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Tendre la main

sandrinerastit

Quelqu’un, récemment, que je ne nommerai pas, m’a dit, sur le ton du reproche à peine dissimulé: « Tu connais tellement de gens, toi! » Et je n’ai pu qu’acquiescer: c’est vrai. Et est-ce un tort ? Moi, la sauvage si bien dans sa bulle, je suis aussi sociable. Et toute ma vie durant, j’ai, par le travail, par mes intérêts divers, par ma curiosité, rencontré des gens. Et de ces gens croisés, la plupart sont restés ou me seraient accessibles assez facilement. Bien évidemment, ceux qui ont demandé la quasi exclusivité de mon amitié n’ont pas été en mesure de supporter que je m’éparpille aux quatre vents, qu’avec un je fasse tel genre d’activité, qu’avec une autre je passe du temps, et encore moins le fait que je puisse souvent préférer ces moments avec moi-même avec mes papiers, mes bouquins et ma musique à une quelconque sortie.

Oui, je connais beaucoup de gens. J’ai 45 ans et j’ai passé le plus clair de ma vie à travailler dans des domaines qui me donnaient l’occasion de côtoyer des gens. Et pour le reste, ma curiosité et mon goût d’apprendre m’ont emmenée ici et là. Est-ce un tort ?

Je ne crois pas. En tous les cas, pas quand je pense à ce qualificatif de « rassembleuse » que m’avait donné Bertrand il y a quelques années. Pas plus quand je pense à ces soirées où j’ai mêlé des gens qui ont eu plaisir à se connaître. Pas plus quand je pense à tout ce que je reçois de bonheur de ceux qui font partie de ma vie. Pas plus quand je pense à combien j’aime agrandir le cercle tout en sachant que je n’aurai pas assez d’une vie pour être présente à tous comme je le voudrais.

Mais je crois, et cela sans aucun doute, que nous sommes faits pour créer des liens. Pour tendre les mains les uns vers les autres, comme dans ce tableau de Sandrine Rastit. Même si pour cela, il faut parfois se tromper. Même si pour cela, il faut accepter d’avance la possibilité de la déception. Elle est plus rare que les moments de bonheur et de partage, croyez-moi. Et attendre sur le bord de la route, toutes griffes sorties et méfiante, ce n’est vraiment pas pour moi. Mais tendre la main, oui. Et ainsi ouvrir la porte ouverte à la plus belle des aventures: l’amitié.

La planète de Lali

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Il y a des journées où on a juste envie de dire merci à la vie pour tout ce qu’elle apporte. Le nouveau roman de Nicolas Peyrac. Un après-midi qui s’étire autour d’un dessert. Un appel de Sébastien. L’odeur des feuilles mortes. Les chansons de Pierre Rapsat non stop. Les conversations sur MSN avec Carine, Nancy, Nadine, Christel, Daniel et Chantal. Et le café que je vais me refaire malgré l’heure tardive et même si je dois me lever tôt, déjeuner au restaurant oblige. Parce que j’en ai envie et que la journée a été belle et douce.

Et ce bonheur d’être en vie. Et ce plaisir des petites choses. Du vent dans mes cheveux. D’un morceau de chocolat belge qui fond sur ma langue tandis que je chante. Et la perspective d’un ciel rose lorsque je me lèverai. Et ce bonheur de la solitude volontaire qui n’a rien à voir avec l’isolement puisqu’à ceux qui font partie de la planète de Lali je peux chanter les mots de la chanson Ensemble de Rapsat.

Écrire, imaginer, je ne sais faire que ça

jacquessylvain

Etre écrivain, c’est errer dans l’espace avec un crayon.
[ Pascal Quignard ]

C’est une bien jolie affirmation que celle-là. Et qui me va comme un gant. Car il me semble que je passe mes jours à traîner avec un crayon, cherchant l’image ou l’impression. Et que je ne suis satisfaite que si j’ai réussi à écrire, ne serait-ce qu’une anecdote, une phrase. En fait, je suis incapable de trouver le sommeil si je n’ai pas écrit, ou si j’ai retenu en moi une phrase qui ne demande qu’à s’inscrire quelque part.

