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Nous n’avions pas besoin de mots

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On ne sait pas quelle perception les gens ont de nous. Si elle est biaisée ou pas. On ne sait pas. Jusqu’à ce qu’un jour – hier, en l’occurrence – dans une réunion d’équipe, au hasard d’un jeu, des larmes viennent perler vos cils. Un jeu tout bête commencé la veille par la pige d’un nom auquel il fallait accoler une chanson qui le représentait.

Quelqu’un a vu ce que je ne dis pas. Quelqu’un a senti ce que je livre si peu. Annie avait choisi pour me représenter La quête de Jacques Brel. Et ce sont mes yeux pleins d’eau qui ont croisé les siens. Nous n’avions pas besoin de mots.

*toile de Lavanna Martin

Bonne évasion Chris!

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Que la mer soit bleue, que le ciel soit bleu, que le sable soit doux sous tes pieds et que ces trois journées à la mer soient inspirantes!

*toile de Sylvie Pilotte

Comme il serait doux…

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Comme il serait doux de filer en douce, de laisser derrière moi ce qui peut attendre et d’aller dans ce parc, à un kilomètre du bureau. De faire comme la lectrice peinte par June Harris (artiste dont on ne trouve plus de traces). D’ouvrir un livre tandis que le ciel me raconte des histoires d’automne, alors que quelques feuilles en annoncent déjà les couleurs. Oui, comme il serait doux…

Merci, merci, merci!

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Pour vos messages laissés ici, pour vos courriels, pour vos cadeaux d’anniversaire, pour vos photos, pour vos appels téléphoniques, pour toutes ces petites attentions qui font que les anniversaires, ce n’est pas si mal finalement…

Peut-être que c’est ça la vie

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Peut-être que la vie c’est ça. Ces petits moments de douceur qu’on collectionne et qu’on sort au moment opportun. Pour que se taisent ceux qui nous font mal. Ces instants de tendresse, ces souvenirs heureux, ces mots fragiles dans le jour qui se lève. Qui chacun, à sa manière, gomme un à un blessures et doutes. Oui, peut-être que c’est ça la vie. Des morceaux. De minuscules morceaux qu’on extirpe de nos tiroirs au besoin.

*sur une toile de Rasikh Akhmetvaliev

Dans ma tour

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Elle n’est pas d’ivoire, mais de mots. De livres qui s’empilent. De carnets qui se remplissent. De bouts de phrases retenues que je recopie. Non, elle n’est pas d’ivoire. Mais c’est ma tour à moi et de là où je veille sur les mots, je contemple le ciel et j’attends qu’il me raconte des histoires.

*sur une toile de Jesus Cortés

Des roses pour maman

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Des roses hors du commun, alimentées par de l’eau colorée pour qu’elles obtiennent ces teintes mélangées. Des roses exceptionnelles pour une mère exceptionnelle nourrie de tant d’amour qu’elle ne pouvait qu’en répandre à son tour. Ce qu’elle a fait toute sa vie. Ce qu’elle fait toujours. Jour après jour.

Des roses pour elle en ce jour qui est le sien et où pétilleront ses yeux bleus malicieux qui ne vieilliront jamais. Même si elle ne me croit pas quand je dis ça.

Pour Denise et pour Constance

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Parce qu’elles sont deux roses dans le jardin de Lali, et parce que c’est jour de fête nationale suisse aujourd’hui!

L’intrus

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Imaginez la scène. Un samedi soir, 20 heures 30. Il y a de la musique qui flotte dans l’air. Vous avez soupé et la vaisselle est faite. Vous venez de vous installer dans votre fauteuil préféré. Vous vous dites que la vie est belle. Que vous adorez les samedis soirs loin du brouhaha des sorteux. En fait, vous nagez en plein bonheur égoïste et vous ne vous sentez nullement coupable qu’il en soit ainsi, quand soudain un coup de sonnette vient briser l’instant magique.

Vous ne bougez pas. Vous n’entendez personne monter l’escalier. Vous faites ouf! mais prenez soin de baisser le volume de la musique. Au cas où. Vous ne bougez toujours pas. Dix minutes passent. Vous n’avez pas eu la curiosité d’aller voir du balcon qui peut bien sortir de l’immeuble.

Puis, vous augmentez le volume. Vous vous calez dans votre fauteuil. Vous reprenez le livre là où vous l’avez laissé. L’intrus qui n’a aucun respect pour les samedis soirs n’est plus qu’un souvenir.

*sur une toile signée Henry C. Muse

Il y aurait un banc…

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Il y aurait un banc. Et puis des fleurs. Je n’aurais qu’à m’asseoir avec un livre. Et je deviendrais pendant quelques heures la lectrice peinte par Léon De Smet.

Ah! rêve quand tu nous tiens…