argents
Orfèvrerie fiévreuse
Dans la chambre vide
Ta tête sur mon épaule
Tes mains s’imposent sur mon cou
Sur mon compte en taux de taxe
Taxe auto, globale, et tu devances
Avances, redevances, références. Douce France.
On y pense
Pensive, tu bailles
Aux détails, alors good bye
Johnny, Johnny ? Mon porte-vues décroche
Marylou, dans le bronze du crépuscule
Plus de peps, déjà tu sommeilles
Abattement contre X
Mary, et ta voix, en fatigue peu commune, s’éteint :
Loup, loup…
Love me, please love me Marylou
http://www.youtube.com/watch_popup?v=5wMLOPm2WwM
J’ai aussitôt pensé à ce poème de Paul Géraldy « Stéréoscope »
petit extrait :
[…]
« Tu ne trouves donc pas que c’est triste à mourir
ce blanc, ce noir, ces traits précis et décevants,
cercueils exacts où le passé fut vivant,
mais tenu si serré qu’on ne peut l’en sortir!
Tu montreras à nos amis ces sarcophages
où des moments de nous sont ainsi prisonniers.
Ils s’émerveilleront : » C’était grand, votre plage!
C’était beau, ce pays! Quels arbres vous aviez!
Vraiment vous viviez seuls dans ce petit village? »
Puis ils riront d’un geste un peu gauche que j’eus…
Amuse-toi. Fais-leur vivre notre voyage.
Mais moi, ces chers endroits, ces murs qui m’ont tant plu,
ces cadres où tu mis tes différents visages,
ne me les montre pas : je ne les verrai plus.
J’ai des images merveilleuses dans ma tête,
et tous ces documents ne m’en laisseraient rien…
Le Souvenir est un poète.
N’en fais pas un historien. »
Mon bras à son cou
Il n’y a rien que j’aime tant, rien de plus doux
Que lorsque tendrement, je mets mon bras à son cou
Et que ma tête s’abandonne et roule sur son épaule
Quand mon cœur frissonne et que mon sein le frôle …
Qu’importe ces pages qu’il était venu lire
Nos possibles voyages, moi je rêve de les écrire
Sur sa peau en douceur, les nouveaux itinéraires
De nos cœurs voyageurs, l’amour pour pied-à-terre…
Il n’y a rien que j’aime tant, rien de plus tendre
Que me blottir un instant, et le surprendre
Puis cueillir son sourire et sa voix charmante
Qui me parle d’avenir et de lendemains qui chantent …
Hespérie
Oh, quelle belle brochette nous avons aujourd’hui. Je suis heureux de voir le succès de cette rubrique.
Je vous félicite pour vos textes qui m’ont donné beaucoup de plaisir à lire.
À la semaine prochaine?… Allez, dites oui…
Oui, oui Armando, bien sûr! Je suis aussi très heureuse de lire tous ces beaux textes.
C’est un dimanche « En vos mots » magnifique.
Merci Armando pour ton message!
C’est la première fois que je participe à cette rubrique et j’ai été très heureuse de m’essayer à ce « jeu » et de découvrir toute la richesse de ces textes en prose ou en poésie.. »En vos mots » est une belle initiative..Je dirais..oui, pourquoi pas à Armando…comme Denise…
Belle soirée à Armando et aux auteurs de ces textes!
Moi, je vais y penser souvent tout au long de la semaine, noter trop vite dans mon cahier trois mots qui viennent, revenir observer la toile dans la pièce aux expo. de Lali (sourire), m’imprégner de ses couleurs , de sa musique, l’écouter me parler …et puis samedi sera là déjà, et je me dirai encore « tu vas être en retard » (pfff…j’en viens à me demander si ce n’est pas ce que j’aime ? rire) Alors j’écrirai dans l’urgence, avec bonheur et puis, j’ose le dire, avec délectation ! Et puis mon coeur seul guidera mes mots d’abord sur le papier, puis sur le clavier … hummmm dire en nos mots, ce que la toile choisie nous inspire, connaissez-vous un petit bonheur plus doux ?
Alors Armando, je ne peux que dire OUI, je viendrai ! la semaine prochaine encore, heureuse de l’espace offert par Lali(merci!) dans cette si belle rubrique !
et à vous tous mes bises cousues sur les nuages (espérons que le vent les poussera jusqu’à vous !) 😉
Hespérie, le vent est venu jusqu’à moi et m’a envoyé trois bises de ta part…et c’est bien vrai, c’est un bonheur très doux que Lali nous offre…
Bisous