Et il y a si longtemps que j’écris que je ne sais pas comment c’était de ne pas écrire. Trente ans à le faire presque au quotidien ont fait que, de toutes les choses que j’aime, ce geste est devenu non pas le préféré, ce serait trop simple de le définir ainsi, mais bien celui qui m’est vital.

Dans combien de cafés ai-je traîné avec un carnet et de quoi écrire à l’instar du peintre Jacques Sylvain qui lui aussi allait de café en café chercher l’inspiration ? Avons-nous un jour écrit et dessiné dans ls mêmes lieux?

La seule chose que je sache est que j’aime cette lectrice. Qui, je crois, n’est pas que lectrice, car elle semble aussi écrire. Et que c’est peut-être le fait qu’elle soit un peu des deux qui me plaît. Tout comme le pull rouge ou la table où elle a étalé livres et papiers. Ou le tout, finalement. Et surtout ce qui se dégage de bonheur de la toile.

Les peintres comme les écrivains vont-ils toujours ainsi crayon en main ? Peut-être pas. Mais j’aime imaginer une histoire qui se déroulerait dans un café où l’artiste peindrait celle qui serait en train de raconter celui qui peint.

Ne pas toujours croire aux indices

artsmitten

Facile, quand on passe son nez dans les livres, de fabriquer des histoires, quand lire, c’est déjà anticiper le dénouement. Facile, quand on a une imagination comme la mienne, de voir des indices à partir de détails non concluants ou significatifs. Facile, je vous dis. Et quel bonheur que de constater que l’alternative d’une erreur technique est à l’origine de ce qui m’a fait douter de tout.

Alors, j’aurai beau lire et lire, je me tromperai toujours sur l’âme humaine. Et j’aurai beau chercher dans les pages d’autrui des réponses, les questions me raméneront toujours à moi et à mes perceptions.

Et à l’instar de la lectrice de l’Australienne Elizabeth Gordon Werner, je plongerai tantôt dans un livre qui me racontera la vie des autres. Et peut-être que ce que je lirai m’apprendra à ne plus extrapoler et à maintenir en moi ce dicton qui dit que « la première idée est toujours la meilleure ». Car c’est bien ce qui m’est venu en tête en premier, avant que je ne me mette à chercher des motivations autres, qui était bel et bien la raison.

Peut-être tout ça est-ce dû au fait que je travaille dans un milieu où chacun passe son temps à interpréter ce qui a été dit, à prédire le pire et à imaginer des catastrophes. Quatre jours de congé vont m’éloigner un peu de ces divagations et de ces messes basses. Et me permettre de retourner à mes chers livres. Et surtout me donner l’occasion de rêver avec vous.

La beauté des petites choses selon Nicola Ciccone

nicolaciccone

La beauté des petites choses
Et autres gestes anodins
C’est l’appel d’un ami
Lorsqu’on a du chagrin
C’est d’avoir le fou rire
Sans en savoir la cause
C’est sortir faire la fête
Quand le cœur nous explose
C’est d’avoir des vieux potes
Des complices, des témoins
Pour tous ces souvenirs
Qu’on n’oubliera jamais

De tous les vers du chanteur/poète Nicola Ciccone, voilà sûrement ceux qui me parlent le plus.

Parce que les amis, qu’ils soient d’il y a toujours ou d’hier, sont de vieux potes dès qu’on a partagé avec eux des moments qui ne s’oublieront jamais.

Sourire à la vie

quilt

Curieux que quelque chose qui me semble anodin et que je fais sans y penser, naturellement, puisse me valoir autant de commentaires. Rarement une journée se passe-t-elle sans qu’on me fasse la remarque. Que ce soit Rosie, la réceptionniste, le matin, ou quiconque puis-je croiser dans la journée, voire même quelqu’un qui entre dans mon bureau et qui me voit à la tâche.

Je suis souriante, je n’y puis rien, c’est ainsi. Que peu de gens sourient est plus étonnant. Être en vie, avoir la chance de voir les couleurs de l’automne, n’est-ce pas suffisant pour sourire ?

L’expression sourire à la vie a du vrai dans mon cas. Car si je souris à tous ceux que je croise, voisins, collègues, commerçants, c’est d’abord à moi-même que je souris. Et à cette vie qui ne cesse de m’émerveiller. Parce que je ne recherche pas la perfection, juste des moments qui, lorsque je me les remémore, me donnent ce sourire. Souvenirs d’enfance, voyages, soirées entre amis, tout peut donner à chacun d’entre nous un tel sourire.

Bien sûr, mon lien intime avec le sourire ne date pas d’hier puisque le médecin qui m’a mise au monde a dû me pincer pour que je hurle: je souriais. C’est donc une vieille histoire… Elle ressemble aussi à mon optimisme à toute épreuve. Ce fameux verre d’eau à moité plein. Il sera toujours ainsi pour moi.

Et si je mets du rose là où il y a du gris, comme me l’écrivait récemment Marianne, qu’il en soit ainsi. Je suis trop bien à sourire toute seule pour commencer à me lamenter sur tout ce qui ne va pas. Et de plus, la vie est tellement courte que je ne vais pas commencer à me plaindre. Je suis en vie, je m’émerveille et je souris. Et si dans ma journée, j’ai réussi à faire sourire quelqu’un, c’est une autre journée parfaite.

Et si, de plus, j’ai réussi à vous faire sourire, à vous faire regarder autrement les petits détails du quotidien, me voilà comblée. Et tout aura commencé par un sourire sur les lèvres. C’est si simple, au fond.

Se promener de nuit pour mieux rêver

barrecafe

Et je n’avais pas envie de dormir. Non pas que je tournais en rond, incapable d’entrer dans le sommeil, mais pas envie. En moi, cette impression que j’allais rater quelque chose de la vie qui se trame. Alors, à minuit, je suis sortie. Il y avait quelques gouttes qui tombaient ponctuellement mais ce n’est jamais la pluie qui m’arrête.

Il y avait de la lumière chez Éric, un de mes voisins et j’ai salué sa petite bande réunie autour d’un souper qui s’éternisait alors qu’on entendait Aznavour. Et Éric, souriant, comme toujours, m’a envoyé la main. Jamais, je ne l’ai vu autrement que sourire aux lèvres, lui, le tétraplégique qui parcourt le domaine avec sa chaise roulante télécommandée et qui a toujours un bon mot pour tous. Et qui tous les soirs, surveille mon arrivée alors que tous les gamins du coin sont réunis sur sa nouvelle terrasse et qui les envoie souper, comme si j’étais la plus fiable des montres.

Et j’ai continué ma route en chantonnant. Celle de Nicolas qui est toujours de mes promenades nocturnes:

Je marche
Je ne sais pas où je vais
Je marche
La ville dort à moitié
Je marche
C’est peut-être pour oublier…

Et pourtant, je n’ai rien à oublier ainsi. Ce qui devait l’être est déjà classé dans la filière Z.
Mais cette chanson est depuis toujours sur mes lèvres lorsque je pars ainsi, de nuit, au hasard de la ville et de ses rues. Je rêvais. À ce que nous allions faire et voir ensemble,mes amis belges et moi, dans quelques mois. Et je rêvais à la visite de Sébastien à qui j’ai promis de la neige. Et je rêvais à ce jour où j’allais rencontrer mon ami Jean-Marc, l’homme de la nuit et des lumières. Et je me demandais si Carine s’était bien amusée, elle partie danser. Ma tête et mon cœur tournés vers l’est, comme souvent, vers cette Belgique que je vis au quotidien, malgré les 6000 km, grâce à tous ceux que j’aime qui m’alimentent en courriels, en conversations vidéo sur MSN, en conversations téléphoniques sur Skype ou en messages texto sur mon téléphone cellulaire.

Oui, ma tête était décidément tournée vers l’est. Et tout en marchant, je comprenais cette envie de ne pas dormir. J’avais ce besoin infini de regarder le ciel, celui où s’inscrivent les mêmes étoiles que là-bas, celui qui portera les avions qui nous relieront tous à tour de rôle.

Une douleur dans la hanche et le genou a ralenti mes ardeurs. Reliefs d’une récente nuit où j’ai fait un faux mouvement pour attraper le téléphone à 1h du matin. J’ai donc continué de rêver dans la baignoire et l’eau très chaude a calmé la douleur qui irradiait jusqu’à l’épaule. Si bien rêvé que j’ignore si c’est le bain parfumé d’huile de thym ou le rêve, ou alors l’un et l’autre additionnés, qui ont fait disparaître le plus gros de la douleur.

Je vais donc continuer à rêver, le résultat semble bénéfique à n’en pas douter. Et alors que coule le café, je regarde la fenêtre derrière laquelle se déroule le plus belge des temps. Oui, il pleut à souhait. Comme il pleuvait sur Liège et sur Aywaille. Et je souris. Quoique je fasse, elle me rattrape toujours, celle-là. Et quoique je chante, il y aura toujours une chanson de Nicolas Peyrac qui viendra sur mes lèvres. Il y a parfois, comme ça, des certitudes.

Une journée sous le signe de la générosité

jfp

Et quand la soirée se termine, et qu’on a toujours ce sourire du matin sur les lèvres, c’est que la journée a été bonne. D’abord, de belles marques d’amitié dès le réveil. Des fous rires avec Danielle, Nada et Stéphanie autour d’un Big Mac ce midi. Daniel qui débarque en pyjama prendre un café parce que le mien est bien meilleur que le sien, dit-il, et qui repart comme ça, la tasse bue et le cœur heureux.

Et cette carte postale arrivée de Daytona Beach. Qui me raconte une très belle histoire. Celle de quelqu’un qui participe à cet échange mondial de cartes postales pour le plaisir de sa tante de 101 ans. Pour qui elle a installé une grande carte du monde sur laquelle elle épingle les noms de ceux qui ont écrit. Et la vieille dame qui ne peut plus voyager autrement, parce que ses jambes ne savent plus la porter comme autrefois, fait ainsi le tour de la planète et s’émerveille.

Et cette autre que j’avais envoyée à une infirmière d’une maison pour personnes âgées de Virginie pour qu’elle aussi puisse les faire voyager et qui me retourne la plus belle des réponses: une carte fabriquée maison par eux, une aquarelle toute pastel de bleu et de rose où quelques gouttes de cire décorative ont été ajoutées. J’en ai eu les larmes aux yeux.

Dans les deux cas, il s’agit de merveilleux exemples de générosité. Dans les deux cas, il y a là des gens qui font vraiment quelque chose de formidable pour les aînés et je ne puis que parler de ces gens au grand cœur, et ainsi – peut-être – donner des idées à ceux qui n’en ont plus ou pas. La vie ne s’arrête pas quand les capacités physiques ou intellectuelles diminuent, elle continue son cours autrement.

Et ces deux personnes qui prennent soin d’aînés, qui prennent le temps non pas de les occuper mais de les faire rêver, ont toute mon admiration. Je ne pouvais passer sous silence ces deux histoires qui ne seraient jamais arrivées sans le net. Je ne pouvais pas taire ces gestes du cœur. Il me fallait ici les partager. Puissent-ils tout simplement vous inspirer.

Quand une ville est source d’inspiration

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(photo de Vincenzo)

Je suis d’une ville où les cordes à linges traversent les ruelles et les cours, un peu comme en Italie. Je suis d’une ville où la rue de Liège croise l’avenue de Belges. Je suis d’une ville où qu’importe l’heure du jour ou de la nuit, il y aura toujours un endroit ouvert pour prendre un café. Je suis d’une ville où on ferme les rues pour danser lors des festivals, où on peut faire livrer une pizza à minuit, où chaque quartier a son histoire, où tout se mêle dans un magma multiethnique et de toutes les cultures.

Je suis d’une ville de tolérance, même si parfois certains en doutent. Mais peut-être faut-il aller ailleurs pour mieux le comprendre. Je suis d’une ville immense traversée d’est en ouest par une rue qui fait près de 50 km. Je suis d’une ville qui, malgré cela, a conservé un caractère humain, et où quiconque viendra à l’aide de celui qui, une carte dépliée pour tenter de s’orienter à bout de bras, n’osera pas demander.

Je suis d’une ville d’odeurs, celles des restautants, des terrasses et des cafés. Je suis d’une ville de couleurs, celles des feuilles en automne comme celles des façades du Plateau Mont-Royal. Je suis d’une ville qui me surprend encore et dont je ne me lasse pas. Je suis d’une ville qu’il me tarde de faire découvrir à mes amis d’outre Atlantique.

« Montréal, je l’ai cru pendant longtemps, était un port qui ne sentait jamais la mer. Mais c’est faux : Montréal embaume l’iode et le varech dès qu’on entre à la poissonnerie grecque ou dès qu’on met le nez chez Tasso », a écrit Suzanne Jacob, cette amoureuse de cette ville comme peu.

Et aussi;
« Écrire Montréal, c’est sortir tout de même, mais avec la machine à écrire intérieure, une machine à écrire prédatrice dont on ne sait jamais d’avance de quel morceau de Montréal elle va s’emparer ce jour-là, de quelle rue, de quel arbre ignoré, de quel balcon, de quelle vitrine, de quel parfum de thym ou de géranium sauvage, de quel déchirement du ciel d’aube ou de crépuscule. »

Montréal est une muse.

L’essentiel…

pierrepivet

S’éloigner de tout rapproche un peu de l’essentiel.
[ Loïck Peyron ]

Est-ce que les livres et les mots éloignent de tout pour nous ramener à l’essentiel ? Nous isolent-ils l’un comme l’autre au point qu’un jour nous n’ayons presque plus besoin d’autre chose ? Ou alors ouvrent-ils notre esprit si bien qu’ils nous ouvrent aux autres et nous permettent de comprendre ou du moins de percevoir suffisamment pour être à l’écoute et dire ?

Ou alors est-ce ma boulimie artistique, cette curiosité pour tout ce qui nourrit mon esprit et me fait réfléchir, qui m’éloigne volontairement des rassemblements et de ce que je ne juge pas essentiel ? Et c’est quoi, l’essentiel ?

Je suis certaine que celui-ci varie d’un individu à l’autre, que mon essentiel n’a rien à voir avec celui d’un autre. Que cet essentiel qui est mien est bien celui de quelqu’un qui aime cet éloignement, qui aime la distance, qui lui permettent de rêver. Et que, si tout était trop près – mes amis, les lieux que j’aime, ceux que je tiens à découvrir -, c’est une partie de moi qui n’existerait plus. Car si je ne puis rêver, c’est cette part essentielle que je perdrais. Et ne plus rêver serait pour moi la plus atroce des maladies.

Les livres, écrire, la musique, les voyages, le cinéma, tout ça me nourrit, ce ne sont pas des évasions. Et tout ce que je retire de ces mots, de ces couleurs, de ces impressions, est pour mieux partager. Du moins ai-je ce sentiment très fort. Car si je m’éloigne quand je prends un livre sur mes genoux, comme la lectrice de Pierre Pivet, c’est pour mieux m’appartenir et poursuivre cette quête inlassable qu’est la mienne de connaître et d’apprendre.

Et j’apprends autant des livres que des gens. Quoique peut-être que si je n’avais pas tant lu, pas vécu toutes ces vies des personnages qui ont traversé ma vie au fil de mes lectures, ne serais-je pas à même de savoir autant écouter ? Lire et être à l’écoute ne sont-ils pas de la même famille ?

Au fond, j’ai beaucoup de chance d’avoir trouvé mon essentiel, alors que d’autres errent, se jetant dans une chose puis dans l’autre, jamais satisfaits, croyant toujours trouver ce qui leur donnera des raisons de vivre. Alors que l’essentiel ne donne pas de raisons. Les raisons mènent à l’essentiel.